CHAPITRE 11 — LA FEMME DERRIÈRE TOUT

CHAPITRE 11 — LA FEMME DERRIÈRE TOUT
Je regardai ma mère.
Elle ne nia pas.
Elle resta simplement immobile, les yeux fixés sur moi.
— C'est vrai ?
Sa voix trembla.
— Oui.
Rafael recula d'un pas.
— Maman...
Elle leva les mains.
— Laissez-moi vous expliquer.
— Non.
Ma voix était froide.
— Cette fois, tu vas écouter.
Elle baissa les yeux.
— J'ai dirigé la Fondation pendant dix-sept ans.
Un silence terrible s'abattit sur la pièce.
— Et tu as organisé mon mariage avec Camila ?
— Oui.
— Mon accident ?
Elle hésita.
— Non.
— Alors quoi ?
Elle répondit :
— J'ai ordonné qu'on te surveille.
Je serrai les poings.
— Pourquoi ?
— Parce que Victor voulait te tuer.
— Et toi ?
Elle me regarda.
— Je voulais te contrôler.
Je sentis mon cœur se briser.
Adrian s'approcha.
— Elle ne te dira jamais toute la vérité.
Ma mère le regarda.
— Toi, tais-toi.
Il sourit.
— Toujours aussi autoritaire.
Rafael intervint :
— Pourquoi nous avoir séparés ?
Ma mère répondit :
— Parce que trois héritiers ensemble représentaient un danger.
— Pour qui ?
— Pour la Fondation.
Je fronçai les sourcils.
— Alors pourquoi nous avoir laissés vivre ?
Elle me regarda.
— Parce que je pensais pouvoir vous utiliser.
— Et papa ?
Son visage se ferma.
— Ton père voulait détruire la Fondation.
— Alors tu l'as tué ?
Elle secoua la tête.
— Non.
— Qui l'a fait ?
Elle resta silencieuse.
Puis Adrian répondit :
— Moi.
Je me tournai brutalement vers lui.
— Quoi ?
— Je ne l'ai pas tué.
Il baissa les yeux.
— Mais j'ai été celui qui a provoqué sa disparition.
Mon père le regarda avec colère.
— Tu n'étais qu'un enfant.
Adrian répondit :
— J'avais onze ans.
Puis il ajouta :
— Et je croyais que tu nous avais abandonnés.
Tout devenait plus compliqué.
Je regardai mon père.
— Qu'est-ce qui s'est réellement passé ?
Il soupira.
— Gabriel avait découvert la Fondation.
— Et ensuite ?
— Il voulait négocier avec eux.
— Pourquoi ?
— Pour sauver sa propre organisation.
Je compris.
— Et toi, tu as refusé.
— Oui.
— Alors ils t'ont capturé.
Il acquiesça.
— Pendant huit ans.
Je regardai ma mère.
— Et toi ?
— Je les ai laissés croire que j'étais de leur côté.
— Pour sauver papa ?
Elle secoua la tête.
— Pour sauver vous trois.
Je ne savais plus qui croire.
Soudain, une alarme retentit.
Adrian regarda l'écran.
— Ils arrivent.
Rafael demanda :
— Qui ?
— La Fondation.
Je pris mon arme.
— Combien ?
Adrian répondit :
— Trop.
Mon père se leva difficilement.
— Il y a une sortie derrière le laboratoire.
Ma mère secoua la tête.
— Non.
Je la regardai.
— Pourquoi ?
Elle répondit :
— Parce qu'ils savent que nous sommes ici.
Puis elle prit une décision.
Elle ouvrit une porte.
— Suivez-moi.
Nous descendîmes rapidement dans un tunnel.
Au bout, une énorme porte métallique apparut.
Ma mère posa sa main sur le scanner.
ACCÈS REFUSÉ.
Elle recommença.
ACCÈS REFUSÉ.
Elle se tourna vers moi.
— Nathan.
— Quoi ?
— Pose ta main.
Je m'exécutai.
La porte s'ouvrit.
Adrian murmura :
— Le système te reconnaît toujours comme directeur.
Je regardai ma mère.
— Et toi ?
Elle sourit tristement.
— Je ne suis plus rien.
Nous entrâmes dans une immense salle souterraine.
Des centaines de serveurs remplissaient les murs.
Au centre se trouvait une table circulaire.
Sur celle-ci, trois empreintes étaient visibles.
Nathan.
Rafael.
Adrian.
Je compris.
— C'est le système final.
Adrian acquiesça.
— Oui.
— Que se passe-t-il si nous posons tous les trois nos mains ?
Ma mère répondit :
— La Fondation disparaît.
Rafael demanda :
— Et si nous refusons ?
— Elle reste.
Je regardai les serveurs.
— Alors faisons-le.
Adrian me regarda.
— Tu es sûr ?
— Oui.
Mais ma mère attrapa mon bras.
— Non.
Je me tournai vers elle.
— Pourquoi ?
Elle avait les larmes aux yeux.
— Parce que si vous détruisez le système...
Elle marqua une pause.
— Je mourrai avec lui.
Silence.
Rafael la regarda.
— Qu'est-ce que tu racontes ?
— Mon corps est connecté au système depuis dix-sept ans.
Je ne comprenais pas.
Elle expliqua :
— La Fondation a implanté une clé biologique dans mon ADN.
Adrian pâlit.
— Ils t'ont utilisée comme clé vivante.
— Oui.
Je compris.
— Si nous détruisons le système...
— Mon cœur s'arrêtera.
Je regardai mes deux frères.
Puis ma mère.
Elle sourit.
— Ne renoncez pas pour moi.
— Maman...
— J'ai fait trop de mal.
Elle posa sa main sur ma joue.
— Mais vous avez encore une chance de faire quelque chose de bien.
Je fermai les yeux.
Des sirènes retentissaient au-dessus de nous.
Ils arrivaient.
Je regardai Rafael.
— Prêt ?
Il acquiesça.
Puis Adrian posa sa main.
Rafael posa la sienne.
Je fis de même.
Les trois écrans s'allumèrent.
IDENTITÉS CONFIRMÉES.
Puis :
SYSTÈME FINAL — ACTIVATION.
Ma mère recula.
— Faites-le.
Je regardai l'écran.
Une dernière question apparut.
« DÉTRUIRE LA FONDATION ? »
Deux choix.
OUI.
NON.
Je posai mon doigt sur l'écran.
Mais avant que je puisse choisir...
une balle traversa la vitre.
Ma mère s'effondra.
— MAMAN !
Rafael se retourna.
Adrian cria :
— Ils sont là !
Des hommes armés envahirent la salle.
Et parmi eux...
je reconnus Camila.
Elle tenait une arme.
Elle me regarda.
— Nathan...
Je pointai mon arme vers elle.
— Ne bouge pas.
Elle avança lentement.
— Je suis venue te sauver.
— Tu m'as déjà dit ça.
— Cette fois, tu dois me croire.
— Pourquoi ?
Elle regarda ma mère au sol.
Puis elle murmura :
— Parce que je sais qui a tiré.
Je regardai autour de moi.
— Qui ?
Camila leva les yeux vers la passerelle.
Un homme se tenait là.
Costume noir.
Visage froid.
Il applaudissait lentement.
— Bravo, Camila.
Je me figeai.
L'homme descendit les marches.
Je reconnus son visage.
Victor Salvat.
L'homme que nous croyions mort.
Il sourit.
— Vous avez enfin réuni toute la famille.
Puis il regarda l'écran.
— Maintenant, Nathan...
Il pointa mon doigt vers le bouton.
— Choisis.
Détruire la Fondation...
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Il sourit.
— Ou sauver ta mère.