CHAPITRE 9 — LA SIGNATURE DE DIOGO

CHAPITRE 9 — LA SIGNATURE DE DIOGO
Diogo fixa l'écran du téléphone de Mateus.
La transaction était réelle.
Quatre milliards d'euros venaient d'être transférés.
Et le plus inquiétant n'était pas le montant.
C'était la signature numérique.
La sienne.
— Ce n'est pas possible, murmura-t-il.
Mateus sourit.
— Pourtant, tu la regardes.
Diogo prit le téléphone.
Il vérifia plusieurs fois les informations.
Identifiant sécurisé.
Adresse IP.
Heure de connexion.
Authentification biométrique.
Tout semblait provenir de ses propres appareils.
— Quelqu'un a utilisé mon identité.
Mateus hocha la tête.
— Exactement.
Marina intervint :
— Qui avait accès à vos appareils ?
Diogo réfléchit.
Puis il regarda Helena.
Elle secoua immédiatement la tête.
— Je n'ai jamais touché à tes comptes.
Mateus ricana.
— Elle ment.
Helena répondit :
— Tu sais très bien que ce n'est pas moi.
— Alors demande-lui où elle était il y a trois semaines.
Diogo se tourna vers sa femme.
— Où étais-tu ?
Helena resta silencieuse.
— Helena ?
Elle finit par répondre :
— À Genève.
— Pourquoi ?
— Pour régler une affaire personnelle.
Mateus éclata de rire.
— Une affaire personnelle ?
Il sortit une photographie.
On y voyait Helena entrer dans un immeuble à Genève.
Un homme l'attendait.
Diogo regarda attentivement.
Puis son visage changea.
— C'est mon directeur informatique.
Helena baissa les yeux.
— Je peux expliquer.
— Tu avais rendez-vous avec lui ?
— Oui.
— Pourquoi ?
Elle prit une profonde inspiration.
— Parce que quelqu'un avait déjà pénétré dans ton système.
Diogo resta silencieux.
— Quand ?
— Il y a six mois.
— Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ?
Helena répondit :
— Parce que la personne qui avait piraté ton entreprise connaissait tous tes codes.
Diogo fronça les sourcils.
— Qui ?
Helena regarda Mateus.
— Ton père.
Un silence brutal s'installa.
Auguste secoua la tête.
— Mon fils est mort.
Helena répondit :
— Son corps n'a jamais été retrouvé.
Diogo regarda Auguste.
— Tu m'as dit qu'il était mort.
— Je le croyais.
Mateus sourit.
— Parce que vous avez tous été manipulés.
Marina demanda :
— Alors où est-il ?
Mateus ne répondit pas.
Il regarda Diogo.
— Tu veux vraiment le savoir ?
— Oui.
— Alors regarde derrière toi.
Diogo se retourna.
Une silhouette se tenait au bout du couloir.
Un homme.
Grand.
Costume sombre.
Visage marqué par les années.
Diogo sentit ses jambes devenir faibles.
— Papa...
L'homme s'approcha.
C'était bien lui.
Gabriel Carter.
Le père de Diogo.
Celui que tout le monde croyait mort.
Celui dont le nom apparaissait dans les archives depuis des années.
Celui qui avait disparu après l'accident de sa femme.
Gabriel s'arrêta devant son fils.
— Tu as grandi.
Diogo ne bougea pas.
— Tu es vivant.
— Oui.
— Tu as laissé maman mourir.
Gabriel baissa les yeux.
— Oui.
Diogo sentit une rage immense monter en lui.
— Pourquoi ?
Gabriel regarda Marina.
— Parce que je voulais protéger mes enfants.
Marina éclata :
— Vous avez détruit nos vies !
Gabriel la regarda.
— Je sais.
— Mon père est mort à cause de vous !
— Je sais.
— Ma mère aussi !
Gabriel ferma les yeux.
— Je sais.
Diogo s'approcha.
— Alors pourquoi ?
Gabriel répondit :
— Parce qu'il y avait quelqu'un de plus puissant que moi.
Mateus intervint :
— Ne lui raconte pas tout.
Gabriel se tourna vers lui.
— Tu as déjà perdu.
Mateus sourit.
— Pas encore.
Il leva son arme.
Mais Auguste se plaça devant Gabriel.
Un coup de feu retentit.
Auguste s'effondra.
— Grand-père !
Diogo se précipita vers lui.
Marina s'agenouilla.
— Il respire.
Gabriel regarda Mateus.
— Maintenant, tout est fini.
Mateus recula.
Ses hommes commencèrent à fuir.
Les sirènes de police retentirent au loin.
Mateus comprit qu'il n'avait plus d'issue.
Il lâcha son arme.
Les policiers envahirent le bâtiment.
Mais avant d'être menotté, Mateus regarda Marina.
— Tu crois avoir gagné ?
Marina ne répondit pas.
— Le compte de quatre milliards n'est qu'une partie de l'argent.
Diogo se retourna.
— Qu'est-ce que tu racontes ?
Mateus sourit.
— Il existe un deuxième compte.
Marina fronça les sourcils.
— Où ?
Mateus répondit :
— Au nom de ta mère.
Puis il fut emmené.
À l'hôpital, Auguste survécut à l'opération.
Diogo resta assis dans le couloir pendant des heures.
Marina était à côté de lui.
Pour la première fois, aucun des deux ne parlait.
Puis Gabriel apparut.
Diogo se leva.
— Pourquoi es-tu revenu ?
Gabriel répondit :
— Parce que je n'ai plus rien à cacher.
Il posa un dossier devant son fils.
— Voici toute la vérité.
Diogo ouvrit le dossier.
La première page portait une date.
Il y a vingt-deux ans.
Puis un nom :
Projet Héritiers.
Marina se rapprocha.
— Encore ce projet.
Gabriel hocha la tête.
— Ce projet n'avait jamais pour objectif de contrôler votre argent.
— Alors quoi ?
Gabriel regarda ses deux enfants.
— Il avait pour objectif de contrôler vos vies.
Diogo fronça les sourcils.
Gabriel continua :
— Vos naissances ont été planifiées.
Marina resta figée.
— Quoi ?
— Vos parents avaient découvert un réseau capable de manipuler des héritiers de grandes fortunes.
— Et nous étions leurs cibles ?
— Oui.
Gabriel regarda Marina.
— António a essayé de vous protéger.
Puis il regarda Diogo.
— Elena aussi.
— Et toi ?
Gabriel baissa la tête.
— J'ai échoué.
Diogo sentit ses yeux se remplir de larmes.
— Tu as laissé maman mourir.
— Oui.
— Et tu as laissé Marina grandir sans connaître sa famille.
— Oui.
Gabriel posa une clé sur la table.
— Mais j'ai conservé une dernière preuve.
Diogo la prit.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Le coffre de ta mère.
Marina regarda la clé.
— Il est où ?
Gabriel répondit :
— Dans la maison où elle est morte.
Diogo se figea.
— La maison a brûlé.
Gabriel secoua la tête.
— Pas cette maison.
Il regarda Marina.
— Celle où tu as grandi.
Marina pâlit.
Elle comprit.
La petite maison qu'elle avait toujours considérée comme la maison d'António...
cachait encore quelque chose.
Quelque chose que personne n'avait trouvé.
Et lorsque Gabriel ajouta :
— Le coffre contient le nom du véritable commanditaire.
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Diogo sut que leur histoire était loin d'être terminée.
À suivre…