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CHAPITRE 14 — LE SANG DU FONDATEUR

CHAPITRE 14 — LE SANG DU FONDATEUR

Personne ne parla.

Mon père resta immobile devant l'écran.

Je le fixais.

— Tu savais.

Il ne répondit pas.

Tu savais depuis le début.

Il baissa finalement les yeux.

— Oui.

Rafael recula.

— Alors qui sommes-nous ?

Mon père leva la tête.

— Mes fils.

— Ce n'est pas ce que je demande !

Ma voix résonna dans la pièce.

— Qui es-tu réellement ?

Il ferma les yeux.

Puis il prononça enfin le nom que nous n'avions jamais osé imaginer.

Alexander Martin était mon père.

Un silence terrible.

— Je suis né sous un autre nom.

Il regarda chacun de nous.

— Gabriel Martin n'était pas mon vrai nom.

Je sentis mon cœur accélérer.

— Alors quel est ton nom ?

Il répondit :

Lucas Alexander Martin.

Elena murmura :

— Le fils du fondateur...

Il acquiesça.

— Oui.


Je reculai.

Tout ce que nous pensions savoir s'effondrait.

— Pourquoi nous avoir menti ?

Mon père répondit :

— Parce qu'Alexander voulait faire de moi son successeur.

— Et tu as refusé.

— Au début.

Il regarda l'écran.

— Mais lorsque j'ai compris l'étendue de son pouvoir, il était déjà trop tard.

Rafael demanda :

— Alors pourquoi avoir créé l'Ordre Noir ?

— Pour détruire la Fondation.

Je secouai la tête.

— Mais tu nous as impliqués.

— Je voulais vous protéger.

— En nous transformant en héritiers ?

Il resta silencieux.

— Tu nous as utilisés.

— Oui.

Ce mot me frappa plus durement que tout le reste.

Il ne chercha même pas à se défendre.

— J'ai commis la même erreur qu'Alexander.


Soudain, Elias apparut de nouveau sur l'écran.

— Voilà pourquoi vous êtes réunis.

Je le regardai.

— Tu savais tout ça.

— Depuis le début.

— Alors pourquoi maintenant ?

Il sourit.

— Parce que le temps est venu.

— Pour quoi ?

L'écran changea.

Une carte du monde apparut.

Des centaines de points rouges s'allumèrent.

— La Fondation n'était qu'une branche.

— Le Cercle était une autre.

— L'Ordre Noir en était une troisième.

Puis les points rouges se multiplièrent.

— Mais il existe une structure au-dessus de toutes les autres.

Je demandai :

— Laquelle ?

Elias répondit :

LE CONSORTIUM.


Adrian s'approcha de l'écran.

— Je connais ce nom.

Je le regardai.

— Comment ?

— Dans les archives d'Alexander.

Il ferma les yeux.

— Il disait que le Consortium ne pouvait jamais être détruit.

Elias acquiesça.

— Parce qu'il n'est pas dirigé par une personne.

— Alors par qui ?

— Par un conseil.

— Combien ?

— Douze.

Ma mère murmura :

— Les Douze.

Elias la regarda.

— Oui.

Je compris.

— Et notre famille ?

— Votre famille était l'une des douze lignées fondatrices.

Je restai sans voix.

— Il y en a onze autres ?

— Oui.

— Et elles sont toujours actives ?

Elias sourit.

— Elles viennent de recevoir la nouvelle de votre survie.

Rafael serra les poings.

— Ils vont venir.

— Exactement.


Un bruit retentit derrière nous.

BOUM.

La porte métallique trembla.

Elias parla rapidement.

— Ils vous ont trouvés.

Je regardai Adrian.

— Combien ?

Il écouta.

— Beaucoup.

Un autre impact.

BOUM !

La porte se fissura.

Elias cria :

— Il existe une sortie derrière l'écran !

Elena courut vers le panneau.

— Elle est verrouillée !

— Nathan !

Je m'approchai.

Une empreinte apparut.

DIRECTEUR FINAL.

Je posai ma main.

La porte s'ouvrit.

Nous nous précipitâmes dans le passage.

Derrière nous, la porte principale explosa.

Des hommes envahirent la salle.


Nous courûmes dans le tunnel.

Rafael regarda derrière lui.

— Ils nous suivent !

Mon père répondit :

— Continuez !

Puis un tir retentit.

Mon père s'effondra.

— PAPA !

Je me retournai.

Il était touché à l'épaule.

Je voulus revenir.

— Laisse-moi !

— Non !

Il me repoussa.

— Tu dois partir.

— Je ne vais pas t'abandonner !

Il me regarda droit dans les yeux.

— Nathan...

Il sourit.

— Cette fois, c'est moi qui vais te protéger.

Rafael et moi le portâmes.

Nous atteignîmes une porte.

Elena l'ouvrit.

Nous débouchâmes dans une rue déserte.

Des voitures nous attendaient.

Mais personne ne semblait à l'intérieur.

Puis les portes s'ouvrirent.

Une femme descendit.

Je la reconnus immédiatement.

Camila.

Je restai pétrifié.

— Comment es-tu arrivée ici ?

Elle répondit :

— Elias m'a prévenue.

Je regardai derrière elle.

— Tu savais tout ?

Elle secoua la tête.

— Non.

Puis elle regarda mon père blessé.

— Mais maintenant, je sais qui il est.


Nous montâmes dans les voitures.

Camila conduisit.

Pendant plusieurs minutes, personne ne parla.

Puis elle me regarda dans le rétroviseur.

— Nathan...

— Quoi ?

— Tu dois savoir quelque chose.

— Encore ?

Elle acquiesça.

— Je n'étais pas seulement envoyée pour te surveiller.

Je fronçai les sourcils.

— Alors pourquoi ?

— Pour te préparer.

— À quoi ?

Elle hésita.

— À devenir le chef du Consortium.

Je ris nerveusement.

— Je ne veux pas de ce pouvoir.

— Je sais.

— Alors pourquoi moi ?

Elle répondit :

— Parce que tu es le seul héritier qui a détruit le système au lieu de le contrôler.

Je restai silencieux.

— Ils ont peur de toi.


La voiture s'arrêta devant une vieille maison.

Nous entrâmes.

Mon père fut installé sur un lit.

Elena soigna sa blessure.

Puis il demanda :

— Où est Elias ?

Camila répondit :

— Il est resté derrière.

— Pourquoi ?

Elle regarda le sol.

— Pour gagner du temps.

Mon père ferma les yeux.

— Il savait qu'il allait mourir.

Je compris.

— Il nous a sauvés.

Personne ne répondit.


À l'aube, mon père m'appela.

Je m'assis près de lui.

— Nathan.

— Oui ?

Il me tendit une petite clé.

— Alexander me l'a donnée avant sa mort.

Je la regardai.

Elle était différente des autres.

Aucune inscription.

— Qu'est-ce qu'elle ouvre ?

Mon père répondit :

— Le coffre du fondateur.

— Où ?

Il regarda par la fenêtre.

— Sous le premier bâtiment de la Fondation.

— Il a été détruit.

— Non.

Je le regardai.

— Alors où est-il ?

Il murmura :

Sous Paris.

Je compris immédiatement.

— Le tunnel.

Il acquiesça.

— Mais il y a une dernière chose.

— Quoi ?

Son regard devint grave.

— Le coffre ne contient pas d'argent.

— Alors quoi ?

Il répondit :

La liste complète des Douze.

Je me levai.

— Nous devons la trouver.

— Pourquoi ?

— Pour les arrêter.

Mon père secoua la tête.

— Non.

— Pourquoi ?

Il me fixa.

— Parce que si tu ouvres ce coffre...

Il marqua une pause.

Ils sauront exactement où tu es.


Cette nuit-là, je ne dormis pas.

À trois heures du matin, je descendis seul.

Adrian m'attendait.

— Tu vas y aller.

— Oui.

Il sourit.

— Je viens avec toi.

Rafael apparut derrière lui.

— Moi aussi.

Elena prit une veste.

— Vous pensiez vraiment partir sans moi ?

Camila entra à son tour.

— Et sans moi ?

Je les regardai tous.

Puis je compris quelque chose.

Pendant toute notre vie, ils avaient essayé de nous séparer.

De nous contrôler.

De nous utiliser.

Mais cette fois...

nous étions ensemble.

Je pris la clé.

— Alors allons chercher le coffre.


Une heure plus tard, nous atteignîmes le tunnel.

La porte du vieux complexe était encore là.

Je sortis la clé.

Je l'insérai.

CLIC.

La porte s'ouvrit.

Une immense salle apparut.

Au centre se trouvait un coffre noir.

Sur son couvercle, une phrase était gravée :

« À celui qui ouvre ceci : sache que le pouvoir a toujours un prix. »

Je tournai la clé.

Le coffre s'ouvrit lentement.

À l'intérieur...

il n'y avait qu'un dossier.

Je le pris.

La première page affichait douze noms.

Onze étaient barrés.

Le dernier était entouré en rouge.

Je lus le nom.

Puis mon sang se glaça.

Parce que le douzième membre du Consortium...

n'était pas un inconnu.

C'était quelqu'un qui se trouvait avec nous depuis le début.

Je relevai lentement les yeux vers mes frères.

Puis vers ma mère.

Puis vers Camila.

Et enfin...

vers mon père.

Il me regardait déjà.

Il savait.

Je murmurai :

Qui est-ce ?

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Mon père répondit d'une voix presque inaudible :

Toi.

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