CHAPITRE 12 — LE DERNIER CHOIX

CHAPITRE 12 — LE DERNIER CHOIX
Je regardai l'écran.
DÉTRUIRE LA FONDATION ?
À côté, un indicateur clignotait.
CONSÉQUENCE : ARRÊT CARDIAQUE — ISABELLE MARTIN
Ma mère respirait difficilement sur le sol.
Rafael s'agenouilla près d'elle.
— Elle perd beaucoup de sang.
Adrian se tourna vers Victor.
— Qu'est-ce que tu lui as fait ?
Victor sourit.
— Rien qu'elle n'ait pas accepté.
Je pointai mon arme vers lui.
— Éloigne-toi d'elle.
— Tu crois encore pouvoir me donner des ordres ?
— Essaie.
Il rit.
— Tu es vraiment le fils de ton père.
Camila s'approcha lentement.
— Nathan, écoute-moi.
Je la regardai.
— Tu as une minute pour me convaincre.
Elle désigna l'écran.
— Ce système est un piège.
— Je sais.
— Non. Tu ne sais pas.
Elle regarda Victor.
— Si tu détruis la Fondation, les serveurs vont transférer tous les fonds vers un compte central.
Rafael comprit.
— Celui de Victor.
Camila acquiesça.
— Exactement.
Victor sourit.
— Enfin quelqu'un qui comprend.
Je regardai l'écran.
— Alors il veut que je détruise la Fondation.
— Oui, répondit Camila.
— Pour récupérer tout l'argent.
— Et devenir le seul homme capable de contrôler ce qui restera.
Victor applaudit doucement.
— Tu apprends vite, Nathan.
Je serrai les poings.
— Alors pourquoi me laisser le choix ?
Il répondit :
— Parce que ton sang est nécessaire.
Je compris.
Il ne pouvait pas activer le système sans moi.
Je regardai ma mère.
Elle ouvrit difficilement les yeux.
— Nathan...
— Je suis là.
— Ne...
Elle toussa.
— Ne fais pas ce qu'il veut.
Victor intervint :
— Elle ment.
Je le regardai.
— Tais-toi.
Pour la première fois, son sourire disparut.
— Tu ne comprends pas ce qui arrivera si tu refuses.
— Alors explique-moi.
Il s'approcha.
— La Fondation possède des comptes secrets dans plus de trente pays.
— Et ?
— Si le système reste actif, ces comptes resteront bloqués.
— Et si je le détruis ?
— Ils seront transférés.
— À toi.
— Oui.
Je souris.
— Merci.
Victor fronça les sourcils.
— Pourquoi ?
— Parce que tu viens de m'expliquer ton plan.
Je me tournai vers Elena.
— Tu peux modifier le transfert ?
Elle regarda les écrans.
— Peut-être.
— Pas peut-être.
— Nathan, le système est verrouillé.
— Tu as dit que j'étais le directeur final.
— Oui.
— Alors ouvre-le.
Elle hésita.
— Il faut une seconde autorisation.
— Laquelle ?
Elle regarda Rafael.
— La clé de Rafael.
Mon frère comprit.
Il sortit la petite clé que nous avions trouvée dans l'horloge.
Il l'inséra dans le terminal.
AUTORISATION DE L'HÉRITIER SECONDAIRE.
L'écran changea.
Une nouvelle option apparut.
DESTINATION DES FONDS :
Fondation
Victor Salvat
Retour aux victimes
Destruction totale
Je regardai Victor.
Son visage s'était décomposé.
— Non.
Je souris.
— Tu avais oublié une option.
Victor leva son arme.
— Éloignez-vous du système !
Camila se plaça devant moi.
— Victor, arrête.
— Toi aussi ?
— Ça suffit.
Il pointa son arme vers elle.
— Tu m'as trahi.
— Non.
Elle le regarda.
— J'ai cessé de te servir.
Il tira.
Camila s'effondra.
— CAMILA !
Je courus vers elle.
Elle respirait encore.
— Nathan...
— Ne parle pas.
— Écoute-moi.
Elle attrapa ma main.
— Je suis désolée.
— Pourquoi ?
— Pour la falaise.
Je me figeai.
— Tu savais que je survivrais.
Elle acquiesça.
— Ton père m'avait prévenue.
Je regardai mon père.
Il détourna les yeux.
Camila continua :
— Mais Victor avait découvert la vérité.
— Quelle vérité ?
Elle sourit faiblement.
— Que je t'aimais.
Une larme coula sur sa joue.
— Alors il a décidé de me tuer aussi.
Un coup de feu retentit.
Rafael tira sur l'homme qui venait d'entrer derrière Victor.
La salle devint chaotique.
Elena cria :
— Nathan ! Maintenant !
Je courus vers le terminal.
Sur l'écran :
CHOISISSEZ LA DESTINATION.
Je sélectionnai :
RETOUR AUX VICTIMES.
Victor hurla :
— NON !
Il se précipita vers moi.
Adrian l'intercepta.
Les deux hommes se heurtèrent violemment.
Victor frappa Adrian.
Rafael voulut intervenir.
Mais Victor sortit une lame.
Je criai :
— Adrian !
Mon frère esquiva de justesse.
Puis il attrapa Victor et le projeta contre une table.
Victor tomba.
Il tenta de se relever.
Adrian le maintint au sol.
— C'est fini.
Victor éclata de rire.
— Tu crois vraiment avoir gagné ?
Adrian répondit :
— Non.
Il regarda l'écran.
— C'est Nathan qui décide.
Je posai ma main sur le dernier bouton.
CONFIRMER ?
Je regardai ma mère.
Elle respirait encore.
Rafael était à côté d'elle.
Camila gisait au sol.
Elena me regardait.
Adrian attendait.
Je pensais à mon père.
À toutes les années de mensonges.
À tous ceux qui avaient perdu leur argent.
Leur famille.
Leur vie.
Je pressai le bouton.
CONFIRMÉ.
Les serveurs commencèrent à s'éteindre.
Un par un.
Puis une immense alarme retentit.
TRANSFERT EN COURS.
Les milliards commencèrent à être redistribués.
Aux comptes des victimes.
Aux familles ruinées.
Aux entreprises volées.
Aux personnes qui avaient tout perdu.
Victor regardait l'écran, horrifié.
— Non...
Il tomba à genoux.
Son empire venait de disparaître.
Puis un deuxième message apparut.
SYSTÈME FINAL DÉTRUIT.
Les lumières s'éteignirent.
Le silence revint.
Je regardai ma mère.
Elle respirait toujours.
— Maman ?
Ses yeux s'ouvrirent.
Elle sourit faiblement.
— Tu as choisi correctement.
Je tombai à genoux près d'elle.
— Tu vas vivre.
Elle secoua la tête.
— Je ne sais pas.
Rafael lui prit la main.
— Tu dois rester avec nous.
Elle ferma les yeux.
— Je suis désolée pour tout.
Je répondis :
— Moi aussi.
— Pourquoi ?
Je la regardai.
— Parce que malgré tout...
Je serrai sa main.
— Tu es ma mère.
Elle sourit.
Quelques minutes plus tard, la police arriva.
Victor fut arrêté.
Les membres de la Fondation furent identifiés grâce aux archives.
Gabriel fut capturé dans sa résidence.
Et pour la première fois depuis des décennies...
le système s'effondra.
Mais une question restait.
Pourquoi mon père avait-il réellement créé tout cela ?
Je le retrouvai dans une petite pièce de l'hôpital.
Il était assis près de la fenêtre.
Je m'approchai.
— Papa.
Il leva les yeux.
— Tu as détruit le système.
— Oui.
Il sourit.
— Alors j'ai réussi.
— Non.
Il fronça les sourcils.
— Quoi ?
— Tu n'as pas réussi.
Je m'assis devant lui.
— Nous avons réussi.
Il resta silencieux.
Je lui montrai le dossier.
— Il reste une chose.
— Quoi ?
Je posai la dernière photographie sur la table.
Celle de nous quatre.
Moi.
Rafael.
Elena.
Adrian.
— Nous sommes une famille.
Mon père baissa les yeux.
Puis, pour la première fois depuis mon enfance...
il pleura.
Six mois plus tard, les tribunaux avaient ouvert des centaines d'enquêtes.
Des milliards d'euros avaient été rendus aux victimes.
La Fondation n'existait plus.
Le Cercle avait été dissous.
L'Ordre Noir avait disparu.
Victor Salvat attendait son procès.
Gabriel aussi.
Ma mère avait survécu.
Elle avait accepté de témoigner contre tous les responsables.
Rafael avait repris une petite entreprise familiale.
Elena travaillait désormais avec des associations chargées d'aider les victimes financières.
Adrian...
il avait quitté le pays.
Il m'avait simplement laissé une lettre.
« Je ne sais pas encore qui je suis sans eux. Mais maintenant, j'ai enfin le droit de le découvrir. »
Je gardai cette lettre.
Quant à moi, je retournai vivre dans la villa.
Mais je fis quelque chose que mon père n'aurait jamais imaginé.
Je fis ouvrir toutes les pièces secrètes.
Tous les coffres.
Tous les passages.
Plus aucun secret.
Plus aucun mensonge.
Puis, un matin, je descendis dans la cave.
Le coffre était toujours là.
Je l'ouvris.
Il ne restait qu'une enveloppe.
Je la pris.
Elle portait une seule phrase :
« Si tu as détruit le système, alors tu es enfin libre. »
Je souris.
Puis je brûlai la lettre.
Pour la première fois de ma vie...
je n'étais plus l'héritier de quelqu'un.
J'étais simplement Nathan.
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Et cette fois...
personne ne pouvait décider à ma place de ce que je deviendrais.