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CHAPITRE 9 — L'HÉRITAGE MAUDIT

CHAPITRE 9 — L'HÉRITAGE MAUDIT

La porte vola en éclats.

Des hommes armés envahirent la pièce.

Rafael se plaça immédiatement devant moi.

— Elena, continue le transfert !

Elle hocha la tête et retourna vers les écrans.

Ma mère resta immobile.

Quant à moi, je ne pouvais plus détacher les yeux de la dernière ligne affichée.

DIRECTEUR FINAL : NATHAN MARTIN.

La voix de Gabriel résonnait toujours dans les haut-parleurs.

— Ton père t'a préparé à prendre sa place.

Je hurlai :

— Mensonge !

— Tu veux vraiment croire ça ?

Je regardai ma mère.

— Dis-moi que c'est faux.

Elle ne répondit pas.

Ce silence fut pire qu'un aveu.

— Maman...

Elle ferma les yeux.

— Ton père a créé le premier réseau.

Je sentis ma poitrine se serrer.

— L'Ordre Noir ?

— Oui.

— Pourquoi ?

— Au départ, pour protéger notre famille.

Elle inspira difficilement.

— Puis le pouvoir l'a changé.

Rafael intervint :

— Il voulait arrêter le système avant de mourir.

Ma mère acquiesça.

— Mais il savait qu'il ne pourrait pas le détruire seul.

Je compris.

— Alors il a créé ses propres héritiers.

Elle me regarda.

— Oui.


Les hommes avançaient.

Rafael tira.

Le premier tomba.

Elena cria :

Quatre-vingt-dix pour cent !

Je courus vers elle.

— Combien de temps ?

— Deux minutes.

— On ne les aura pas.

Ma mère attrapa une arme.

Je la regardai.

— Tu sais tirer ?

Elle eut un sourire triste.

— J'ai passé quinze ans à apprendre.

Elle se retourna.

Et tira.

Un homme s'effondra.

Je la fixai.

Cette femme qui avait été ma mère...

était devenue une inconnue.


Soudain, un écran secondaire s'alluma.

Une vidéo de mon père apparut.

Il semblait plus âgé.

Fatigué.

Mais vivant.

Je m'approchai.

— Nathan, si tu regardes ceci, c'est que Gabriel a réussi à te révéler la première partie de la vérité.

Je serrai les poings.

— Je suis désolé.

Il marqua une pause.

— Je n'ai pas créé l'Ordre Noir pour dominer le monde.

L'image changea.

On voyait des documents datant de plusieurs décennies.

— J'ai créé un système pour combattre ceux qui contrôlaient déjà le monde.

Il regarda la caméra.

— Mais j'ai commis la plus grande erreur de ma vie.

Je murmurai :

— Laquelle ?

— J'ai créé quelque chose que je ne pouvais plus contrôler.

Puis il prononça une phrase qui me glaça :

L'Ordre Noir n'a jamais eu un seul dirigeant.

L'écran changea.

Une liste apparut.

Huit noms.

Sept étaient barrés.

Le dernier était encore actif.

NATHAN MARTIN.

Je reculai.

Mon père continua :

— Si tu es arrivé jusqu'ici, tu dois comprendre une chose.

Il regarda directement la caméra.

— Tu n'es pas leur chef.

Silence.

Tu es leur prison.


Elena cria :

Cent pour cent !

Tous les écrans s'allumèrent.

Les archives furent envoyées simultanément vers des milliers de serveurs.

Les preuves étaient désormais impossibles à détruire.

Des noms.

Des comptes.

Des contrats.

Des enregistrements.

Tout était diffusé.

Gabriel apparut sur l'écran.

Pour la première fois, son visage semblait paniqué.

— Qu'est-ce que tu as fait ?

Je répondis :

— J'ai ouvert la porte.

Il hurla :

— Tu ne comprends pas !

— Alors explique-moi.

Il hésita.

Puis il dit :

— Si le système est détruit, des milliards de personnes perdront leur argent.

Elena se retourna.

— Il ment.

Gabriel cria :

— Non !

Elle tapa rapidement sur le clavier.

— Le système est déjà en train de se désactiver.

Je demandai :

— Et les milliards ?

— Ils retourneront à leurs propriétaires.

Je regardai Gabriel.

— Alors pourquoi avoir peur ?

Il ne répondit pas.

Parce qu'il savait.

Son empire venait de disparaître.


Mais soudain...

une autre notification apparut.

TRANSFERT NON AUTORISÉ.

Elena pâlit.

— Quelqu'un contrôle encore le système.

— Qui ?

Elle regarda l'écran.

Un nom apparut.

NATHAN MARTIN.

Je reculai.

— Ce n'est pas moi.

— Je sais.

— Alors qui utilise mon identité ?

Elena entra plusieurs commandes.

Puis elle s'immobilisa.

— C'est impossible.

— Quoi ?

Elle me regarda.

— Quelqu'un utilise ton empreinte biologique.

Je regardai ma main.

— Comment ?

Elle répondit :

— Parce qu'il possède ton ADN.

Je regardai Rafael.

— Toi ?

Il secoua la tête.

— Non.

Ma mère comprit avant nous.

— Gabriel.

Elena secoua la tête.

— Non.

Elle zooma sur les données.

— Ce n'est pas Gabriel.

Je demandai :

— Alors qui ?

Elle agrandit l'écran.

Une photographie apparut.

Un homme.

Je le reconnus.

Mon cœur s'arrêta.

— Non...

Rafael s'approcha.

— Qui est-ce ?

Je répondis :

— Mon père.


Le silence fut total.

— Mais il est mort, dis-je.

Elena secoua la tête.

— Nous avons vu une vidéo de lui.

Ma mère regarda l'écran.

Son visage se décomposa.

— Ce n'est pas possible.

— Pourquoi ?

Elle murmura :

— Parce que l'homme que nous avons vu n'était pas ton père.

Je me tournai vers elle.

— Quoi ?

Elle pointa l'écran.

— Ton père avait une cicatrice sur la main gauche.

Je regardai la vidéo.

L'homme n'avait aucune cicatrice.

Rafael comprit.

— Un imposteur.

Ma mère acquiesça.

— Quelqu'un se faisait passer pour lui.

Je sentis une terrible certitude naître en moi.

— Alors où est mon père ?

Personne ne répondit.

Puis une nouvelle vidéo apparut.

Une caméra de surveillance.

Un homme avançait dans un couloir.

Vivant.

Attaché.

Entouré de gardes.

Je reconnus son visage.

Cette fois, c'était réellement lui.

Mon père.

La vidéo était datée de ce matin.

Je m'approchai de l'écran.

— Où est-il ?

Elena vérifia les coordonnées.

Son visage devint blanc.

— Nathan...

— Où ?

Elle répondit :

— Dans un bâtiment à trente kilomètres d'ici.

— On y va.

Rafael prit son arme.

— Nous sommes avec toi.

Ma mère aussi.

Je regardai les écrans une dernière fois.

L'Ordre Noir s'effondrait.

Mais mon père était vivant.

Et quelqu'un le retenait prisonnier.


Nous sortîmes de la salle.

Mais avant de partir, Elena s'arrêta.

— Nathan.

— Quoi ?

Elle regarda l'écran.

— Il y a encore une chose.

— Quoi ?

Elle pointa une ligne.

SUJET N°2 — LOCALISATION : INCONNUE.

Je fronçai les sourcils.

— Sujet numéro deux ?

Elena acquiesça.

— Nous pensions que tu étais le premier.

— Et qui est le deuxième ?

Elle secoua la tête.

— Nous ne savons pas.

Rafael demanda :

— Alors pourquoi le dossier existe ?

Elena répondit :

— Parce qu'il a été créé avant le tien.

Je sentis un frisson.

— Avant ma naissance ?

— Oui.

Puis elle ajouta :

— Et le nom du sujet est classé secret.

Je regardai ma mère.

Elle était devenue livide.

— Maman...

Elle murmura :

— Non.

— Tu sais qui c'est ?

Elle ferma les yeux.

Puis répondit :

— Oui.

Je m'approchai.

— Qui ?

Elle me regarda.

Et ses mots me glacèrent :

Ton frère aîné.

Rafael resta pétrifié.

— Nous n'avons jamais eu de frère.

Ma mère secoua lentement la tête.

— Vous aviez un frère.

Elle marqua une pause.

Il n'est jamais mort.

Au même instant, mon téléphone vibra.

Un message apparut.

« Vous cherchez votre père ? »

Puis un second :

« Venez le chercher. »

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Et enfin un troisième :

« Mais amenez Rafael. Il est temps que les deux héritiers rencontrent leur véritable frère. »

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