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Partie 14 — Le verdict et ce qui ne revient pas

La délibération dura plusieurs heures.

Je les passai avec Sarah dans un petit café près du palais.

Je n’avais pas faim.

Elle commanda deux thés.

— Tu crois qu’il va prendre combien ? demandai-je.

— Je ne fais pas de pronostics.

— Tu en fais tout le temps.

— Pas avec mes amies.

Je souris faiblement.

Puis je regardai ma tasse.

— Même s’il est condamné, Arthur reste mort.

Sarah hocha la tête.

— Oui.

— Papa aussi.

— Oui.

— Et mon mariage a quand même existé.

— Oui.

Je la regardai.

— Tu pourrais mentir un peu.

— Tu m’appelles précisément parce que je ne le fais pas.

C’était vrai.

Nous retournâmes au tribunal.

Le président lut.

Longuement.

Les qualifications retenues.

Les faits financiers.

Les violences connexes.

Le rôle de Maret.

Celui des intermédiaires.

Puis Arthur.

La cour retint que l’intervention sur le véhicule avait été commandée sciemment dans des circonstances où un risque mortel ne pouvait raisonnablement être ignoré, et que les éléments démontraient une volonté d’éliminer l’obstacle que représentait Arthur.

Julien fut condamné lourdement.

Très lourdement.

Homicide volontaire retenu dans le cadre de la qualification finale établie par la cour.

Détournements.

Blanchiment.

Faux.

Abus de confiance.

Manœuvres frauduleuses liées aux actifs du groupe.

Interdictions de gérer.

Confiscations.

Maret fut également condamné, son état de santé et sa coopération étant pris en compte.

Les autres complices financiers reçurent des peines distinctes.

Je n’entendis presque pas les chiffres.

Je regardais Julien.

Il ne regardait plus personne.

Pas moi.

Pas Laurent.

Pas Camille.

La grande intelligence stratégique avait disparu.

Il ne restait qu’un homme assis devant les conséquences.

À la sortie, les journalistes criaient.

— Madame Duvivier ! Vous sentez-vous vengée ?

Je me suis arrêtée.

Sarah me murmura :

— Tu n’es pas obligée.

Je voulais répondre.

Pas pour eux.

Pour Arthur.

Je me tournai vers les caméras.

— Non. Une condamnation ne rend pas un frère. Elle empêche seulement que son meurtre continue d’être appelé un accident.

Puis je suis partie.

Cette phrase fit la une le lendemain.

Je ne l’ai jamais relue.

Le divorce avec Julien était déjà définitif.

Nos biens séparés.

Ses prétentions rejetées.

Les actifs détournés récupérés en partie.

Helios démantelée.

Plusieurs millions revinrent au groupe après les procédures.

Je pris une décision concernant cette somme.

Pas de dividende.

Pas de prime symbolique pour moi.

Elle servit à créer un fonds interne de protection des lanceurs d’alerte et d’intégrité financière.

Nom :

Fonds Arthur Duvivier.

Je détestais les monuments.

Arthur aussi.

Alors il n’y eut pas de statue.

Seulement de l’argent destiné à protéger les personnes qui disent :

Quelque chose ne va pas.

Et que tout le monde trouve trop gênantes jusqu’au jour où elles ont raison.

Laurent vint à l’inauguration.

Il resta au fond.

À la fin, il s’approcha.

— C’est bien.

— Oui.

Il regarda la plaque.

— Arthur m’aurait probablement trouvé lâche.

— Peut-être.

Il sourit tristement.

— Tu ne rends jamais les morts plus gentils qu’ils n’étaient.

— Non.

— Merci.

Nous nous sommes embrassés brièvement.

Pas comme une famille réparée.

Comme deux personnes qui avaient survécu au même homme de façons différentes.

Camille n’était pas là.

Elle avait quitté Bordeaux.

Je savais seulement qu’elle reconstruisait sa vie loin des Vidal.

Je ne demandais pas davantage.

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Certaines personnes n’ont pas besoin de rester dans votre histoire simplement parce qu’elles ont joué un rôle dans sa pire partie.


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