CHAPITRE 10 — LA MAISON D’ANTÓNIO

CHAPITRE 10 — LA MAISON D’ANTÓNIO
La pluie tombait lorsque Diogo, Marina, Helena et Gabriel arrivèrent devant la petite maison où Marina avait grandi.
Pour Diogo, l'endroit semblait presque irréel.
Une vieille façade blanche.
Des volets délavés.
Un petit jardin envahi par les mauvaises herbes.
C'était ici que Marina avait passé toute son enfance.
C'était ici qu'António lui avait appris à lire.
Ici qu'il lui préparait le petit déjeuner.
Ici qu'il lui répétait chaque soir :
— Ne fais jamais confiance aux gens qui veulent savoir combien tu possèdes.
Marina regarda la maison.
— Je pensais connaître chaque centimètre de cet endroit.
Gabriel répondit :
— Ton père voulait que tu le croies.
Ils entrèrent.
Tout était resté presque intact.
Quelques meubles poussiéreux.
Des photographies.
Une vieille horloge.
Marina s'approcha d'une photo.
Elle représentait António tenant une petite fille.
Elle sourit tristement.
— J'avais six ans.
Diogo regarda la photo.
— Il avait l'air heureux.
— Il l'était.
Marina posa les doigts sur l'image.
— Avec lui, je ne manquais de rien.
Helena s'approcha.
— Il t'aimait énormément.
Marina se retourna.
— Vous le connaissiez bien ?
Helena acquiesça.
— Plus que tu ne l'imagines.
Elle s'arrêta devant une bibliothèque.
— C'est ici.
Gabriel regarda le mur.
— Où ?
Helena désigna une vieille photographie.
— Ton père avait l'habitude de déplacer ce cadre lorsqu'il voulait accéder à son coffre.
Marina retira le cadre.
Rien.
Elle inspecta le mur.
Puis remarqua une petite marque.
Elle appuya.
Un panneau s'ouvrit.
Derrière se trouvait un coffre métallique.
Marina introduisit la clé.
Le coffre s'ouvrit.
À l'intérieur se trouvaient plusieurs documents et une enveloppe.
Elle prit l'enveloppe.
Son nom était écrit dessus.
MARINA.
Elle l'ouvrit.
La lettre était d'António.
« Ma fille, si tu lis ceci, c'est que je n'ai pas réussi à te protéger jusqu'au bout. »
Marina se mit à pleurer.
« Tu dois savoir que je n'ai jamais regretté de t'avoir élevée. Tu es ma fille, même si notre sang ne nous relie pas. »
Marina porta la lettre contre son cœur.
Puis elle continua.
« Mais il existe une vérité que je t'ai cachée. »
Elle releva les yeux.
Diogo attendait.
« Ta mère n'est pas morte dans l'accident. »
Marina se figea.
« Elle a survécu pendant trois jours. »
Le silence devint glacial.
— Trois jours ? murmura Marina.
Gabriel baissa la tête.
António poursuivait :
« Elle m'a demandé de protéger son enfant. »
Marina trembla.
« Mais elle savait qu'elle allait mourir. Alors elle m'a confié un nom. »
Une dernière phrase apparut :
« Le nom est dans le deuxième coffre. »
Diogo fronça les sourcils.
— Deuxième coffre ?
Marina retourna le document.
Une petite clé était collée derrière.
Gabriel la reconnut immédiatement.
— Je pensais qu'elle avait disparu.
Ils cherchèrent partout.
Puis Marina remarqua une latte différente sous le plancher.
Ils la soulevèrent.
Un second coffre apparut.
À l'intérieur :
un passeport,
une clé USB,
une photographie,
et un contrat.
Diogo prit le contrat.
Son visage changea.
— C'est impossible.
Marina s'approcha.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Diogo lui montra la signature.
Elle appartenait à...
Helena.
Marina se retourna.
Helena devint blanche.
— Je peux expliquer.
Diogo la fixa.
— Tu savais.
— Oui.
— Depuis combien de temps ?
Helena pleurait.
— Depuis le jour où ta mère est morte.
Marina sentit son cœur se briser.
— Et tu ne m'as jamais rien dit ?
— Je voulais te protéger.
Marina répondit :
— Tout le monde utilise cette excuse.
Elle prit la clé USB.
— Cette fois, nous allons regarder la vérité.
Elle la brancha.
Une vidéo apparut.
La mère de Marina était assise dans une chambre d'hôpital.
Elle semblait faible.
Mais elle souriait.
— Si tu regardes ceci, ma fille, c'est que tu es enfin en sécurité.
Marina porta une main à sa bouche.
La femme continua :
— Je veux que tu saches une chose.
Elle prit une respiration.
— Ce n'est pas Mateus qui a commencé tout cela.
Diogo regarda Gabriel.
La vidéo continua :
— Le véritable responsable est la personne qui contrôle toutes les familles dont les fortunes sont liées à la nôtre.
Puis elle prononça un nom.
Marina se figea.
Diogo également.
Parce qu'ils connaissaient cet homme.
Il avait toujours été considéré comme leur allié.
Le président de leur conseil d'administration.
CHAPITRE 11 — LE PRÉSIDENT
Diogo regardait l'écran sans bouger.
Le nom venait d'être prononcé.
Richard Valmont.
L'homme qui dirigeait le conseil d'administration de Carter Holdings depuis plus de quinze ans.
L'homme que Diogo appelait autrefois « son mentor ».
L'homme qui avait accompagné son père à tous les grands événements.
L'homme qui avait assisté aux funérailles de sa mère.
Marina murmura :
— Il était là...
Gabriel acquiesça.
— Depuis le début.
Diogo serra les poings.
— Pourquoi ?
La vidéo continuait.
La mère de Marina expliquait :
— Richard ne voulait pas seulement l'argent.
Elle regarda la caméra.
— Il voulait contrôler les héritiers.
Puis elle prononça une phrase qui glaça Diogo :
— Votre père travaillait pour lui.
Gabriel ferma les yeux.
Diogo se retourna.
— C'est vrai ?
Gabriel répondit :
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce que Richard avait des preuves contre lui.
— Quelles preuves ?
— Des preuves concernant l'accident de ta mère.
Diogo recula.
— Il pouvait faire accuser mon père.
— Exactement.
Marina comprit.
— Alors votre père était prisonnier de Richard.
Gabriel acquiesça.
— Pendant des années.
Diogo regarda la vidéo.
La mère de Marina ajouta :
— Si Richard découvre que vous savez, il fera tout pour vous détruire.
Puis l'écran devint noir.
Marina retira la clé USB.
— Nous devons prévenir la police.
Gabriel secoua la tête.
— Pas encore.
Diogo le regarda.
— Pourquoi ?
— Parce que Richard contrôle plusieurs membres des forces de sécurité.
Marina soupira.
— Alors que faisons-nous ?
Gabriel répondit :
— Nous devons le faire parler.
Diogo comprit.
— Nous devons lui faire croire qu'il a gagné.
Le lendemain matin, Diogo convoqua une réunion exceptionnelle du conseil d'administration.
Richard Valmont arriva avec son sourire habituel.
— Diogo, j'ai appris ce qui s'est passé.
Il serra sa main.
— Heureusement que tu es sain et sauf.
Diogo sourit.
— Moi aussi.
Richard regarda Marina.
— Et vous devez être la jeune femme dont tout le monde parle.
Marina répondit :
— Marina Ribeiro.
Richard pâlit légèrement.
Une fraction de seconde.
Mais Diogo le remarqua.
— Vous connaissez mon nom ?
Richard sourit.
— Tout le monde le connaît maintenant.
Diogo prit place.
— J'ai décidé de vendre une partie de mes actions.
Richard se pencha.
— Pourquoi ?
— Parce que j'ai besoin de liquidités.
— Combien ?
— Quatre milliards.
Richard resta silencieux.
Marina observa son visage.
Il avait mordu à l'hameçon.
Richard répondit :
— C'est une opération considérable.
— Vous pourriez la faciliter.
Richard sourit.
— Bien sûr.
La réunion se termina.
Richard quitta la salle.
Mais il ne savait pas qu'une caméra cachée avait enregistré chaque seconde.
Dans une voiture garée à proximité, Diogo, Marina et Gabriel regardaient les images.
Richard entra dans un véhicule.
Puis son téléphone sonna.
— Oui.
Une voix répondit :
— Il possède les documents.
Richard murmura :
— Alors éliminez-le.
Marina se tourna vers Diogo.
— Nous l'avons.
Mais Gabriel secoua la tête.
— Non.
— Pourquoi ?
— Parce que cette voix n'appartient pas à Richard.
Diogo fronça les sourcils.
— Quoi ?
Gabriel augmenta le son.
La conversation continua.
— Et la fille ?
Richard répondit :
— Elle ne sait toujours pas qui elle est.
Marina devint pâle.
— Qui je suis ?
Puis la voix au téléphone prononça une phrase :
— Elle n'est pas seulement l'héritière d'António. Elle est la seule personne capable d'ouvrir le compte original.
Diogo regarda Marina.
Elle serra le médaillon.
Puis la voix ajouta :
— Tuez-la avant qu'elle découvre son vrai nom.
La communication s'arrêta.
Marina resta silencieuse.
— Mon vrai nom ?
Gabriel la regarda.
— Il y a encore quelque chose que nous ne savons pas.
CHAPITRE 12 — LE VRAI NOM DE MARINA
Cette nuit-là, Marina ne dormit pas.
Elle resta assise devant la fenêtre de l'hôtel, le médaillon entre les doigts.
Depuis vingt ans, elle avait cru connaître son identité.
Marina Ribeiro.
Fille d'António.
Une jeune femme sans fortune.
Une femme de ménage qui avait travaillé pour survivre.
Et maintenant, tout était remis en question.
Diogo entra.
— Tu es encore réveillée.
— Je ne peux pas dormir.
Il s'assit près d'elle.
— Moi non plus.
Marina sourit faiblement.
— Tu crois que je suis vraiment quelqu'un d'autre ?
— Je ne sais pas.
Il lui tendit un dossier.
— Mais nous allons le découvrir.
Elle l'ouvrit.
À l'intérieur se trouvait un certificat de naissance.
Le document était ancien.
Son nom était presque effacé.
Marina lut :
« Enfant : Sofia Elena Ribeiro. »
Elle fronça les sourcils.
— Sofia ?
Diogo répondit :
— Le prénom de notre mère.
Puis Marina vit une autre ligne.
« Père : Gabriel Carter. »
Elle releva brutalement les yeux.
Gabriel entra dans la pièce.
— C'est vrai.
Marina se leva.
— Vous êtes mon père ?
Gabriel acquiesça.
— Oui.
Marina resta sans voix.
— Alors António...
— Était ton père adoptif.
Elle sentit les larmes monter.
— Pourquoi personne ne m'a jamais dit ?
Gabriel répondit :
— Parce que si Richard avait appris que tu étais ma fille, il t'aurait tuée.
Marina secoua la tête.
— Vous m'avez abandonnée.
— Non.
Gabriel s'approcha.
— Je t'ai cachée.
— C'est la même chose pour une enfant.
Il baissa les yeux.
— Peut-être.
Marina pleurait maintenant.
— Je voulais simplement savoir qui était ma famille.
Gabriel répondit :
— Ta famille t'a toujours aimée.
— Alors pourquoi ai-je dû grandir seule ?
Il n'eut aucune réponse.
Diogo posa une main sur son épaule.
— Tu n'es plus seule.
Marina le regarda.
Puis elle serra le médaillon.
Soudain, celui-ci s'ouvrit.
À l'intérieur se trouvait une minuscule puce électronique.
Diogo fronça les sourcils.
— Ce n'était pas une simple clé.
Marina la regarda.
— Qu'est-ce que c'est ?
Gabriel répondit :
— Un identifiant biologique.
— Pour quoi ?
— Pour le compte original.
Ils branchèrent la puce à un ordinateur sécurisé.
Un écran apparut.
IDENTIFICATION REQUISE.
Marina posa son doigt sur le lecteur.
L'écran clignota.
Puis :
ACCÈS AUTORISÉ.
Une liste de comptes apparut.
Des dizaines.
Puis un compte principal.
FONDS CARTER ORIGINAL : 12 700 000 000 €
Marina porta une main à sa bouche.
— Douze milliards...
Mais il y avait autre chose.
Un fichier crypté.
PROJET HÉRITIERS — ARCHIVE FINALE.
Diogo l'ouvrit.
Une vidéo apparut.
La mère de Marina était devant la caméra.
Mais cette fois, elle semblait beaucoup plus jeune.
Elle tenait un bébé dans ses bras.
— Si vous regardez cette vidéo, vous devez savoir une chose.
Elle regarda directement l'objectif.
— Marina n'est pas née pour hériter de mon argent.
Elle sourit tristement.
— Elle est née pour révéler ce que j'ai découvert.
Diogo se pencha.
La femme continua :
— Richard Valmont n'est qu'un exécutant.
Marina murmura :
— Alors qui commande ?
La vidéo montra une photographie.
Un homme âgé.
Assis dans un fauteuil.
Marina regarda l'image.
Puis son visage se décomposa.
Elle connaissait cet homme.
Elle l'avait vu chaque semaine pendant des années.
Il lui avait toujours parlé gentiment.
Il lui avait même offert son premier emploi.
Diogo demanda :
— Qui est-ce ?
Marina répondit d'une voix brisée :
— Le propriétaire de la maison où je travaillais.
Un silence.
Puis elle ajouta :
— Il savait tout.
L'écran afficha une dernière phrase :
« NE FAITES CONFIANCE À PERSONNE. »
À cet instant, le téléphone de Diogo sonna.
Un message.
« Vous avez découvert le compte. »
Puis un deuxième :
« Maintenant, vous allez découvrir pourquoi Marina devait devenir femme de ménage. »
Et enfin :
« Regardez sous son ancien uniforme. »
Marina se figea.
Elle comprit que quelqu'un les observait encore.
Quelqu'un qui connaissait chaque détail de son enfance.
Et quelque part dans cette histoire...
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quelqu'un savait exactement pourquoi elle avait été placée dans cette maison.
À suivre…