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CHAPITRE 2 — L'HOMME DERRIÈRE LE MIROIR

CHAPITRE 2 — L'HOMME DERRIÈRE LE MIROIR

Je regardai la photographie.

Pendant plusieurs secondes, je refusai de croire ce que mes yeux voyaient.

L'homme debout derrière Camila n'était pas un inconnu.

Ce n'était pas son avocat.

Ce n'était pas son amant.

Ce n'était même pas un associé.

C'était mon propre frère, Rafael.

Mon frère cadet.

L'homme à qui j'avais confié les clés de mon empire lorsque mon accident m'avait cloué dans ce fauteuil.

Je relevai lentement les yeux vers Camila.

Elle avait cessé de pleurer.

Son visage était devenu parfaitement immobile.

— Tu savais qu'il viendrait ?

Elle ne répondit pas.

Je pris la photographie entre mes doigts.

— Depuis combien de temps ?

Camila murmura :

— Tu ne comprends pas.

— Alors explique-moi.

Elle regarda la porte.

Les policiers étaient toujours dehors.

Mon avocat attendait.

— Rafael n'est pas celui que tu crois.

Je ris froidement.

— C'est exactement ce que je pensais de toi il y a trois ans.

Elle baissa les yeux.

— Il voulait seulement récupérer ce qui lui appartenait.

— Ce qui lui appartenait ?

Je posai brutalement la photographie sur la table.

— Mon entreprise porte mon nom. Mes contrats portent mon nom. Mes employés travaillent pour moi. Qu'est-ce qui lui appartenait ?

Camila ne répondit pas.

Mon avocat s'approcha.

— Monsieur, nous avons découvert plusieurs transferts.

— Vers quel compte ?

— Un compte offshore.

— Au nom de qui ?

Il hésita.

Puis il répondit :

— Rafael Costa.

Je fermai les yeux.

Tout devenait clair.

Mais une question restait.

— Pourquoi ?

Mon avocat ouvrit un second dossier.

— Parce que votre accident n'était probablement pas un accident.

Je le regardai.

— Je sais.

— Non, monsieur.

Il posa une photo devant moi.

— Nous pensons que l'accident initial qui vous a rendu paralysé était également organisé.

Je restai immobile.

Mon cœur se mit à battre plus vite.

— Quoi ?

— Le système de freinage de votre voiture avait été saboté.

Je regardai Camila.

Elle détourna les yeux.

— Depuis combien de temps le savez-vous ?

Mon avocat répondit :

— Depuis deux semaines.

— Et pourquoi ne m'avez-vous rien dit ?

— Nous voulions avoir des preuves.

Je regardai de nouveau la photographie.

Rafael.

Camila.

Tous les deux devant une voiture.

La voiture de mon accident.

Je sentis une colère froide monter en moi.

Pendant trois ans, j'avais cru avoir perdu mes jambes à cause d'un simple accident.

Pendant trois ans, j'avais cru que ma femme était restée auprès de moi par amour.

Pendant trois ans, j'avais cru pouvoir faire confiance à mon frère.

Et tout cela était faux.


La police entra finalement dans la villa.

Deux agents s'approchèrent de Camila.

— Madame, vous devez nous accompagner.

Elle me regarda.

— Tu vas vraiment me laisser partir comme ça ?

Je ne répondis pas.

Elle s'approcha de moi.

— Après tout ce qu'on a vécu ?

Je la fixai.

— Ce que nous avons vécu n'était pas un mariage.

Elle fronça les sourcils.

— Alors quoi ?

— Une mise en scène.

Les policiers lui passèrent les menottes.

Elle se débattit légèrement.

— Nathan, écoute-moi !

Je ne bougeai pas.

— Rafael m'a manipulée !

Je restai silencieux.

— Il m'a dit que tu ne pourrais jamais récupérer ton empire !

Toujours rien.

— Il m'a dit que tu étais déjà condamné !

Je la regardai enfin.

— Et tu l'as cru.

Elle pleura.

— Oui.

Je répondis simplement :

— C'était ton choix.

Elle fut emmenée.

Les portes se refermèrent derrière elle.

Et soudain...

la villa devint silencieuse.


Je m'assis dans le fauteuil qui se trouvait près de la fenêtre.

Mon avocat me regarda.

— Vous devriez vous reposer.

— Non.

— Monsieur...

— Où est Rafael ?

Il hésita.

— Il a disparu.

Je me levai.

— Depuis quand ?

— Depuis environ trois heures.

— Et son téléphone ?

— Éteint.

Je regardai la mer.

— Il savait.

— Quoi ?

— Il savait que Camila allait échouer.

Mon avocat fronça les sourcils.

— Comment pouvez-vous en être certain ?

Je montrai la photographie.

— Parce que cette photo a été prise hier.

Il resta silencieux.

— Rafael savait que je reviendrais.

Je me retournai.

— Et il savait exactement où je serais.

Mon avocat comprit.

— Vous pensez qu'il prépare autre chose.

— Je n'en pense pas.

Je regardai la caméra de sécurité.

— J'en suis certain.


Cette nuit-là, je ne dormis pas.

Je regardai toutes les vidéos enregistrées au cours des trois dernières années.

Chaque conversation.

Chaque déplacement.

Chaque visite.

Puis je trouvai quelque chose.

Une vidéo enregistrée six mois avant mon accident.

Rafael entrait dans mon bureau.

Il regardait autour de lui.

Puis il ouvrait mon coffre.

Je zoomai.

Il ne cherchait pas d'argent.

Il cherchait un dossier.

Un dossier rouge.

Je me levai brusquement.

— Arrêtez la vidéo.

Mon avocat rembobina.

Rafael sortit le dossier.

Puis quelqu'un entra derrière lui.

Je me figeai.

Je connaissais cette personne.

C'était mon père.

Mort depuis huit ans.

Je regardai l'écran sans respirer.

Mon avocat murmura :

— Monsieur...

— Je sais.

Sur la vidéo, mon père parlait à Rafael.

Même sans le son, je pouvais lire sur leurs lèvres.

Puis mon père lui remit une enveloppe.

Rafael la prit.

Et avant de partir, mon père posa une main sur son épaule.

Je compris alors quelque chose de terrible.

Mon père avait peut-être organisé une partie de tout cela avant sa mort.

Mais pourquoi ?

Je demandai :

— Pouvez-vous restaurer le son ?

— Je vais essayer.

Quelques minutes plus tard...

la voix de mon père remplit la pièce.

« Tu dois protéger Nathan. Même s'il te déteste pour ça. »

Je me figeai.

Rafael répondit :

— « Et si Camila découvre la vérité ? »

Mon père :

— « Alors elle fera ce qu'elle fait toujours. Elle cherchera l'argent. »

Rafael :

— « Et l'accident ? »

Mon père resta silencieux.

Puis il dit :

— « Il doit croire qu'il a perdu ses jambes. Sinon ils le tueront vraiment. »

Je reculai.

— Non...

Mon avocat me regarda.

La vidéo continuait.

Mon père expliquait quelque chose.

— « Tant que Nathan passera pour un homme brisé, ils le laisseront tranquille. »

Rafael demanda :

— « Combien de temps ? »

— « Jusqu'à ce qu'il découvre qui est derrière tout ça. »

La vidéo s'arrêta.

Je restai immobile.

Mon père...

mon propre père...

avait su.

Il avait organisé ma fausse paralysie.

Pas pour me détruire.

Mais pour me protéger.

Je pris ma tête entre mes mains.

— Alors qui sont « ils » ?

Mon avocat ne répondit pas.

Puis mon téléphone vibra.

Un numéro inconnu.

Un message.

« Ton père avait raison. »

Puis un second.

« Mais il n'a jamais réussi à découvrir notre identité. »

Mon sang se glaça.

Un troisième message apparut.

« Rafael est avec nous. »

Je me levai.

— Non.

Mon avocat regarda l'écran.

— Monsieur...

Un dernier message arriva.

« Si vous voulez revoir votre frère vivant, venez seul. »

Puis une adresse.

Une ancienne usine abandonnée au bord de la ville.

Je regardai l'heure.

23 h 47.

Je pris mon manteau.

Mon avocat me barra le passage.

— Vous ne pouvez pas y aller seul.

Je répondis :

— Justement.

— C'est un piège.

— Je sais.

— Alors pourquoi y aller ?

Je regardai la photographie de Rafael.

— Parce que, pour la première fois depuis trois ans...

je sais exactement ce que je dois faire.

Je pris les clés.

Mais avant de sortir, mon téléphone vibra une dernière fois.

Une vidéo venait d'arriver.

Je l'ouvris.

Rafael était assis sur une chaise.

Les mains attachées.

Un homme masqué se tenait derrière lui.

Puis une voix prononça une phrase qui me glaça le sang :

« Nathan, tu pensais que ta femme voulait ton empire. »

L'homme se pencha vers Rafael.

« Elle ne voulait que l'argent. Nous, nous voulons quelque chose de beaucoup plus précieux. »

La vidéo s'arrêta.

Je regardai mon avocat.

— Qu'est-ce qu'ils peuvent bien vouloir de moi ?

Il ne répondit pas.

Parce qu'à cet instant, une nouvelle notification apparut.

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« Nous voulons le coffre de votre père. »

Et je compris que ma survie n'était que le début d'une guerre beaucoup plus grande.

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