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CHAPITRE 9 — L'HOMME QUI AVAIT DISPARU

CHAPITRE 9 — L'HOMME QUI AVAIT DISPARU

Nathan n'attendit pas le lendemain.

À six heures du matin, il était déjà sur la route.

Marcus conduisait.

Claire était assise à l'arrière avec lui.

Sur la banquette se trouvait le dossier contenant toutes les informations concernant Gabriel Moreau.

Adresse.

Ancien emploi.

Numéro de téléphone.

Historique bancaire.

Photographies.

Nathan parcourait les documents sans parler.

Une seule question tournait dans sa tête.

Pourquoi Gabriel avait-il disparu pendant neuf ans ?

Et surtout...

Pourquoi Isabella avait-elle tellement peur qu'il parle ?

— Nous arrivons dans vingt minutes, annonça Marcus.

Nathan regarda par la fenêtre.

— Tu es certain que cette adresse est bonne ?

— Oui.

— Et personne ne sait que nous venons ?

Marcus hésita.

— Personne à part nous.

Le téléphone de Nathan vibra.

Numéro inconnu.

Il décrocha.

Aucune voix.

Seulement un souffle.

Puis une phrase.

— Vous ne devriez pas chercher Gabriel.

Nathan se redressa.

— Qui êtes-vous ?

Silence.

— Si vous continuez, votre fille paiera pour les erreurs de sa mère.

Nathan se leva presque de son siège.

— Ne prononcez pas son nom !

La ligne se coupa.

Claire pâlit.

— Nathan...

Il regarda l'écran.

— Ils savent où nous sommes.

Marcus accéléra.

— Nous devons changer d'itinéraire.

— Non.

— Nathan—

— Nous continuons.

Il regarda la photo de Maya dans son portefeuille.

— Cette fois, personne ne me fera reculer.

La voiture s'arrêta devant une petite maison située à l'écart de la ville.

Marcus sortit le premier.

Il inspecta les environs.

— Personne.

Nathan descendit.

Il frappa.

Une fois.

Deux fois.

Aucune réponse.

Il frappa encore.

— Gabriel Moreau ?

Toujours rien.

Marcus força légèrement la porte.

Elle était déjà ouverte.

Nathan entra.

La maison était vide.

Une tasse de café encore chaude se trouvait sur la table.

Claire regarda autour d'elle.

— Il était ici.

Marcus parcourut les pièces.

— Nathan !

Il venait de trouver quelque chose.

Un ordinateur portable était ouvert.

L'écran affichait un dossier.

MAYA CARTER.

Nathan s'approcha.

Il cliqua.

Des dizaines de fichiers apparurent.

Photos de Maya.

Documents médicaux.

Copies d'actes de naissance.

Correspondances.

Et une vidéo.

Nathan l'ouvrit.

Gabriel apparut à l'écran.

Il semblait plus âgé que sur les photographies.

Il regardait directement la caméra.

— Nathan, si tu regardes cette vidéo, c'est que je n'ai pas réussi à te parler en personne.

Nathan sentit son cœur accélérer.

Gabriel continua :

— Tu dois savoir une chose avant toute autre.

Il prit une profonde inspiration.

— Maya est bien ta fille.

Nathan ferma les yeux.

Une vague de soulagement le traversa.

Mais elle fut immédiatement remplacée par l'inquiétude.

Gabriel poursuivit :

— Le problème n'est pas son père.

Un document apparut à l'écran.

— Le problème est ce qui s'est passé le jour de sa naissance.

La vidéo s'arrêta.

Nathan regarda l'écran.

— Pourquoi couper maintenant ?

Marcus fouillait toujours la maison.

— Parce qu'il voulait que nous trouvions la suite ailleurs.

Il pointa un morceau de papier.

Une adresse.

Un ancien entrepôt.

Nathan comprit.

— Il savait que nous viendrions.

Claire secoua la tête.

— Ou quelqu'un savait que nous viendrions.

Nathan se retourna.

Dans la rue, une voiture noire démarra brusquement.

Marcus courut jusqu'à la fenêtre.

Mais elle avait déjà disparu.

Nathan regarda l'ordinateur.

Un seul fichier restait ouvert.

Un message.

« NE FAITES CONFIANCE À PERSONNE. »


CHAPITRE 10 — LA NUIT DE LA NAISSANCE

L'entrepôt se trouvait dans une ancienne zone industrielle.

Nathan entra seul.

Marcus voulait l'accompagner.

Mais Nathan refusa.

— Si quelqu'un nous surveille, je veux savoir qui.

Il poussa la porte métallique.

À l'intérieur, une lumière s'alluma.

Gabriel était assis sur une chaise.

Vivant.

Fatigué.

Et terrifié.

Nathan s'arrêta.

— Tu es Gabriel ?

L'homme acquiesça.

— Oui.

Nathan s'approcha.

— Tu as quelque chose à me dire.

Gabriel regarda derrière lui.

— Tu es venu seul ?

— Oui.

Gabriel soupira.

— Alors écoute-moi attentivement.

Nathan resta debout.

Gabriel commença :

— Maya est ta fille biologique.

Nathan ferma les yeux.

— Je le savais.

— Mais Elena avait découvert quelque chose concernant sa naissance.

— Quoi ?

Gabriel hésita.

— Le dossier de Maya avait été modifié.

— Par qui ?

— Je ne sais pas.

Nathan s'emporta.

— Ne me mens pas.

Gabriel baissa la tête.

— Je ne te mens pas.

— Alors pourquoi ton nom apparaît-il dans le dossier ?

Gabriel répondit :

— Parce que j'ai participé à l'analyse.

Nathan resta silencieux.

— Elena m'avait demandé de vérifier les résultats.

— Et ?

— Les résultats confirmaient que tu étais le père.

Nathan fronça les sourcils.

— Alors pourquoi Elena pensait-elle qu'il y avait un problème ?

Gabriel regarda Nathan.

— Parce que quelqu'un avait essayé de faire croire que tu ne l'étais pas.

Nathan sentit une colère immense monter en lui.

— Qui ?

Gabriel ne répondit pas.

Nathan fit un pas.

— Qui ?

Gabriel murmura :

— Isabella.

Le silence devint lourd.

— Elle travaillait avec quelqu'un.

— Qui ?

— Je ne sais pas.

— Tu sais quelque chose.

Gabriel regarda la porte.

— Elle n'était pas la personne qui dirigeait tout.

Nathan resta immobile.

— Alors qui ?

Gabriel sortit une vieille clé USB.

— Elena avait copié des fichiers.

Nathan la prit.

— Où sont-ils ?

— Ici.

Gabriel désigna la clé.

— Mais il y a une chose que tu dois comprendre.

— Quoi ?

— Elena n'est pas morte à cause de ce qu'elle avait découvert sur Maya.

Nathan fronça les sourcils.

— Alors pourquoi ?

Gabriel fixa Nathan.

— Parce qu'elle avait découvert quelque chose sur ton père.

Nathan sentit son cœur s'arrêter.

— Mon père ?

Gabriel acquiesça.

— Ton père avait construit un réseau financier secret.

— Pour quoi faire ?

— Pour contrôler une partie de votre entreprise sans que personne ne le sache.

Nathan secoua la tête.

— Impossible.

— Elena avait les preuves.

Nathan regarda la clé USB.

— Et Isabella ?

— Isabella voulait ces preuves.

— Pourquoi ?

Gabriel soupira.

— Parce qu'elle avait des dettes.

Nathan resta silencieux.

— Beaucoup de dettes.

Gabriel continua :

— Elle devait de l'argent à des gens dangereux.

Nathan comprit soudain.

— Elle ne voulait pas seulement l'argent de Maya.

— Non.

— Elle voulait mon entreprise.

Gabriel hocha la tête.

— Exactement.

Un bruit métallique retentit derrière eux.

Gabriel se leva brusquement.

— Ils nous ont trouvés.

Nathan se retourna.

La porte de l'entrepôt venait de se fermer.

Marcus apparut quelques secondes plus tard avec Claire.

— Nathan !

Une odeur de fumée commença à remplir la pièce.

Gabriel cria :

— Sortez !

Nathan attrapa la clé USB.

Mais avant qu'ils atteignent la sortie...

Une explosion retentit.


CHAPITRE 11 — LE FEU

La fumée envahit rapidement l'entrepôt.

Nathan toussa.

— Marcus !

— Ici !

Une partie du plafond s'effondra.

Claire tomba au sol.

Nathan la releva.

— Ça va ?

— Oui.

Gabriel cherchait une autre sortie.

— Il y a une porte derrière !

Ils coururent.

Mais elle était verrouillée.

Marcus frappa la serrure.

— Reculez !

Il donna un coup violent.

La porte ne bougea pas.

Une deuxième explosion retentit.

Le feu progressait.

Nathan regarda Gabriel.

— Qui a fait ça ?

Gabriel répondit :

— Ceux qui veulent que la vérité disparaisse.

Nathan sortit son téléphone.

Aucun réseau.

Puis soudain, une notification apparut.

Un message.

« Vous auriez dû rester chez vous. »

Nathan fixa l'écran.

Un deuxième message arriva.

« Maya est seule. »

Le sang de Nathan se glaça.

— Non.

Il appela immédiatement Marcus.

Mais Marcus était devant lui.

— Ce n'est pas moi.

Nathan comprit.

Quelqu'un voulait lui faire croire que Maya était en danger.

Mais pourquoi ?

Pour le faire sortir de l'entrepôt ?

Il regarda Gabriel.

— Est-ce qu'ils savent où elle est ?

Gabriel hésita.

— Probablement.

Nathan sentit son cœur battre violemment.

— Alors nous devons partir.

Marcus réussit finalement à ouvrir la porte.

Ils sortirent juste avant qu'une partie du bâtiment ne s'effondre.

À plusieurs kilomètres de là, dans le manoir...

Maya était assise dans sa chambre.

Elle dessinait.

La nourrice était avec Noah.

Tout semblait calme.

Puis quelqu'un frappa à la porte.

Maya leva les yeux.

— Qui est là ?

Aucune réponse.

Elle se leva.

Un papier glissa sous la porte.

Elle le ramassa.

Il y avait une seule phrase.

« TON PÈRE TE CACHE LA VÉRITÉ. »

Maya recula.

Puis une seconde feuille apparut.

« SI TU VEUX SAVOIR POURQUOI TA MÈRE EST MORTE, VIENS SEULE DANS LE JARDIN. »

Maya regarda la porte.

Elle savait qu'elle ne devait pas sortir.

Son père lui avait dit de ne faire confiance à personne.

Mais elle voulait savoir.

Elle voulait comprendre.

Pourquoi sa mère était morte.

Pourquoi Isabella lui avait menti.

Pourquoi son père avait soudainement commencé à regarder les vieilles photos.

Elle ouvrit doucement la porte.

Le couloir était vide.

Maya descendit les escaliers.

Elle passa devant la cuisine.

Puis devant le salon.

Elle ouvrit la porte arrière.

Le jardin était silencieux.

Elle avança.

Quelques mètres.

Puis elle entendit une voix.

— Maya.

Elle se retourna.

Un homme se tenait près des arbres.

Elle ne le connaissait pas.

— Qui êtes-vous ?

L'homme sourit.

— Quelqu'un qui connaissait très bien ta mère.

Maya recula.

— Mon père va bientôt rentrer.

— Je sais.

— Alors je vais l'appeler.

L'homme sortit un téléphone.

— Tu peux essayer.

Maya sortit le sien.

Aucun signal.

Son visage se décomposa.

L'homme fit un pas.

— Ta mère voulait te protéger.

— De qui ?

Il répondit :

— De ton père.

Maya secoua la tête.

— Mon père ne me ferait jamais de mal.

L'homme sourit.

— Je ne parle pas de Nathan.

Il regarda la maison.

— Je parle de l'homme que Nathan lui-même n'a jamais osé affronter.

Maya ne comprenait pas.

Puis une voiture apparut derrière les arbres.

L'homme se retourna.

— Ils sont là.

Maya entendit soudain la voix de Nathan.

— MAYA !

Elle se retourna.

Son père courait vers elle.

Elle se précipita dans ses bras.

Nathan la serra de toutes ses forces.

— Je t'avais demandé de rester dans la maison !

— Je suis désolée.

Nathan regarda l'homme.

Mais il avait disparu.

Sur le sol se trouvait seulement une petite enveloppe.

Nathan la ramassa.

À l'intérieur :

une photographie de son père.

Et au dos, quatre mots.

« IL EST TOUJOURS VIVANT. »

Nathan sentit son sang se glacer.

Parce que son père était censé être mort depuis six ans.

À suivre...

Dans le prochain chapitre

Nathan découvre que la mort de son père pourrait avoir été mise en scène.

Et lorsqu'il retrouve les archives secrètes de son empire, un nom apparaît dans tous les documents :

Isabella Carter.

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Mais Isabella n'est peut-être pas la véritable ennemie.

Elle pourrait être, elle aussi, prisonnière d'un homme qui contrôle la famille Carter depuis près d'une décennie.

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