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CHAPITRE 12 — Le père que je n'avais jamais connu

CHAPITRE 12 — Le père que je n'avais jamais connu

Eleanor tenait l'arme à deux mains.

Son regard ne quittait pas Gabriel.

— Éloignez-vous de Claire.

Gabriel ne bougea pas.

Il semblait presque amusé.

— Toujours aussi dramatique, Eleanor.

— Et vous toujours aussi arrogant.

Je regardais l'un puis l'autre.

— Quelqu'un va enfin me dire ce qui se passe ?

Personne ne répondit.

Je frappai la table du poing.

— Maintenant !

Ma voix résonna dans la suite.

Gabriel me regarda.

Puis il soupira.

— Très bien.

Il s'assit.

— Posez vos armes.

Thomas refusa.

— Non.

Gabriel sourit.

— Si je voulais vous tuer, vous seriez déjà morts.

Maya regarda les caméras.

— Il dit vrai.

Je me tournai vers elle.

— Comment le sais-tu ?

— Parce que les caméras de l'hôtel ont été coupées avant notre arrivée.

Thomas fronça les sourcils.

— Par qui ?

Maya répondit :

— Par Gabriel.

Je regardai mon père biologique.

— Alors vous nous attendiez.

— Oui.

— Depuis combien de temps ?

— Depuis vingt-huit ans.


Je sentis ma gorge se serrer.

— Pourquoi m'avoir laissée ?

Gabriel baissa les yeux.

Pour la première fois, je vis de la tristesse dans son visage.

— Parce que j'avais peur de devenir comme mon propre père.

Je me figeai.

— Richard ?

Il hocha la tête.

— Richard voulait contrôler tout le monde.

— Et vous ?

— Je voulais contrôler Blackstone.

— Quelle différence ?

Il me regarda.

— Je pensais pouvoir contrôler le pouvoir sans qu'il me contrôle.

Il eut un rire amer.

— J'avais tort.


Eleanor baissa légèrement son arme.

— Gabriel, raconte-lui la vérité.

Il la regarda.

— Tu veux vraiment tout révéler ?

— Oui.

— Même ce qui te concerne ?

Eleanor hésita.

— Oui.

Gabriel se leva.

— Alors écoute-moi, Claire.

Il marcha lentement vers la fenêtre.

La ville brillait sous nous.

— Ta mère et moi avons créé Blackstone ensemble.

— Mais Richard l'a repris.

— Après la mort de ta mère.

— Ma mère n'est pas morte.

Gabriel se retourna.

— Je parle de ta première mère.

Je fronçai les sourcils.

— Ma première mère ?

Il acquiesça.

— Elena n'est pas ta mère biologique.

Je regardai la femme qui m'avait élevée.

— Alors qui est-elle ?

Gabriel répondit :

— Une femme qui a accepté de te sauver.

Je regardai ma mère.

Elle pleurait.

— Je t'ai élevée comme ma fille, Claire.

Je secouai la tête.

— Mais qui m'a donné naissance ?

Gabriel hésita.

Puis il dit :

— Amelia.

Je restai immobile.

— Amelia Carter ?

— Oui.

— Mais elle était ma sœur ?

Il secoua la tête.

— Non.

Je sentis mon cœur s'arrêter.

— Alors pourquoi Sophia et moi avons-nous été séparées ?

Gabriel répondit :

— Parce que vous n'êtes pas sœurs.

Le silence fut total.

Sophia recula.

— Quoi ?

Je regardai Gabriel.

— Tu es en train de dire que Sophia n'est pas ma sœur ?

Il hocha la tête.

— Non.

Sophia semblait dévastée.

— Alors pourquoi avons-nous le même visage ?

Gabriel répondit :

— Parce que vous êtes des clones génétiques.


Personne ne parla.

Même Eleanor semblait choquée.

Thomas murmura :

— Ce n'est pas possible.

Gabriel regarda Sophia.

— Amelia a créé un programme secret.

Maya pâlit.

— Le projet Genesis.

Gabriel la regarda.

— Tu connais ce nom ?

— Seulement par les fichiers.

Il hocha la tête.

— Genesis était un projet destiné à créer des héritiers génétiquement identiques.

Je regardai Sophia.

Elle pleurait.

— Pourquoi ?

Gabriel répondit :

— Parce que Blackstone devait toujours avoir un héritier capable de prendre le contrôle.

Je reculai.

— Vous avez fait de nous des expériences.

— Non.

— Alors quoi ?

— Des survivantes.

Je ris amèrement.

— Vous appelez ça survivre ?

Gabriel baissa les yeux.

— Non.


Eleanor intervint.

— Claire, ce n'est pas toute l'histoire.

Je me tournai vers elle.

— Quoi encore ?

Elle prit une profonde inspiration.

— Sophia n'est pas un clone de toi.

Je fronçai les sourcils.

— Alors ?

— Vous avez été conçues à partir du même ADN.

— Quelle différence ?

— Vous avez été créées à partir de deux échantillons différents.

Je regardai Sophia.

— Nous sommes…

Eleanor répondit :

— Des sœurs biologiques.

Je fermai les yeux.

Une douleur immense me traversa.

— Alors Gabriel ment.

Eleanor hocha la tête.

— Oui.

Je regardai mon père.

Il ne nia pas.

— Pourquoi ?

Gabriel répondit :

— Parce que je voulais voir si tu me croirais.

Je le regardai avec horreur.

— Vous me testez encore ?

— Oui.

— Pourquoi ?

Il répondit :

— Parce que je dois savoir si tu es prête à hériter de Blackstone.


Je m'approchai de lui.

— Je ne veux pas de votre empire.

Gabriel sourit.

— Tu n'as pas le choix.

— Si.

Je pointai mon doigt vers la porte.

— Je peux partir.

— Non.

Les portes se verrouillèrent.

Thomas leva son arme.

— Ouvrez-les.

Gabriel secoua la tête.

— Je ne peux pas.

— Pourquoi ?

Il regarda Eleanor.

— Parce qu'elle a déjà déclenché le protocole.

Eleanor pâlit.

— Ce n'était pas prévu.

Gabriel répondit :

— Rien n'est jamais prévu avec toi.

Maya regarda son ordinateur.

— Claire…

— Quoi ?

— Nous avons un problème.

Elle me montra l'écran.

TRANSFERT D'ACTIONS EN COURS.

98 %

Je regardai Gabriel.

— Que se passe-t-il ?

Il répondit :

— Quelqu'un est en train de prendre Blackstone.

— Qui ?

Maya fit défiler les données.

Son visage devint blanc.

— Charles.

Thomas jura.

— Il est censé être en prison.

Maya secoua la tête.

— Ce n'est pas Charles.

Je la regardai.

— Alors qui ?

Elle zooma sur le document.

Un nom apparut.

ADRIAN BENNETT.

Je me tournai lentement vers mon mari.

Il était debout près de la porte.

Il ne semblait pas surpris.

— Adrian ?

Il me regarda.

— Claire…

— Tu savais ?

Il ne répondit pas.

— Tu savais depuis le début ?

Il ferma les yeux.

— Oui.


Je sentis mon cœur se briser.

— Alors tout était faux.

— Non.

— Notre mariage ?

— Non.

— Ton amour ?

— Non.

— Ton dossier contre ton père ?

Il répondit :

— Tout était vrai.

— Alors pourquoi prends-tu Blackstone ?

Il s'approcha.

— Parce que je dois empêcher Gabriel de le contrôler.

Gabriel éclata de rire.

— Toujours le héros.

Adrian se retourna.

— Vous avez détruit ma famille.

— Et toi, tu vas détruire la sienne.

Adrian serra les poings.

— Je ne veux pas devenir comme vous.

Gabriel répondit :

— Mais tu l'es déjà.


Maya cria soudain :

— Le transfert est terminé !

Tous les écrans changèrent.

BLACKSTONE CONTROL — ADRIAN BENNETT

Je regardai Adrian.

— Qu'est-ce que tu as fait ?

Il me regarda avec des larmes dans les yeux.

— Je viens de prendre le contrôle pour te le rendre.

— Comment ?

— Le protocole Omega exigeait une succession temporaire.

Il me tendit son téléphone.

— Je suis maintenant le propriétaire légal.

Je fronçai les sourcils.

— Alors pourquoi ?

— Parce que je peux transférer les droits à toi.

Je restai silencieuse.

— Mais il y a une condition.

— Laquelle ?

Il me regarda.

— Tu dois divorcer de moi.

Le monde sembla s'arrêter.

— Quoi ?

— Si nous restons mariés, le conseil peut contester le transfert.

— Et si nous divorçons ?

— Blackstone devient entièrement à toi.

Je secouai la tête.

— Pourquoi tu fais ça ?

Il répondit :

— Parce que pour la première fois…

Il prit une profonde inspiration.

— …je veux te donner quelque chose sans rien demander en retour.

Je sentis mes yeux se remplir de larmes.

Mais avant que je puisse répondre…

un coup de feu retentit.

Adrian s'effondra.

— ADRIAN !

Je courus vers lui.

Du sang apparut sur sa chemise.

Thomas regarda autour de lui.

— D'où venait le tir ?

Maya cria :

— De la fenêtre !

Tout le monde se baissa.

Gabriel regarda l'extérieur.

Puis il devint livide.

— Non.

Je relevai les yeux.

— Quoi ?

Il murmura :

— Ce n'est pas le Conseil.

Un deuxième tir traversa la vitre.

Eleanor tomba au sol.

Gabriel regarda la fenêtre.

— C'est Richard.

Je me figeai.

— Mais il est en prison.

Gabriel répondit :

— Pas celui que nous connaissons.

Il regarda la caméra de sécurité.

Une silhouette apparut sur l'écran.

Un homme âgé.

Mais ce n'était pas Richard.

Il ressemblait exactement à Gabriel.

Puis une phrase apparut :

« Vous avez oublié le troisième frère. »

Je regardai mon père.

— Quel troisième frère ?

Gabriel resta silencieux.

Puis il murmura :

— Mon jumeau.

Le visage de Thomas se décomposa.

— Il est mort il y a trente ans.

Gabriel répondit :

— C'est ce que tout le monde croyait.

La porte de la suite s'ouvrit brutalement.

Un homme entra.

Il ressemblait à Gabriel.

Même visage.

Même regard.

Mais un sourire beaucoup plus froid.

Il regarda Claire.

— Bonjour, petite fille.

Puis il ajouta :

— Je suis celui qui aurait dû hériter de tout.

Et soudain, je compris que Richard n'avait jamais été le véritable monstre.

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Le véritable héritier venait d'arriver.

À suivre…

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