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CHAPITRE 13 — L'HOMME DANS LE MIROIR

CHAPITRE 13 — L'HOMME DANS LE MIROIR

Les lumières s'éteignirent.

Personne ne bougea.

Puis un bruit sec retentit dans le couloir.

CLIC.

Rafael se leva immédiatement.

— Tout le monde reste ici.

Il attrapa une lampe et avança.

Je pris mon téléphone pour éclairer la pièce.

— Papa, verrouille les portes.

Mon père acquiesça.

Mais ma mère regardait déjà la fenêtre.

Son visage devint livide.

— Nathan...

— Quoi ?

Elle pointa le reflet.

— Il est encore là.

Je me retournai.

Personne.

Je regardai à nouveau la vitre.

L'homme avait disparu.

Puis mon téléphone vibra.

« Vous cherchez encore dans la mauvaise direction. »

Un deuxième message apparut.

« Le premier mensonge concernait votre mère. Le deuxième concernait votre père. Le troisième... vous concerne. »

Je sentis un froid parcourir mon dos.

— Qui êtes-vous ?

La réponse arriva immédiatement.

« Quelqu'un qui vous connaît depuis votre naissance. »


Nous fouillâmes toute la maison.

Aucune trace.

Aucune porte forcée.

Aucune caméra piratée.

Rien.

Elena finit par revenir avec son ordinateur.

— J'ai vérifié le système de sécurité.

— Et ?

— Quelqu'un a pris le contrôle du réseau pendant exactement onze secondes.

Rafael demanda :

— De l'extérieur ?

Elle secoua la tête.

— Non.

Elle regarda l'écran.

— De l'intérieur.

Je fronçai les sourcils.

— Impossible.

— Pourtant c'est ce qui s'est passé.

Elle fit apparaître les journaux de connexion.

Une adresse apparut.

Je la reconnus.

— C'est mon téléphone.

Elena resta silencieuse.

— Je n'ai rien fait.

— Je sais.

Elle continua l'analyse.

Puis son visage changea.

— Nathan...

— Quoi ?

— Ce n'est pas ton téléphone qui a envoyé le message.

— Alors ?

Elle agrandit les données.

— Quelqu'un a cloné ton identité numérique.

Rafael demanda :

— Depuis quand ?

Elena répondit :

— Depuis trois ans.

Je me figeai.

Trois ans.

Depuis la destruction de la Fondation.

Quelqu'un nous surveillait depuis tout ce temps.


Mon père entra dans la pièce.

Il avait entendu la conversation.

— Il faut partir.

Je le regardai.

— Pourquoi ?

— Parce que je sais qui est derrière ça.

Silence.

— Qui ?

Il s'approcha de la table.

— Le premier directeur.

Rafael fronça les sourcils.

— Le premier directeur de quoi ?

Mon père répondit :

— De la Fondation.

Je regardai ma mère.

Elle baissa la tête.

— Tu le connais ? demandai-je.

— Oui.

— Qui est-ce ?

Mon père posa une vieille photographie devant nous.

Un homme jeune.

Costume noir.

Regard froid.

À côté de lui se tenait mon grand-père.

Je retournai la photo.

Une date.

1978.

Et un nom :

Alexander Martin.

Je relevai les yeux.

— Alexander ?

Mon père acquiesça.

— Notre arrière-grand-père.

Rafael pâlit.

— Mais il est mort en 1989.

— C'est ce qu'on croyait.

Je regardai la photographie.

— Tu veux dire qu'il est vivant ?

Mon père secoua la tête.

— Non.

Il marqua une pause.

— Mais son héritage, lui, est toujours vivant.


Elena trouva alors quelque chose.

Un dossier caché dans une ancienne base de données.

PROJET ALEXANDER.

Elle l'ouvrit.

Des dizaines de pages apparurent.

Puis une vidéo.

Un homme âgé était assis face à une caméra.

Je reconnus immédiatement son visage.

Alexander Martin.

Mon arrière-grand-père.

Il parlait comme s'il savait que nous regarderions un jour cette vidéo.

— Si vous voyez ceci, c'est que mes descendants ont échoué.

Je regardai mon père.

Il était bouleversé.

La vidéo continua.

— J'ai créé la Fondation pour une seule raison : contrôler les individus capables de détruire l'équilibre financier mondial.

Il sourit.

— Mais j'ai découvert trop tard que le véritable danger n'était pas l'argent.

L'écran devint noir.

Puis une phrase apparut :

« Le véritable pouvoir est la mémoire. »

Elena murmura :

— La mémoire...

Je pensai immédiatement à Adrian.

Je me tournai vers lui.

— Toi.

Il releva les yeux.

— Quoi ?

— Ta mémoire.

Il comprit.

— Tu crois que...

— Oui.

Je regardai mon arrière-grand-père à l'écran.

— Ils ne cherchaient pas seulement des héritiers financiers.

Je pointai Adrian.

— Ils cherchaient quelqu'un capable de mémoriser le système entier.

Adrian resta silencieux.

Puis il murmura :

— Je me souviens.

Tout le monde se tourna vers lui.

— De quoi ?

Il ferma les yeux.

— Du premier jour où j'ai rencontré Alexander.

Ma mère recula.

— Adrian...

— J'avais onze ans.

Il trembla.

— Il m'a montré une salle.

— Quelle salle ?

— Une salle pleine de serveurs.

Je demandai :

— Où ?

Adrian ouvrit les yeux.

— Sous Paris.


Une heure plus tard, nous étions dans la voiture.

Adrian nous guidait.

Il ne regardait aucune carte.

Il avançait uniquement grâce à ses souvenirs.

— À gauche.

Elena tourna.

— Maintenant tout droit.

Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes devant une ancienne station de métro abandonnée.

Rafael regarda autour de lui.

— Elle n'existe sur aucune carte.

Adrian répondit :

— C'est volontaire.

Nous descendîmes.

Un long escalier plongeait dans l'obscurité.

Au bout...

une porte métallique.

Adrian posa la main dessus.

Elle s'ouvrit.


La pièce derrière était gigantesque.

Des centaines de dossiers couvraient les murs.

Mais au centre se trouvait quelque chose qui nous glaça.

Un écran.

Il s'alluma automatiquement.

Une phrase apparut :

« BIENVENUE, NATHAN. »

Puis une seconde :

« TU AS MIS TROIS ANS À ARRIVER JUSQU'ICI. »

Je regardai Adrian.

— Tu connaissais cet endroit ?

— Non.

— Alors comment...

Il secoua la tête.

— Je n'en sais rien.

Une caméra s'alluma.

Le même homme que sur la photographie apparut.

Mais cette fois...

il était vivant.

Pas Alexander.

Un homme plus jeune.

Je le reconnus.

Je l'avais vu dans les archives de la Fondation.

Dr Elias Voss.

Le scientifique qui avait conçu le Projet Héritier.

Je murmurai :

— Il était censé être mort.

Il sourit.

— Tout le monde est censé être mort dans cette famille.

Ma mère se figea.

— Elias...

Il la regarda.

— Bonjour, Isabelle.

Je pointai mon arme vers l'écran.

— Qu'est-ce que vous voulez ?

Il sourit.

— Rien.

— Alors pourquoi nous avoir attirés ici ?

— Parce que je veux vous montrer la vérité.

L'écran changea.

Une photographie apparut.

Moi enfant.

Rafael enfant.

Adrian enfant.

Elena enfant.

Puis une cinquième photographie.

Un bébé.

Je fronçai les sourcils.

— Qui est-ce ?

Elias répondit :

Le véritable premier héritier.

Je regardai ma mère.

Elle porta une main à sa bouche.

— Non...

Je demandai :

— Qui est ce bébé ?

Elias sourit.

— Votre sœur Elena n'était pas le troisième héritier.

Elena devint livide.

— Quoi ?

L'écran afficha un nom.

SUJET ZÉRO.

Puis une date.

1988.

Je sentis mon cœur s'arrêter.

Parce que cette date précédait ma naissance.

Précédait celle de Rafael.

Précédait même celle d'Elena.

Elias regarda la caméra.

— Vous avez passé toute votre vie à chercher le quatrième héritier.

Il marqua une pause.

— Mais vous vous trompiez.

La caméra se rapprocha.

Il n'est pas votre frère.

Silence.

Il est votre père.

Je regardai mon père.

Il était devenu complètement blanc.

Puis Elias prononça la dernière phrase :

Votre père n'est pas Gabriel.

Je cessai de respirer.

— Alors qui est-il ?

Elias sourit.

Alexander Martin.

Mon père ferma les yeux.

Et pour la première fois...

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je compris qu'il ne m'avait pas seulement caché la vérité.

Il m'avait caché son identité.

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