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partie 3

La police arriva en huit minutes.

Les secours en cinq.

Bastien fut transporté à l’hôpital avec une blessure à la tête et deux côtes touchées.

Noé voulut monter dans l’ambulance.

Les urgentistes hésitèrent.

Puis Élise dit :

« Il vient avec son père. Je les rejoins. »

Noé la regarda.

Pour la première fois, il ne ressemblait plus à un petit messager courageux.

Il ressemblait à un enfant épuisé.

« Vous allez croire papa ? »

Élise répondit sans hésiter :

« Oui. »

Ce mot sembla le maintenir debout.

Au même moment, Côme Destrieux était retenu sur le quai.

Il répétait :

« C’est un montage. Une mise en scène. Je n’ai rien fait. »

Mais il ne regardait plus Élise.

Il regardait son téléphone.

Comme s’il attendait un ordre.

Ou un abandon.

Le commandant Lorian Tavel prit le téléphone.

Dernier appel sortant.

Sacha Ravel.

À 7 h 12.

Puis un message à 7 h 48 :

Elle doit monter avant neuf heures. Après le virage, le courant fera le reste.

Élise lut le message.

Ses mains devinrent froides.

Il ne s’agissait plus d’une suspicion.

Ni d’une dispute familiale.

Son demi-frère avait préparé sa mort comme on prépare une réunion.

Pourquoi ?

Le commandant Tavel lui posa la question à l’hôpital, dans un couloir blanc.

« Madame Ravel, votre demi-frère a-t-il un intérêt financier direct à votre décès ? »

Élise répondit :

« Le chantier. »

« Il hériterait ? »

Elle hésita.

« Je croyais que non. Mon père m’a tout laissé. »

« Vous croyiez ? »

Élise ferma les yeux.

Il y avait un testament.

Puis une clause.

Elle l’avait survolée après l’enterrement.

Pas assez.

Son avocat lui avait dit :

« Si vous disparaissez sans enfant ni conjoint, les parts non cédées reviennent à la branche Ravel restante. »

La branche restante.

Sacha.

Mais ce n’était pas tout.

Le terrain nord.

La promesse du père.

Ne vends jamais la partie nord.

Sacha voulait ce terrain depuis des années.

Pourquoi ?

Élise appela son notaire.

Pas demain.

Tout de suite.

Maître Joanel répondit avec une voix ensommeillée.

Élise ne lui laissa pas le temps de protester.

« Pourquoi mon père refusait-il de vendre le terrain nord ? »

Silence.

Trop long.

« Maître. Répondez. »

Le notaire soupira.

« Votre père m’avait demandé de vous remettre un dossier seulement si vous décidiez de vendre. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’il soupçonnait votre demi-frère d’avoir falsifié des documents de dépollution. »

Élise s’appuya contre le mur.

Le monde continuait de s’ouvrir sous ses pieds.

Le terrain nord n’était pas un simple quai.

Sous l’ancien hangar, il y avait un accès à une carrière fluviale abandonnée.

Un passage idéal pour construire un port privé.

Un projet immobilier touristique.

Hôtels.

Marina.

Résidences.

Deux cents millions d’euros.

Sacha avait besoin que le chantier soit vendu.

Élise bloquait la vente.

Donc Élise devait disparaître.

Côme n’était qu’un homme charmant placé sur son chemin.

Un sourire loué.

Un fiancé de façade.

Une clé dans une serrure.

Le commandant Tavel demanda :

« Où est Sacha Ravel maintenant ? »

Élise regarda par la fenêtre de l’hôpital.

Au loin, sur la colline, on voyait la villa familiale.

La maison blanche au-dessus du fleuve.

« Chez mon père. »

Elle se corrigea aussitôt.

« Chez moi. »

Le commandant partit avec deux agents.

Mais Sacha n’était déjà plus là.

Dans son bureau, ils trouvèrent un tiroir ouvert.

Un ordinateur arraché.

Une armoire vide.

Et sur le bureau, un document que Sacha avait oublié dans sa fuite.

Un contrat de promesse de vente.

Déjà signé par Côme Destrieux comme témoin.

Acheteur :

NovaRive Expansion.

Prix :

ridiculement bas.

Condition suspensive :

décès ou incapacité définitive d’Élise Ravel avant le 30 juin.

Le commandant Tavel murmura :

« Il ne voulait pas seulement qu’elle vende. »

Il regarda le contrat.

« Il avait déjà vendu sa mort. »

Mais le pire était une ligne manuscrite, au bas du dossier.

Une note de Sacha.

Bastien a vu le filtre. Régler le problème du mécanicien et du garçon.

Noé.

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L’enfant n’était pas seulement témoin.

Il était devenu une cible.

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