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Chapitre 6 : Le premier regard

Chapitre 6 : Le premier regard

Il ne restait plus de mystère.

Seulement une question :

Quand ?


Clara ne dormait plus.

Elle calculait.

Chaque seconde.

Chaque possibilité.

Chaque erreur.


Victor, lui, savait.

« Il va venir. »


Élise serra les bras.

« Comment peux-tu être sûr ? »

Victor répondit simplement :

« Parce que moi… je le ferais. »


Clara murmura :

« Non. »

Une pause.

Ses yeux fixaient le vide.

« Parce qu’il est déjà là. »


Silence.


Puis…

la sonnette retentit.


Un son banal.

Presque ridicule.


Mais personne ne bougea.


Élise chuchota :

« N’ouvre pas. »


Clara, déjà debout, marcha lentement vers la porte.


Victor tenta de l’arrêter.

« Clara, attends— »


Elle posa la main sur la poignée.


Et ouvrit.


Un garçon.


Calme.

Ordinaire.

Presque banal.


Mais ses yeux…

étaient identiques aux siens.


Un miroir parfait.


Ils se regardèrent.

Sans parler.

Sans bouger.


Le monde s’effaça.


« Bonjour, Clara. »


Sa voix.

La même.


Clara inclina légèrement la tête.

« Tu es en retard. »


Un léger sourire.

« Je voulais voir combien de temps tu mettrais à comprendre. »


Derrière elle, Élise tremblait.

Victor restait figé.


Le garçon entra.

Sans permission.

Comme s’il était chez lui.


« Belle maison. »


Clara referma la porte.


« Tu n’es pas ici pour visiter. »


Il haussa les épaules.

« Non. »

Une pause.

« Je suis venu vérifier. »


« Vérifier quoi ? »


Il la regarda.

Profondément.


« Si tu es digne. »


Un silence glacial.


Clara sourit.


« Et ? »


Il s’approcha.

Un pas.

Puis un autre.


« Je ne sais pas encore. »


Victor intervint enfin.

« Ça suffit. »


Le garçon tourna lentement la tête.


« Créateur. »


Le mot tomba comme une lame.


Élise ferma les yeux.


« Tu n’as jamais su terminer ce que tu as commencé. »


Victor serra les poings.

« Tu n’étais pas censé survivre. »


Un sourire.

Froid.


« Et pourtant… me voilà. »


Clara observa la scène.

Silencieuse.

Analytique.


« Pourquoi moi ? »

demanda-t-elle.


Le garçon répondit sans hésiter :

« Parce que tu es la seule variable que je ne contrôle pas. »


Une pause.


« Et ça… »


Ses yeux brillèrent.


« c’est dangereux. »


Clara s’approcha à son tour.


À quelques centimètres.


« Tu as peur ? »


Un rire léger.


« Non. »


Puis, plus bas :


« Mais je suis prudent. »


Le silence devint lourd.


Puis…

il sortit un objet de sa poche.


Un petit dispositif.

Noir.

Minimaliste.


Victor pâlit.


« Non… »


Trop tard.


Un clic.


Tout s’arrêta.


Les téléphones.

Les systèmes.

L’électricité.

Même les montres.


Un vide total.


Clara sentit quelque chose d’étrange.


Pour la première fois…

elle ne contrôlait plus rien.


Le garçon murmura :

« Bienvenue dans mon monde. »


Un monde sans données.

Sans réseaux.

Sans avantage.


Juste eux.


Face à face.


Clara inspira lentement.


Puis…

elle sourit.


Un vrai sourire.


« Enfin. »


Il fronça légèrement les sourcils.


« Enfin quoi ? »


Elle répondit doucement :


« Quelqu’un qui joue sans tricher. »


Un silence.


Puis…

il éclata de rire.


Un rire sincère.


Le premier.


« Tu es encore mieux que prévu. »


Clara pencha la tête.


« Toi aussi. »


Et dans cet instant…

quelque chose changea.


Pas une alliance.

Pas encore.


Mais une reconnaissance.


Deux esprits identiques.


Deux créations.


Deux anomalies.


Qui, pour la première fois…

ne se sentaient plus seules.


Mais cela…

rendait le danger encore plus grand.


Car si deux monstres peuvent se comprendre…


ils peuvent aussi…

s’anéantir parfaitement.


Le garçon recula légèrement.


« La prochaine fois… »


Une pause.


« Ce ne sera pas une visite. »


Clara répondit :


« Je l’espère. »


Un dernier regard.


Puis…

il partit.


La porte se referma.


Le silence revint.


Mais rien n’était plus pareil.


Élise murmura :

« Il aurait pu nous tuer… »


Clara regardait la porte.


« Non. »


Une pause.


« Il ne veut pas me tuer. »


Victor demanda :

« Alors quoi ? »


Clara sourit légèrement.


Ses yeux brillaient d’une lumière nouvelle.


« Il veut me battre. »


Et quelque part…

dans l’ombre…


le garçon murmura la même chose :


« Elle est parfaite. »


Le jeu venait de changer.


Ce n’était plus une chasse.


C’était une obsession.


Et dans cette obsession…


la frontière entre ennemi…

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et quelque chose de bien plus dangereux…


commençait à disparaître.

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