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CHAPITRE 5 — La cassette de mon père

CHAPITRE 5 — La cassette de mon père

Nous retournâmes à l'immeuble sans perdre une minute.

La voiture de Thomas s'arrêta dans la rue arrière.

Maya coupa le moteur.

Personne ne descendit immédiatement.

Je regardais l'entrée de l'immeuble.

L'endroit où j'avais vécu pendant presque dix ans.

L'endroit où Adrian et moi avions construit notre mariage.

L'endroit qu'Eleanor voulait récupérer.

Et maintenant, je savais qu'il cachait quelque chose qui valait des centaines de millions de dollars.

Thomas posa une main sur mon épaule.

« Quoi qu'il y ait là-dessous, ne laisse pas ton père décider de ton avenir depuis sa tombe. »

Je le regardai.

« Je ne veux pas son argent. »

« Je sais. »

« Je veux savoir pourquoi il m'a menti. »

Thomas hocha la tête.

« Alors ce soir, tu vas enfin le découvrir. »


Nous entrâmes par la porte de service.

L'ascenseur était bloqué au quatrième étage.

Thomas jura.

« Ils savent que nous sommes là. »

Maya sortit son téléphone.

« Les caméras viennent d'être désactivées. »

Je regardai Thomas.

« Par Charles ? »

« Probablement. »

Nous montâmes les escaliers.

Chaque marche semblait plus lourde que la précédente.

Lorsque nous arrivâmes devant mon appartement, la porte était ouverte.

Je m'arrêtai.

« Il est à l'intérieur. »

Thomas sortit son arme.

« Reste derrière moi. »

Nous entrâmes.

Le salon était plongé dans l'obscurité.

Les meubles avaient été déplacés.

Le tapis retiré.

Une partie du parquet avait été arrachée.

Au centre de la pièce se trouvait une ouverture rectangulaire.

Une porte métallique.

Charles se tenait devant.

Il n'était pas seul.

Deux hommes en costume noir l'accompagnaient.

Mais ce n'est pas leur présence qui me glaça.

C'était le sourire de Charles.

« Claire. »

Il écarta les bras.

« Enfin. »


Je restai près de l'entrée.

« Où est la cassette ? »

Charles sourit.

« Toujours aussi directe. »

« Où est-elle ? »

Il désigna le coffre.

« Là-dessous. »

Je fis un pas.

Thomas me retint.

« Ne bouge pas. »

Charles ricana.

« Ton frère est toujours aussi méfiant. »

Thomas répondit :

« Et toi toujours aussi lâche. »

Le sourire de Charles disparut.

« Tu as eu onze ans pour mourir. »

Thomas serra les dents.

« J'ai eu onze ans pour apprendre à te détruire. »

Le silence devint glacial.

Je regardai Charles.

« Qu'est-ce qu'il y a dans ce coffre ? »

Il répondit :

« La vérité. »

« Sur mon père ? »

« Sur toi. »

Je fronçai les sourcils.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Charles s'approcha du coffre.

« Ton père n'a jamais voulu te donner cet argent. »

Je secouai la tête.

« Les documents disent le contraire. »

« Les documents disent ce qu'il voulait que tu croies. »

Il sortit une petite clé.

« Mais il y a une chose que même lui ne pouvait pas changer. »

Il inséra la clé.

La serrure tourna.

Un mécanisme profond résonna sous le sol.

La porte métallique s'ouvrit.

À l'intérieur se trouvait une petite boîte noire.

Et sur cette boîte…

mon nom.

CLAIRE.


Charles la prit.

« Tu veux savoir pourquoi ton père a caché tout ça ? »

Je répondis :

« Oui. »

Il me tendit la boîte.

« Alors ouvre-la. »

Je ne bougeai pas.

Thomas murmura :

« Ne lui fais pas confiance. »

Je le savais.

Mais je savais aussi que je ne pouvais plus reculer.

Je pris la boîte.

Elle était étonnamment légère.

Je soulevai le couvercle.

À l'intérieur :

une cassette vidéo.

Une clé USB.

Un passeport.

Et une photographie.

Je pris la photographie.

Mon souffle se coupa.

C'était mon père.

Mais il n'était pas seul.

À côté de lui se trouvait une femme que je n'avais jamais vue.

Et dans ses bras…

un bébé.

Je retournai la photo.

Une phrase était écrite derrière.

« Claire, voici la seule personne qui pourra un jour te sauver. »

Je regardai Charles.

« Qui est cette femme ? »

Il ne répondit pas.

Je regardai Eleanor.

Elle venait d'entrer dans la pièce.

Son visage était devenu livide.

« Tu la reconnais ? »

Eleanor ne répondit pas.

Je répétai :

« Eleanor. Qui est cette femme ? »

Elle murmura :

« Ta mère. »

Le monde sembla disparaître autour de moi.


« Ma mère est morte quand j'avais six ans. »

Eleanor secoua la tête.

« Non. »

Je reculai.

« Tu mens. »

« Je ne mens pas. »

« Alors où est-elle ? »

Eleanor ferma les yeux.

« Elle est morte après ta naissance. »

« Pourquoi m'avoir dit qu'elle était morte quand j'avais six ans ? »

Elle répondit :

« Parce que ton père voulait te protéger. »

Je ris nerveusement.

« Tout le monde me dit la même chose. »

Je regardai Thomas.

« Protéger de quoi ? »

Il ne répondit pas.

Je me tournai vers Charles.

« Et toi ? »

Charles sourit.

« Enfin, tu poses la bonne question. »


Il s'approcha.

« Ta mère travaillait pour ton père. »

« Comme Eleanor ? »

« Non. »

Il désigna la photographie.

« Elle était la véritable architecte de Blackstone. »

Je restai figée.

« Quoi ? »

Maya intervint :

« Blackstone existait avant ton père ? »

Charles hocha la tête.

« Oui. »

« Alors pourquoi tout le monde pense que mon père l'a créée ? »

« Parce qu'il l'a fait croire. »

Je regardai la photographie.

Ma mère.

Le bébé.

Mon père.

Et derrière eux, un immense immeuble.

Je reconnus l'adresse.

C'était l'un des bâtiments que j'avais hérités.

Charles poursuivit :

« Ta mère avait créé un réseau de sociétés pour protéger des familles dont les fortunes étaient menacées par des groupes criminels. »

Je fronçai les sourcils.

« Des criminels ? »

« Oui. »

« Et mon père ? »

« Il a repris son travail après sa mort. »

Je regardai Eleanor.

« Et toi ? »

Elle répondit enfin.

« J'étais son assistante. »


Tout devint plus confus.

« Alors pourquoi m'avoir traitée comme une ennemie ? »

Eleanor baissa la tête.

« Parce que je voulais te forcer à quitter le trust. »

« Pourquoi ? »

« Parce que je savais qu'ils reviendraient. »

« Qui ? »

Elle me regarda.

« Ceux qui ont tué ta mère. »

Silence.

Je sentis une douleur sourde dans ma poitrine.

« Ma mère a été assassinée ? »

Personne ne répondit.

Puis Thomas murmura :

« Oui. »

Je me tournai vers lui.

« Tu le savais ? »

« Oui. »

« Depuis combien de temps ? »

« Depuis le soir où Papa est mort. »

Je reculai.

Encore un secret.

Encore un mensonge.

Je commençais à comprendre pourquoi mon père avait voulu cacher toute cette histoire.

Mais je ne comprenais toujours pas pourquoi personne ne m'avait dit la vérité.


Je pris la cassette.

« Je vais la regarder maintenant. »

Charles s'approcha.

« Non. »

Je le regardai.

« Pardon ? »

« Pas ici. »

« Pourquoi ? »

Il répondit :

« Parce que tu n'es pas prête. »

Je souris froidement.

« Tu m'as frappée psychologiquement pendant des années sans même me connaître. »

Je levai la cassette.

« Je suis prête. »

Je me tournai vers Maya.

« Tu peux la lire ? »

Elle hocha la tête.

Quelques minutes plus tard, nous étions installés dans une petite pièce sécurisée.

Un ancien lecteur vidéo fut connecté.

L'image apparut.

Mon père.

Assis derrière un bureau.

Il semblait plus âgé que dans mes souvenirs.

Il regarda directement la caméra.

Et prononça mon prénom.

« Claire. »

Je sentis mes yeux se remplir de larmes.

« Si tu regardes cette vidéo, c'est que je suis mort. »

Il marqua une pause.

« Et si tu es arrivée jusqu'ici, c'est probablement parce que quelqu'un a essayé de prendre ce qui t'appartient. »

Je regardai Adrian.

Il détourna les yeux.

Mon père continua.

« Je dois te dire quelque chose que je n'ai jamais eu le courage de te dire. »

Il prit une enveloppe.

« Tu n'es pas ma fille biologique. »

Le silence explosa dans la pièce.

Je cessai de respirer.

Thomas ferma les yeux.

Eleanor pleurait.

Je regardai l'écran.

Mon père continua :

« Je t'ai adoptée lorsque ta mère est morte. »

Je portai une main à ma bouche.

« Mais je t'ai aimée comme ma propre fille. »

L'image trembla.

Puis il prononça une phrase qui allait changer toute ma vie.

« Et si je t'ai laissée seule héritière de Blackstone, ce n'est pas parce que tu es ma fille. »

Il regarda la caméra.

« C'est parce que tu es la dernière descendante de la famille qui a créé Blackstone. »

Je regardai Thomas.

« Alors qui sont mes vrais parents ? »

La vidéo continua.

Mon père sortit une deuxième photographie.

« Ton vrai père s'appelle Daniel Carter. »

Je me figeai.

Ce nom…

je le connaissais.

Je l'avais vu dans les dossiers de Blackstone.

Un homme disparu vingt-huit ans auparavant.

Mon père poursuivit :

« Et ta vraie mère s'appelle Amelia Carter. »

La photographie apparut.

La même femme que celle de la boîte.

Mais il y avait quelque chose d'autre.

Un deuxième bébé.

À côté de moi.

Deux enfants.

Deux berceaux.

Je murmurai :

« J'avais une sœur ? »

Thomas baissa les yeux.

Mon père répondit à travers l'écran :

« Oui. »

Puis la vidéo s'arrêta.

Écran noir.

Personne ne bougea.

Je regardai Eleanor.

« Où est-elle ? »

Eleanor pleurait.

« Je ne sais pas. »

Je me tournai vers Thomas.

« Où est ma sœur ? »

Il ne répondit pas.

Charles entra lentement dans la pièce.

Il souriait.

« Elle est vivante. »

Je me retournai.

« Où ? »

Charles posa une photographie devant moi.

Une jeune femme.

Environ mon âge.

Les mêmes yeux.

Le même visage.

La même petite cicatrice près du sourcil.

Je levai lentement les yeux.

Charles murmura :

« Elle est plus proche de toi que tu ne l'imagines. »

Je regardai la photographie.

Puis Eleanor.

Puis Adrian.

Et soudain, Adrian prononça quatre mots qui me glacèrent :

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« Tu la connais déjà. »

À suivre…

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