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CHAPITRE 4 — LE SECRET DE RAFAEL

CHAPITRE 5 — MA MÈRE N'ÉTAIT JAMAIS MORTE

Je ne pouvais plus bouger.

La femme qui se tenait devant moi avait le visage de mes souvenirs.

Les mêmes yeux.

La même voix.

La même petite cicatrice près de la lèvre.

Ma mère.

La femme que j'avais pleurée pendant quinze ans.

La femme dont la tombe se trouvait à quelques kilomètres de notre maison.

Elle était là.

Vivante.

Et elle me regardait comme si elle venait simplement de rentrer après une longue absence.

— Bonsoir, Nathan.

Ma gorge se serra.

— Maman...

Elle sourit.

— Tu as grandi.

Je reculai.

— Tu es morte.

— Non.

— J'ai assisté à ton enterrement.

— Je sais.

Je sentis mes jambes trembler.

— Pourquoi ?

Elle descendit lentement les escaliers.

— Parce que c'était nécessaire.

Rafael s'interposa immédiatement entre nous.

— Ne t'approche pas de lui.

Elle le regarda.

— Toujours aussi protecteur.

— Je ne te laisserai pas lui faire du mal.

Elle soupira.

— Après tout ce temps, tu ne me fais toujours pas confiance.

Rafael serra son arme.

— Je sais ce que tu as fait.

Ma mère répondit calmement :

— Tu ne sais qu'une partie de la vérité.

Je regardai mon frère.

— Tu savais qu'elle était vivante ?

Il baissa les yeux.

— Je l'ai découvert il y a deux ans.

Je le fixai.

— Deux ans ?

— Je voulais te le dire.

— Mais tu ne l'as pas fait.

— Parce qu'elle m'a demandé de garder le secret.

Je me tournai vers ma mère.

— Pourquoi ?

Elle répondit :

— Parce que si tu savais que j'étais vivante, ils t'auraient tué.

— Qui ?

Elle me regarda droit dans les yeux.

— L'Ordre Noir.


Elle s'assit dans le fauteuil de mon père.

Comme si elle n'était jamais partie.

— Ton père a découvert leur existence.

— Je sais.

— Non, Nathan.

Elle secoua la tête.

— Il n'a découvert qu'une petite partie.

Je restai silencieux.

— L'Ordre Noir n'est pas seulement une organisation criminelle.

Elle marqua une pause.

— C'est un système.

— Quel système ?

— Un réseau qui existe depuis plus d'un siècle.

— Et tu en faisais partie ?

Elle ne répondit pas.

Rafael intervint :

— Oui.

Je fermai les yeux.

— Maman...

Elle me regarda.

— J'y suis entrée à vingt ans.

— Pourquoi ?

— Parce que ma famille en faisait partie.

— Et papa ?

— Il les combattait.

Je compris.

— Vous étiez ennemis.

Elle sourit tristement.

— Puis nous sommes tombés amoureux.

— Alors pourquoi m'avoir abandonné ?

Elle baissa les yeux.

— Parce qu'ils avaient découvert ton existence.


Elle sortit une photographie.

Je reconnus immédiatement l'image.

Moi.

À l'âge de cinq ans.

Je jouais dans le jardin.

Mais derrière moi...

plusieurs hommes me surveillaient.

— Ils me surveillaient ?

— Depuis ta naissance.

— Pourquoi ?

— Parce que tu étais l'héritier.

— De quoi ?

Elle répondit :

— D'une fortune que personne ne devait retrouver.

Je regardai Rafael.

— Le coffre ?

Ma mère acquiesça.

— Le coffre contient les documents qui prouvent que plusieurs gouvernements ont été manipulés par l'Ordre Noir.

— Et l'argent ?

— Il existe toujours.

— Où ?

Elle me regarda.

— Sous la ville.

Je fronçai les sourcils.

— Paris ?

— Oui.

— Pourquoi sous Paris ?

— Parce que l'Ordre Noir y a construit son premier centre.

Rafael ajouta :

— La salle que nous avons trouvée n'était qu'une entrée.

Je me tournai vers lui.

— Une entrée vers quoi ?

Ma mère répondit :

— Leur véritable quartier général.


Un bruit retentit soudain dehors.

Ma mère se leva.

— Ils sont là.

Rafael regarda par la fenêtre.

— Combien ?

— Beaucoup.

Des voitures noires entouraient la villa.

Les lumières de leurs phares éclairaient les murs.

Je demandai :

— Comment nous ont-ils retrouvés ?

Ma mère me regarda.

— Parce que je suis venue ici.

Je compris.

— Ils te suivaient.

— Oui.

— Alors tu les as conduits jusqu'à nous.

Elle baissa la tête.

— Je suis désolée.

Rafael se dirigea vers la porte.

— Il faut partir.

— Par où ?

Ma mère répondit :

— Par le passage sous la cave.

Je la regardai.

— Tu connais ce passage ?

— C'est moi qui l'ai construit avec ton père.

Nous descendîmes rapidement.

Mais avant de partir, je me retournai vers la villa.

C'était la maison de mon enfance.

Le seul endroit où j'avais toujours pensé être en sécurité.

Et maintenant...

elle était encerclée.


Nous atteignîmes un tunnel souterrain.

Il était étroit.

Humide.

Presque entièrement plongé dans l'obscurité.

Après plusieurs minutes, nous arrivâmes devant une porte métallique.

Ma mère sortit une clé.

Elle l'ouvrit.

Derrière se trouvait une petite salle remplie d'ordinateurs.

— Qu'est-ce que c'est ?

— Notre centre de surveillance.

Je regardai les écrans.

Des centaines de caméras.

Des cartes.

Des noms.

Des dossiers.

Et soudain...

je vis mon propre nom.

NATHAN MARTIN — SUJET PRINCIPAL

Je m'approchai.

À côté de mon nom se trouvait une date.

1989.

Je fronçai les sourcils.

— Je suis né en 1992.

Ma mère resta silencieuse.

— Maman ?

Elle ne répondit pas.

Je regardai Rafael.

— Pourquoi cette date ?

Il pâlit.

— Nathan...

— Quoi ?

Il murmura :

— Parce que ce dossier ne parle pas de ta naissance.

— Alors de quoi ?

Ma mère ferma les yeux.

— D'un projet.

Je sentis un froid dans mon dos.

— Quel projet ?

Elle répondit :

— Le projet Héritier.

Je secouai la tête.

— Qu'est-ce que ça signifie ?

Elle me regarda.

— Tu n'étais pas simplement destiné à hériter de l'argent.

— Alors quoi ?

— Tu étais destiné à hériter du pouvoir.


Je reculai.

— Non.

— Nathan...

— Non !

Je frappai la table.

— Je ne suis pas comme eux.

— Je sais.

— Alors pourquoi ?

Ma mère répondit :

— Parce que ton arrière-grand-père voulait mettre fin à l'Ordre Noir.

— Comment ?

— En créant quelqu'un capable de leur résister.

Je restai silencieux.

— Toi.

Je ris nerveusement.

— C'est absurde.

— Ton père a refusé de continuer le projet.

— Et toi ?

Elle détourna les yeux.

— J'ai accepté.

Rafael se figea.

— Maman...

Elle murmura :

— J'ai travaillé pour eux pendant plusieurs années.

Je regardai mon frère.

— Tu le savais ?

— Pas tout.

Je me tournai vers elle.

— Alors toute mon enfance...

— Était surveillée.

— Mes souvenirs...

— Manipulés.

— Mon accident...

Elle hésita.

— Organisé.

Je fermai les yeux.

Tout s'effondrait.


Soudain, une alarme retentit.

Une lumière rouge clignota.

Ma mère regarda l'écran.

— Ils ont trouvé l'entrée.

Rafael prit son arme.

— Nous devons partir.

Je demandai :

— Où ?

Ma mère regarda une carte.

— Sous Paris.

— Encore ?

— Oui.

— Pourquoi ?

Elle me montra un point rouge.

— Parce que le véritable coffre est là.

Je regardai l'écran.

Un emplacement clignotait.

OPÉRA GARNIER.

Je compris.

— Sous l'Opéra ?

Elle acquiesça.

— Le premier quartier général de l'Ordre Noir.

Rafael regarda sa montre.

— Nous avons combien de temps ?

Ma mère répondit :

— Peut-être trente minutes.

— Avant quoi ?

Elle me regarda.

— Avant qu'ils ne détruisent toutes les preuves.

Je pris la clé du coffre.

— Alors allons-y.


Nous sortîmes du tunnel.

Une voiture nous attendait.

Nous roulâmes vers Paris.

Pendant le trajet, personne ne parlait.

Puis je demandai :

— Maman.

— Oui ?

— Pourquoi avoir simulé ta mort ?

Elle regarda par la fenêtre.

— Parce que quelqu'un de notre famille devait disparaître.

— Pourquoi toi ?

Elle répondit :

— Parce que ton père était déjà condamné.

Je fronçai les sourcils.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

Elle me regarda.

— Ton père n'est pas mort naturellement.

Le silence envahit la voiture.

— Il a été assassiné.

Je me figeai.

— Par qui ?

Elle répondit :

— Par quelqu'un qui connaissait toutes nos habitudes.

Rafael demanda :

— Tu veux dire...

Ma mère acquiesça.

— Oui.

Je compris.

La personne qui avait tué mon père était toujours libre.

Et probablement...

elle nous observait encore.


Lorsque nous arrivâmes devant l'Opéra Garnier, la nuit était tombée.

Les rues étaient presque désertes.

Ma mère nous conduisit vers une entrée cachée.

Elle sortit une clé.

La porte s'ouvrit.

Nous descendîmes.

Plus profondément.

Encore plus profondément.

Puis nous arrivâmes devant une immense porte noire.

Sept symboles étaient gravés dessus.

Et au centre...

un huitième symbole.

Mon symbole.

Ma mère murmura :

— Voilà.

Je m'approchai.

— Qu'est-ce que c'est ?

— La porte du véritable Ordre Noir.

Je posai ma main dessus.

La porte s'ouvrit.

À l'intérieur...

une immense salle.

Des centaines de dossiers.

Des portraits.

Des écrans.

Et au centre...

un siège.

Je m'approchai.

Sur le dossier du siège était gravé un nom.

NATHAN MARTIN.

Je me retournai vers ma mère.

— Pourquoi mon nom est-il ici ?

Elle ne répondit pas.

Puis une voix sortit des haut-parleurs.

Une voix que je connaissais.

Une voix qui me glaça le sang.

— Parce que ce siège t'appartient depuis ta naissance.

Je regardai Rafael.

Il était devenu livide.

Puis la voix ajouta :

— Bienvenue chez toi, Nathan.

Les portes se refermèrent derrière nous.

Et toutes les lumières s'allumèrent en même temps.

Nous n'étions pas seuls.

Des dizaines de personnes nous observaient depuis les balcons.

Et au sommet de la salle...

un homme avançait lentement vers nous.

Je reconnus son visage.

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C'était l'homme que je croyais mort depuis huit ans.

Mon père.

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