CHAPITRE 5 — LE SECRET DE MARINA

CHAPITRE 5 — LE SECRET DE MARINA
L'homme leva son arme.
Diogo n'eut pas le temps de réfléchir.
Il se jeta devant Marina.
— Courez !
Le coup de feu retentit.
La balle frappa la vieille étagère derrière eux.
Marina attrapa Helena par le bras.
— Par ici !
Elles coururent vers l'autre côté de la pièce.
Diogo renversa une table pour ralentir l'homme.
Mais l'intrus était rapide.
Il s'approcha.
— Donnez-moi le dossier !
Diogo le fixa.
— Tu le veux ?
Il leva le dossier.
— Viens le chercher.
L'homme tira une seconde fois.
Diogo se baissa.
La balle traversa le dossier.
Des feuilles volèrent dans la pièce.
Marina cria :
— Papa !
Le mot resta suspendu dans l'air.
Diogo se retourna.
Marina venait de réaliser ce qu'elle avait dit.
Elle porta une main à sa bouche.
— Je... je suis désolée.
Diogo la regarda.
Il n'y avait plus de colère dans ses yeux.
Seulement une émotion qu'il n'arrivait pas à comprendre.
— Tu peux m'appeler comme ça.
Marina se mit à pleurer.
Mais l'homme armé avançait encore.
Helena aperçut une vieille barre métallique posée près du mur.
Elle la saisit.
Puis frappa l'homme au bras.
L'arme tomba.
Diogo se précipita dessus.
Il la repoussa du pied.
L'intrus recula.
Puis il s'enfuit par l'escalier.
Diogo voulut le poursuivre.
Mais Marina cria :
— Non !
Il s'arrêta.
— Il veut le dossier.
Elle désigna les documents éparpillés.
— C'est ce qu'il cherche.
Diogo comprit.
Ils devaient sortir avec les preuves.
Quelques minutes plus tard, ils atteignirent une pièce sécurisée.
Diogo verrouilla la porte.
Il regarda Marina.
Elle était encore sous le choc.
— Est-ce vrai ?
Helena hocha la tête.
— Oui.
Marina murmura :
— Je suis votre fille ?
Helena répondit :
— Oui.
Marina secoua la tête.
— Non.
Elle regarda Diogo.
— Je ne peux pas être sa sœur.
— Pourquoi ?
— Parce que mon père s'appelait António Ribeiro.
Helena ferma les yeux.
— António était ton père adoptif.
Marina resta immobile.
— Quoi ?
Helena continua :
— Ta mère biologique était la sœur de Diogo.
Diogo se figea.
— Ma tante ?
Helena acquiesça.
— Elle s'appelait Sofia.
Marina sentit ses jambes trembler.
— Où est-elle ?
Helena baissa la tête.
— Morte.
Marina ferma les yeux.
Elle avait passé toute sa vie à croire qu'António était son père biologique.
Il lui avait toujours dit que sa mère était morte lorsqu'elle était bébé.
Mais maintenant...
Tout était différent.
Diogo s'approcha lentement.
— Pourquoi personne ne nous a jamais dit la vérité ?
Helena répondit :
— Parce que Mateus voulait récupérer l'héritage de ta famille.
Marina fronça les sourcils.
— Quel héritage ?
Helena regarda Diogo.
— Votre grand-père avait divisé son patrimoine en deux.
— En deux ?
— Une partie pour Diogo.
Elle regarda Marina.
— Et une autre pour Sofia.
Diogo comprit.
— Donc Marina a hérité de la moitié.
— Oui.
Marina recula.
— C'est pour ça qu'ils me cherchaient.
Helena acquiesça.
— Et c'est pour ça qu'António a été tué.
Marina pleurait.
— Pourquoi m'a-t-il abandonnée ?
Helena s'approcha.
— Il ne t'a jamais abandonnée.
Elle posa une vieille photographie devant elle.
On y voyait António tenant un bébé.
Au dos :
« Marina — pour toujours ma fille. »
Marina prit la photo contre sa poitrine.
— Il m'aimait.
— Plus que tout.
Marina ferma les yeux.
Pour la première fois depuis dix ans, elle pleura son père sans ressentir de colère.
Puis Diogo posa une main sur son épaule.
— Je suis désolé.
Marina leva les yeux.
— Pourquoi ?
— Parce que j'aurais dû te connaître depuis longtemps.
Elle sourit tristement.
— Moi aussi.
Un silence doux s'installa.
Mais il fut interrompu par le téléphone de Diogo.
Un message venait d'arriver.
« Vous avez cinq minutes. »
Puis un second :
« Ensuite, la maison brûlera. »
Diogo regarda Helena.
— Mateus.
Elle acquiesça.
— Il veut détruire les preuves.
Marina se leva.
— Alors nous devons les copier.
Diogo la regarda.
— Comment ?
Marina prit son ordinateur.
— Vous pensiez que j'étais seulement une femme de ménage.
Elle sourit légèrement.
— Mais avant de travailler ici, j'étais analyste financière.
Elle brancha le téléphone sur l'ordinateur.
— Et je sais récupérer les données supprimées.
Diogo sourit.
— Alors faisons-le.
Pendant plusieurs minutes, Marina transféra les fichiers.
Contrats.
Enregistrements.
Transactions.
Photographies.
Puis elle trouva un dossier caché.
Son nom apparut à l'écran.
MARINA RIBEIRO — DOSSIER 17.
Elle ouvrit le fichier.
Son visage devint livide.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Diogo.
Marina ne répondit pas.
Elle lut le document jusqu'au bout.
Puis elle murmura :
— Mon père n'a pas été tué pour l'argent.
Diogo s'approcha.
— Pourquoi alors ?
Marina leva les yeux.
— Parce qu'il avait découvert qui avait réellement tué votre mère.
Helena devint pâle.
— Qui ?
Marina regarda l'écran.
Un nom apparaissait dans le dossier.
Elle le prononça lentement :
— Votre propre père.
Diogo recula.
— Non.
— C'est écrit ici.
Helena secoua la tête.
— Impossible.
Marina tourna l'écran vers eux.
Une vidéo était jointe au dossier.
La date correspondait à la nuit de la mort de la mère de Diogo.
Diogo appuya sur lecture.
L'image était mauvaise.
Mais on distinguait clairement trois personnes dans une voiture.
Son père.
Mateus.
Et...
Une femme.
Diogo se pencha vers l'écran.
Il reconnut immédiatement son visage.
— Maman...
La vidéo continua.
La voix de son père résonna :
— Personne ne doit savoir.
Puis Mateus répondit :
— Et si elle parle ?
Le père de Diogo regarda la femme.
— Alors elle ne parlera plus.
La vidéo s'arrêta.
Diogo resta complètement immobile.
Toute sa vie venait de s'effondrer.
Son père n'avait pas seulement caché la vérité.
Il avait participé au meurtre de sa propre femme.
Et maintenant...
Marina détenait la seule preuve capable de le démontrer.
Soudain, une odeur de fumée envahit la pièce.
Helena regarda autour d'elle.
— Le feu a commencé.
Diogo prit Marina par la main.
— Nous devons sortir.
Mais Marina secoua la tête.
Elle regardait encore l'écran.
— Pas sans ça.
Elle copia le dernier fichier.
Puis l'ordinateur s'éteignit.
Les flammes commençaient déjà à gagner le couloir.
Diogo ouvrit la porte.
Une épaisse fumée entra.
Il regarda Marina.
— Prête ?
Elle hocha la tête.
— Oui.
Diogo prit sa sœur par la main.
Et pour la première fois...
ils quittèrent ensemble la maison qui avait caché leur existence pendant des années.
Derrière eux, les flammes dévoraient les secrets.
Mais une chose avait survécu.
La vérité.
May you like
Et cette vérité allait maintenant faire tomber l'homme le plus puissant de leur famille.
À suivre…