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CHAPITRE 7 — LE GRAND-PÈRE

CHAPITRE 7 — LE GRAND-PÈRE

Diogo resta pétrifié.

Pendant plusieurs secondes, personne ne parla.

L'homme devant eux semblait avoir vieilli, mais son visage était impossible à confondre.

Les mêmes yeux.

La même cicatrice au-dessus du sourcil.

La même voix grave que Diogo entendait encore dans ses souvenirs d'enfant.

— Grand-père...

L'homme sourit.

— Tu as enfin grandi.

Marina recula instinctivement.

— Mais... vous êtes mort.

L'homme la regarda.

— Tout le monde le croyait.

Helena tremblait.

— Auguste...

Il tourna lentement les yeux vers elle.

— Tu n'as pas changé, Helena.

Diogo sentit une colère immense monter en lui.

— Tu as tué ma mère ?

Auguste resta silencieux.

— Réponds-moi !

— Ta mère était une femme brillante.

— Ce n'est pas ma question.

Auguste soupira.

— Elle avait découvert quelque chose qu'elle n'aurait jamais dû découvrir.

Marina s'interposa.

— Elle savait que vous contrôliez l'argent de la famille.

Auguste sourit.

— Plus que cela.

Il regarda Diogo.

— Elle savait que ton père n'était pas l'héritier légitime de l'empire.

Diogo fronça les sourcils.

— Quoi ?

Auguste s'approcha.

— Ton père n'était pas mon fils biologique.

Le silence fut total.

Diogo recula.

— Tu mens.

— Non.

Auguste regarda Marina.

— Et ta mère était ma fille.

Marina se figea.

— Quoi ?

— Sofia était ma fille.

Marina sentit ses jambes trembler.

— Alors...

Elle regarda Diogo.

— Nous ne sommes pas frère et sœur ?

Auguste secoua la tête.

— Non.

Diogo resta immobile.

Toute leur histoire venait de changer une nouvelle fois.

Auguste continua :

— Sofia était ma fille. António l'a protégée. C'est pour cela qu'il a été éliminé.

Marina avait les larmes aux yeux.

— Pourquoi m'avez-vous laissée croire que j'étais sa fille ?

— Parce que c'était plus sûr.

— Vous m'avez cachée pendant vingt ans !

— Je t'ai protégée.

Marina éclata de rire, un rire douloureux.

— Vous appelez ça protéger ?

Auguste ne répondit pas.

Diogo s'approcha.

— Et ma mère ?

Auguste regarda le sol.

— Elle voulait révéler la vérité.

— Alors vous l'avez tuée.

— Je lui ai donné une chance de partir.

— Et elle a refusé ?

— Oui.

Diogo serra les poings.

— Vous avez ordonné sa mort.

Auguste resta silencieux.

Ce silence était une réponse.

Diogo se jeta sur lui.

Marina cria :

— Diogo !

Helena intervint.

— Non !

Diogo s'arrêta à quelques centimètres du visage du vieil homme.

Auguste ne bougea pas.

— Tu peux me frapper, dit-il.

— Je devrais.

— Peut-être.

Diogo tremblait.

— Pourquoi ?

Auguste répondit :

— Parce que j'ai détruit ta famille.

Puis il ajouta :

— Mais je ne suis pas celui qui a tué ta mère.

Diogo fronça les sourcils.

— Alors qui ?

Auguste regarda Helena.

— Elle.

Helena devint livide.

— Non.

Marina se retourna vers elle.

— Vous avez tué ma mère ?

— Non !

Helena se mit à pleurer.

— Je n'ai jamais tué personne.

Auguste sortit une photographie.

Il la tendit à Diogo.

Sur l'image, Helena se trouvait devant la voiture de la mère de Diogo.

Quelques minutes avant l'accident.

Diogo regarda la photo.

— Qu'est-ce que c'est ?

Helena secoua la tête.

— Je peux expliquer.

— Alors explique !

Elle ferma les yeux.

— J'étais là.

— Pourquoi ?

— Parce que ta mère m'avait demandé de venir.

— Pour quoi ?

Helena murmura :

— Pour lui donner les documents.

Diogo se tut.

— Quels documents ?

Helena regarda Auguste.

— Ceux qui prouvaient que ton père avait détourné une partie de l'empire.

Diogo sentit son cœur se serrer.

— Et ensuite ?

— La voiture est partie.

Elle pleurait.

— Quelques minutes plus tard, j'ai appris qu'elle avait eu un accident.

— Qui conduisait ?

Helena ne répondit pas.

Auguste intervint :

— Ton père.

Diogo se figea.

— Mon père était dans la voiture ?

— Oui.

— Il a survécu ?

Auguste hocha la tête.

— Oui.

Diogo sentit sa respiration se couper.

— Alors pourquoi m'a-t-il dit qu'il n'était pas là ?

Auguste répondit :

— Parce qu'il voulait que tu croies que ta mère était morte seule.

Marina regarda le vieil homme.

— Et pourquoi ?

Auguste répondit :

— Parce que ton père savait qu'elle allait parler.

Diogo secoua la tête.

— Tout le monde ment.

Auguste sourit tristement.

— C'est ce que font les familles puissantes.

Puis il s'approcha du coffre.

— Mais il reste une dernière chose.

Il prit le testament.

— Ce document prouve que ton père avait prévu de transférer l'empire à quelqu'un d'autre.

Diogo regarda la signature.

— À qui ?

Auguste retourna le document.

Le nom était écrit en bas.

MARINA RIBEIRO.

Marina resta sans voix.

— Moi ?

Auguste acquiesça.

— Ton père voulait te donner la moitié de l'empire.

Diogo regarda Marina.

— C'est pour ça qu'ils ont essayé de te tuer.

Marina comprit.

Les billets.

Les comptes.

Le coffre.

António.

Sa mère.

Tout était lié.

Mais soudain, un bruit de moteur retentit à l'extérieur.

Auguste regarda la porte.

— Ils sont arrivés.

Diogo demanda :

— Qui ?

Auguste répondit :

— Les hommes de Mateus.

Helena pâlit.

— Combien ?

— Assez pour nous empêcher de sortir.

Marina prit le testament.

— Alors on fait quoi ?

Auguste regarda Diogo.

— Tu dois choisir.

— Choisir quoi ?

— Sauver l'empire...

Il regarda Marina.

— ...ou sauver ta famille.

Diogo répondit sans hésiter :

— Ma famille.

Auguste sourit.

— C'est exactement ce que j'espérais que tu répondes.

Il ouvrit une porte cachée derrière la tombe.

— Il y a un tunnel.

Marina regarda le passage.

— Où mène-t-il ?

Auguste répondit :

— À l'endroit où tout a commencé.

Diogo fronça les sourcils.

— Où ?

Auguste le fixa.

— À l'hôpital où ta mère a donné naissance à Marina.

Soudain, une explosion retentit à l'extérieur.

Le mausolée trembla.

La poussière tomba du plafond.

Auguste cria :

— Vite !

Ils entrèrent dans le tunnel.

Mais juste avant de refermer la porte, Diogo aperçut quelque chose sur le sol.

Une vieille photographie.

Il la ramassa.

Et son visage se décomposa.

Sur la photo se trouvaient trois personnes :

sa mère,

son père,

et...

Mateus Ribeiro.

Mais derrière eux se trouvait un quatrième homme.

Un homme que Diogo n'avait encore jamais vu.

Au dos de la photographie, une phrase était écrite :

« Le véritable maître est toujours resté dans l'ombre. »

Diogo releva les yeux.

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Et pour la première fois, il comprit que même Auguste ne connaissait peut-être pas toute la vérité.

À suivre…

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