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CHAPITRE 6 — La femme que je connaissais déjà

CHAPITRE 6 — La femme que je connaissais déjà

Je fixai la photographie.

La jeune femme me ressemblait.

Pas comme une simple ressemblance familiale.

C'était quelque chose de beaucoup plus troublant.

Les mêmes yeux.

La même forme du visage.

La même petite marque près du sourcil gauche.

Même expression.

Je connaissais ce visage.

Mais mon esprit refusait encore de mettre un nom dessus.

Adrian s'approcha.

— Tu la connais.

Je levai les yeux vers lui.

— Qui est-elle ?

Il ne répondit pas.

— Adrian.

— Claire…

— Qui est-elle ?

Il inspira profondément.

— Elle s'appelle Sophia.

Le nom ne me disait rien.

Je regardai encore la photographie.

Puis soudain…

je compris.

Je me levai si rapidement que ma chaise tomba derrière moi.

— Non.

Maya me regarda.

— Quoi ?

Je murmurai :

— Sophia Carter.

Thomas pâlit.

— Claire…

Je le regardai.

— Sophia Carter était mon ancienne assistante.

Personne ne parla.

Je me souvenais d'elle.

Elle avait travaillé pour moi pendant presque trois ans.

Elle connaissait mes habitudes.

Mes rendez-vous.

Mes comptes professionnels.

Mes déplacements.

Elle avait été la personne à qui je faisais le plus confiance.

Et elle avait disparu six mois auparavant.

Je pensais qu'elle avait simplement démissionné.

Je regardai Adrian.

— Tu savais.

Il hocha lentement la tête.

— Oui.


Je me sentis trahie une nouvelle fois.

— Depuis quand ?

Adrian répondit :

— Depuis avant notre mariage.

Je reculai.

— Tu savais que Sophia était ma sœur ?

— Je ne savais pas au début.

— Mais tu l'as découvert.

— Oui.

— Et tu ne m'as rien dit.

Il baissa les yeux.

— Parce que mon père me l'avait interdit.

Je ris nerveusement.

— Ton père t'interdisait de me dire que ma propre sœur travaillait pour moi ?

— Il avait peur de ce qu'elle découvrirait.

— Quoi ?

Adrian resta silencieux.

Je me tournai vers Charles.

— Qu'est-ce qu'elle a découvert ?

Charles sourit.

— Elle a découvert la vérité sur ta mère.

Je sentis mon cœur s'arrêter.

— Ma mère ?

— Amelia Carter n'est pas morte dans un accident.

Je regardai Eleanor.

Elle pleurait.

— Alors comment est-elle morte ?

Charles répondit froidement :

— Elle a été assassinée.

Un silence glacial envahit la pièce.


Je me tournai vers Thomas.

— Qui l'a tuée ?

Il ne répondit pas.

Je criai :

— Qui ?

Thomas ferma les yeux.

— Charles.

Je me retournai.

Charles ne nia pas.

Il se contenta de sourire.

— Enfin.

Je sentis mes mains trembler.

— Tu as tué ma mère ?

— Je n'étais pas seul.

— Qui était avec toi ?

Il regarda Adrian.

Mon mari détourna les yeux.

Je compris.

— Non…

Adrian murmura :

— Claire, ce n'était pas comme ça.

Je le giflai.

Le bruit résonna dans la pièce.

Personne ne bougea.

— Tu savais.

Il porta une main à sa joue.

— Oui.

— Tu savais que l'homme qui a tué ma mère était ton père.

— Oui.

— Et tu m'as épousée quand même.

— Je t'aimais.

Je ris amèrement.

— Tu m'aimais ?

Je montrai la photographie de Sophia.

— Tu savais que ma sœur travaillait pour moi.

Puis je montrai Charles.

— Tu savais ce qu'il avait fait.

Je posai une main sur mon cœur.

— Et tu m'as regardée dans les yeux pendant des années.

Adrian ne répondit pas.


Eleanor s'avança.

— Claire, il y a quelque chose que tu dois savoir.

Je me tournai vers elle.

— Je ne veux plus de secrets.

— Je sais.

Elle prit une profonde inspiration.

— Sophia n'est pas seulement ta sœur.

Je fronçai les sourcils.

— Quoi encore ?

— Elle est celle qui a envoyé les messages anonymes.

Je restai figée.

— C'était elle ?

Eleanor hocha la tête.

— Elle essayait de te prévenir.

Tout devint soudain logique.

Le premier message.

La photographie.

Les avertissements.

La phrase sur Thomas.

Sophia essayait de me protéger.

Je murmurai :

— Où est-elle ?

Eleanor baissa les yeux.

— Elle a disparu.

— Quand ?

— Il y a six mois.

— Qui l'a fait disparaître ?

Personne ne répondit.

Je regardai Charles.

Il souriait toujours.

Mais cette fois, son sourire avait disparu.


Maya ouvrit son ordinateur.

— J'ai peut-être quelque chose.

Elle tapa rapidement.

Quelques secondes plus tard, elle releva les yeux.

— Le dernier téléphone de Sophia a été activé il y a deux jours.

Mon cœur bondit.

— Où ?

Elle montra la carte.

Je reconnus immédiatement l'endroit.

Un ancien entrepôt près du port.

— Elle est là ?

— Peut-être.

Thomas se leva.

— Nous devons y aller.

Charles éclata de rire.

— Vous êtes trop tard.

Je le regardai.

— Pourquoi ?

Il répondit :

— Parce que Sophia n'est plus une menace.

Je sentis une rage froide monter en moi.

— Si tu lui as fait du mal…

Charles m'interrompit.

— Elle est vivante.

Je m'arrêtai.

— Quoi ?

— Pour l'instant.


Nous quittâmes l'immeuble immédiatement.

Thomas conduisait.

Maya était à côté de lui.

J'étais à l'arrière avec Adrian.

Pendant plusieurs minutes, personne ne parla.

Puis Adrian murmura :

— Je suis désolé.

Je regardai par la fenêtre.

— Garde tes excuses.

— Je veux réparer ce que j'ai fait.

— Tu ne peux pas.

— Je peux au moins t'aider à sauver Sophia.

Je tournai la tête vers lui.

— Pourquoi ?

— Parce que je lui dois la vérité.

— Et moi ?

Il me regarda.

— Toi, je te dois toute ma vie.

Je ne répondis pas.

Je ne savais plus si je le détestais ou si une partie de moi regrettait encore l'homme que j'avais cru connaître.

Mais je savais une chose.

Je ne lui faisais plus confiance.


L'entrepôt était plongé dans l'obscurité.

Nous nous arrêtâmes à deux rues.

Thomas vérifia son arme.

— Reste derrière moi.

Je secouai la tête.

— Pas cette fois.

— Claire…

— Je ne suis plus la femme qu'ils peuvent manipuler.

Maya sourit légèrement.

— Alors allons chercher ta sœur.

Nous entrâmes par une porte latérale.

L'odeur de poussière et de métal était étouffante.

Puis nous entendîmes un bruit.

Un coup.

Puis un autre.

Thomas leva la main.

Nous nous arrêtâmes.

Une voix féminine résonna dans l'obscurité.

— Claire ?

Mon cœur s'arrêta.

— Sophia ?

Une silhouette apparut.

Je reconnus immédiatement son visage.

Sophia courut vers moi.

Je la pris dans mes bras.

Elle tremblait.

— Je savais que tu viendrais.

Je pleurais.

— Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?

Elle me serra plus fort.

— Parce que je ne savais pas à qui faire confiance.

Je regardai son visage.

— Tu es ma sœur.

Elle hocha la tête.

— Oui.

Puis elle recula.

Son expression changea.

— Mais il y a quelque chose que tu dois savoir.

— Quoi ?

Sophia regarda Adrian.

Puis Thomas.

Enfin Maya.

— Celui qui a envoyé Charles après nous n'est pas Charles.

Je fronçai les sourcils.

— Alors qui ?

Sophia murmura :

— Quelqu'un de beaucoup plus proche.

Un bruit métallique retentit derrière nous.

Nous nous retournâmes.

La porte de l'entrepôt venait de se refermer.

Les lumières s'allumèrent brusquement.

Une douzaine d'hommes armés apparurent sur les passerelles.

Thomas leva son arme.

— À terre !

Les lumières s'éteignirent.

Des cris éclatèrent.

Puis un coup de feu.

Je tombai au sol.

Quand les lumières revinrent…

Adrian avait disparu.

Et Sophia aussi.

Il ne restait qu'une feuille posée au centre du sol.

Je la ramassai.

Une seule phrase y était écrite :

« Tu cherches la personne qui détruit ta famille depuis des années. Tu ne l'as jamais soupçonnée parce qu'elle était toujours de ton côté. »

En dessous…

un prénom.

MAYA.

Je levai lentement les yeux vers elle.

Elle était debout à quelques mètres.

Et pour la première fois depuis que je la connaissais…

Maya ne semblait pas surprise.

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Elle semblait avoir peur.

À suivre…

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