CHAPITRE 3 — L’HOMME QUI ÉTAIT CENSÉ ÊTRE MORT

CHAPITRE 3 — L’HOMME QUI ÉTAIT CENSÉ ÊTRE MORT
La voix résonna encore dans l’obscurité.
— Diogo... éloigne-toi de cette femme.
Personne ne bougea.
Marina sentit ses doigts devenir glacés.
Elle connaissait cette voix.
Elle l'avait entendue une seule fois, dix ans auparavant.
Mais certaines voix ne disparaissent jamais de la mémoire.
Diogo se tourna vers elle.
— Qui est-ce ?
Marina ne répondit pas.
— Marina ?
Elle murmura enfin :
— C'est impossible...
Helena recula contre le mur.
— Il est mort.
La voix retentit de nouveau.
— Helena... tu n'as jamais été très douée pour mentir.
Helena pâlit.
Diogo comprit immédiatement.
— Vous le connaissez toutes les deux.
Aucune réponse.
Puis les lumières se rallumèrent brutalement.
Un homme apparut dans l'encadrement de la porte.
Costume noir.
Cheveux gris.
Visage marqué par les années.
Mais ses yeux étaient parfaitement reconnaissables.
Marina porta une main à sa bouche.
— Monsieur Ribeiro...
Diogo se retourna vers elle.
— Ton père ?
Marina secoua la tête.
— Non.
Elle recula.
— Son frère.
L'homme sourit.
— Enfin.
Il entra lentement dans la pièce.
— Après toutes ces années, quelqu'un prononce encore mon nom.
Diogo le fixa.
— Qui êtes-vous ?
L'homme répondit :
— Mateus Ribeiro.
Diogo sentit son sang se glacer.
Il connaissait ce nom.
Tout le monde dans le monde des affaires le connaissait.
Mateus Ribeiro avait été l'un des financiers les plus puissants du pays.
Puis, dix ans plus tôt, il avait disparu après un scandale financier.
On avait retrouvé sa voiture au fond d'un ravin.
Son corps n'avait jamais été identifié.
Mais tout le monde avait conclu à sa mort.
Diogo murmura :
— Vous êtes mort.
Mateus sourit.
— C'est ce que je voulais que tout le monde croie.
Marina tremblait.
— Pourquoi êtes-vous revenu ?
Mateus la regarda.
— À cause de ton père.
— Il est mort.
— Oui.
Son sourire disparut.
— Et il est mort parce qu'il avait découvert quelque chose qu'il n'aurait jamais dû découvrir.
Diogo s'interposa.
— Quoi ?
Mateus regarda Diogo droit dans les yeux.
— La vérité sur votre famille.
Diogo serra les poings.
— Ma mère ?
— Oui.
— Mon père ?
— Oui.
— Et les deux cent quarante mille euros ?
Mateus hocha lentement la tête.
— Tout est lié.
Helena s'approcha.
— Tu n'aurais jamais dû revenir.
Mateus tourna la tête vers elle.
— Et toi, tu n'aurais jamais dû épouser Diogo.
Diogo regarda Helena.
— Qu'est-ce qu'il veut dire ?
Helena ne répondit pas.
Mateus ricana.
— Elle ne t'a jamais dit pourquoi elle t'avait épousé ?
Diogo sentit son cœur se serrer.
— Helena...
Elle ferma les yeux.
— Je suis désolée.
— Réponds-moi.
Elle releva les yeux.
— Au début, je n'étais pas censée tomber amoureuse de toi.
Le silence devint lourd.
— Alors pourquoi ?
— Parce que ton père me l'a demandé.
Diogo resta immobile.
— Mon père ?
Helena acquiesça.
— Il savait que quelqu'un voulait détruire ta famille.
Mateus intervint :
— Et il savait que j'étais derrière tout cela.
Diogo regarda Mateus.
— Pourquoi ?
Mateus sourit.
— Parce que ton père m'avait volé quelque chose.
— Quoi ?
Mateus répondit :
— Tout.
Diogo fronça les sourcils.
— Je ne comprends pas.
Mateus s'approcha de la table.
Il prit une des liasses de billets.
— Ton père et moi avions créé une entreprise ensemble.
Il regarda l'argent.
— Puis il m'a trahi.
— Comment ?
— Il a découvert que j'avais détourné des fonds.
Diogo secoua la tête.
— Et il t'a dénoncé ?
Mateus acquiesça.
— Il voulait me livrer à la police.
Un sourire froid apparut sur son visage.
— Alors j'ai décidé de lui enlever tout ce qu'il aimait.
Diogo sentit une boule se former dans sa gorge.
— Ma mère.
Mateus ne répondit pas.
— C'est toi qui l'as tuée ?
Silence.
Helena se mit à pleurer.
Mateus regarda Diogo.
— Je n'ai jamais appuyé sur la gâchette.
Diogo se figea.
— Mais tu as donné l'ordre.
Mateus sourit.
— Oui.
Marina ferma les yeux.
Elle avait enfin la confirmation qu'elle cherchait depuis dix ans.
Son père n'était pas un voleur.
Il avait été éliminé parce qu'il avait découvert la vérité.
Diogo s'approcha de Mateus.
— Et mon père ?
— Lui aussi.
— Pourquoi ?
Mateus répondit :
— Parce qu'il avait caché les preuves.
Diogo regarda la clé.
— Le coffre.
Mateus sourit.
— Exactement.
— Qu'y a-t-il dedans ?
Mateus s'approcha.
— La preuve que ta famille a été détruite par une seule personne.
Diogo demanda :
— Qui ?
Mateus regarda Helena.
Puis Marina.
Enfin Diogo.
— Ton père n'a jamais été la victime.
Diogo resta figé.
— Quoi ?
Mateus continua :
— Il faisait partie du plan.
Marina secoua la tête.
— Vous mentez.
— Non.
Mateus sortit une vieille photographie de sa poche.
Il la posa sur le bureau.
Diogo la prit.
La photographie représentait ses parents.
Mais derrière eux se trouvait une troisième personne.
Une jeune femme.
Diogo la reconnut immédiatement.
— Helena...
Sa femme détourna les yeux.
Diogo la fixa.
— Tu connaissais mon père avant de me rencontrer.
Elle murmura :
— Oui.
— Depuis combien de temps ?
— Depuis l'âge de dix-neuf ans.
Diogo recula.
Tout ce qu'il croyait savoir sur son mariage venait de s'effondrer.
Mateus regarda sa montre.
— Nous n'avons plus beaucoup de temps.
— Pourquoi ?
— Parce que ceux qui ont installé le traceur dans ton bureau savent déjà que tu as trouvé le coffre.
Marina se précipita vers la bibliothèque.
— Alors il faut l'ouvrir maintenant.
Diogo la suivit.
Helena hésita.
Puis elle les accompagna.
Ils traversèrent le couloir.
Arrivés devant l'ancienne bibliothèque, Diogo inséra la clé.
Un déclic retentit.
Une partie du mur s'ouvrit.
Derrière se trouvait un petit coffre métallique.
Diogo entra le code inscrit sur la clé.
Le coffre s'ouvrit.
À l'intérieur :
des photographies,
des contrats,
un vieux téléphone,
et une enveloppe portant son nom.
DIOGO.
Ses mains tremblaient lorsqu'il l'ouvrit.
Une seule phrase était écrite :
« Si tu lis ceci, c'est que Marina a réussi à te faire confiance. »
Diogo releva brusquement la tête.
Marina pâlit.
— Comment connaissait-il mon nom ?
Il retourna la feuille.
Une deuxième phrase apparut.
« Ne fais confiance à personne dans cette maison. »
Puis une dernière ligne :
« Même pas à la femme que tu as épousée. »
Diogo regarda Helena.
Elle pleurait.
Mais avant qu'il puisse parler...
Le vieux téléphone dans le coffre se mit à sonner.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
Diogo décrocha.
Une voix d'homme murmura :
— Vous avez ouvert le coffre.
Diogo ne répondit pas.
— Très bien.
Un silence.
Puis :
— Maintenant, dites adieu à Marina.
La communication fut coupée.
Au même instant, un bruit violent retentit derrière eux.
La fenêtre de la bibliothèque vola en éclats.
Marina cria.
Quelqu'un venait d'entrer dans la maison.
Et cette fois...
il n'était pas venu pour voler l'argent.
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Il était venu pour faire disparaître la dernière personne capable de révéler toute la vérité.
Marina.