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Chapitre 13 — La femme derrière le masque

Chapitre 13 — La femme derrière le masque

La capitale de Valoria brûlait.

Des colonnes de fumée montaient dans le ciel.

Les cloches sonnaient sans interruption.

Dans les rues, les habitants fuyaient tandis que les soldats du Conseil prenaient position devant le palais.

Elara avançait à cheval.

À ses côtés, Edmund tenait fermement son épée malgré la douleur qui traversait encore son torse.

« Tu devrais être au repos », dit Elara.

« Et toi, tu devrais être loin d'une guerre. »

Elle sourit.

« Nous sommes tous les deux mauvais pour écouter les conseils. »

Edmund répondit :

« C'est pour ça que nous sommes encore vivants. »

Derrière eux, Adrien observait la capitale.

« Cette ville n'a pas changé. »

Elara le regarda.

« Tu la connais ? »

« Elle était autrefois une province d'Aurelia. »

« Et maintenant ? »

« Maintenant, elle est devenue le cœur de ceux qui ont volé notre royaume. »

Elara fixa les murs.

Elle ne ressentait aucune envie de conquête.

Seulement une étrange tristesse.

Des milliers d'innocents vivaient ici.

Des familles.

Des enfants.

Des vieillards.

Elle ne voulait pas devenir une reine qui détruisait tout pour récupérer un territoire.

« Nous n'attaquerons pas la ville », dit-elle.

Adrien fronça les sourcils.

« Pourquoi ? »

« Parce que les habitants ne sont pas nos ennemis. »

Elle regarda les soldats.

« Nous entrerons par le palais. »

Adrien sourit.

« Tu réfléchis déjà comme une reine. »

Elara répondit :

« Non. Je réfléchis comme quelqu'un qui refuse de devenir un monstre. »


À l'intérieur du palais, Sophia observait l'armée depuis une immense fenêtre.

Une femme vêtue de noir se tenait derrière elle.

« Ils sont arrivés », dit la femme.

Sophia sourit.

« Je sais. »

« La princesse est avec eux. »

« Je sais. »

« Elle possède le sang d'Aurelia. »

Sophia se retourna.

« Elle possède bien plus que cela. »

La femme hésita.

« Vous voulez dire… »

Sophia leva un doigt.

« Pas encore. »

Elle regarda son reflet dans la vitre.

Puis elle murmura :

« Elle doit découvrir la vérité de ma bouche. »


Elara et ses compagnons atteignirent les portes du palais.

Les soldats du Conseil les attendaient.

Leur commandant cria :

« Déposez vos armes ! »

Adrien leva son épée.

« Nous n'avons pas traversé les montagnes pour discuter. »

Elara s'avança.

« Je veux parler à Sophia. »

Le commandant éclata de rire.

« La régente ne parle pas aux traîtres. »

Elara répondit :

« Alors dites-lui que je connais son secret. »

Le sourire du soldat disparut.

« Quel secret ? »

Elara répondit :

« Le premier casque. »

Silence.

Le commandant pâlit.

Il fit signe aux gardes.

Les portes s'ouvrirent.


Elara entra seule.

Edmund voulut la suivre.

Elle secoua la tête.

« Attends ici. »

« Elara… »

« Si quelque chose m'arrive, tu protèges les autres. »

« Et qui te protège, toi ? »

Elle sourit.

« Je me débrouillerai. »

Edmund attrapa doucement son poignet.

« Promets-moi de revenir. »

Elara le regarda.

« Je te le promets. »

Elle entra.

Les portes se refermèrent.


Le grand hall était vide.

Les torches brûlaient silencieusement.

Sophia attendait au sommet de l'escalier.

Elle portait une longue robe noire.

Une couronne d'argent reposait sur ses cheveux.

Elara s'arrêta.

« Tante Sophia. »

Sophia sourit.

« Tu as grandi. »

« Tu m'as vue grandir. »

« Oui. »

« Derrière un casque. »

Sophia descendit lentement.

« Oui. »

Elara serra les poings.

« Pourquoi ? »

Sophia s'arrêta devant elle.

« Parce que ton visage devait rester caché. »

« À cause de la marque ? »

Sophia secoua la tête.

« Non. »

Elara fronça les sourcils.

« Alors pourquoi ? »

Sophia répondit :

« Parce que ton visage ressemble à celui de ta grand-mère. »

Elara resta immobile.

« Et alors ? »

« Ta grand-mère était aimée du peuple. »

« Cela n'explique rien. »

Sophia sourit tristement.

« Elle était aussi la seule personne capable de renverser ton père. »

Elara comprit.

« Tu avais peur d'elle. »

« Oui. »

« Alors tu m'as cachée pour qu'on ne sache pas que j'étais sa descendante. »

Sophia secoua la tête.

« Ce n'était qu'une partie de la raison. »


Sophia s'approcha.

« Ton père n'était pas seulement un roi. »

« Je sais. »

« Non. Tu ne sais pas. »

Elle prit un petit objet dans sa poche.

Un morceau de bois.

Elara reconnut immédiatement la forme.

C'était une partie du premier casque.

Elle sentit son cœur se serrer.

« Où as-tu trouvé ça ? »

« Je l'ai fabriqué. »

Elara resta sans voix.

« Toi ? »

Sophia hocha la tête.

« C'est moi qui ai demandé aux artisans de construire le casque. »

« Pourquoi ? »

Sophia répondit :

« Parce que ton père voulait te faire disparaître. »

Elara murmura :

« Pourquoi ? »

Sophia la fixa.

« Parce qu'il savait que tu n'étais pas sa fille. »

Elara sentit son souffle se couper.

« Quoi ? »

Sophia continua :

« Il avait découvert que Gabriel était ton véritable père. »

« Je sais déjà cela. »

« Non. »

Sophia secoua la tête.

« Il savait aussi qu'Alexander n'était pas son fils. »

Elara resta figée.

« Alexander… »

« N'est pas le fils de ton père. »

« Alors de qui ? »

Sophia sourit.

« De Valerian. »


Elara recula.

« Non. »

« Oui. »

« C'est impossible. »

Sophia répondit :

« Demande-lui. »

« Pourquoi Valerian aurait-il… »

« Parce qu'il voulait le trône depuis le début. »

Elara comprit soudain.

Valerian n'avait pas seulement manipulé les événements.

Il avait placé son propre fils dans la famille royale.

Il avait attendu des années.

Il avait créé un héritier de remplacement.

Sophia continua :

« Quand Alexander est né, Valerian a falsifié les documents. »

« Ton père a cru que l'enfant était le sien. »

« Mais Valerian savait la vérité. »

Elara ferma les yeux.

Toutes les pièces s'emboîtaient.

Alexander.

Valerian.

Le Conseil.

Le trône.

La guerre.

Tout était lié.


« Pourquoi me raconter tout ça maintenant ? »

Sophia répondit :

« Parce que tu dois comprendre qui est ton véritable ennemi. »

« Toi ? »

Sophia secoua la tête.

« Non. »

Elle regarda derrière Elara.

Les portes s'ouvrirent.

Alexander entra.

Il avait entendu la dernière phrase.

« Qui est mon père ? »

Sophia regarda le jeune homme.

« Valerian. »

Alexander devint livide.

« Tu mens. »

« Je peux te montrer les preuves. »

Il secoua la tête.

« Non. »

Elara s'approcha.

« Alexander… »

Il recula.

« Toute ma vie… »

Sa voix tremblait.

« Toute ma vie, j'ai cru être le fils du roi. »

Sophia répondit :

« Tu es son fils dans son cœur. »

Alexander éclata de rire.

« Dans son cœur ? »

Puis son visage se durcit.

« Alors pourquoi m'a-t-il abandonné ? »

Sophia répondit :

« Parce qu'il ne voulait pas d'un fils. »

« Il voulait une arme. »


Soudain, des cris éclatèrent dans la cour.

Une explosion secoua le palais.

Sophia leva les yeux.

« Trop tard. »

Elara demanda :

« Quoi ? »

Sophia répondit :

« Le Conseil vient de lancer l'attaque finale. »

Elara se précipita vers la fenêtre.

Des soldats envahissaient la cour.

Mais quelque chose était étrange.

Ils ne combattaient pas Sophia.

Ils combattaient les hommes d'Adrien.

Le Conseil attaquait tout le monde.

Elara comprit.

« Ils veulent détruire Valoria et Aurelia en même temps. »

Sophia hocha la tête.

« Oui. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu'ils veulent créer un royaume entièrement nouveau. »

Elara la regarda.

« Dirigé par qui ? »

Sophia répondit :

« Par quelqu'un qui n'appartient à aucune des deux familles. »

« Qui ? »

Sophia sourit.

« Le président du Conseil des Sept. »

Elara sentit son sang se glacer.

« Qui est-ce ? »

Sophia regarda la porte.

Puis elle murmura :

« Ton père biologique. »

Elara se figea.

« Gabriel ? »

Sophia secoua la tête.

« Non. »

Un homme entra dans la salle.

Il portait une longue cape blanche.

Il avait les cheveux gris.

Et son visage était étrangement familier.

Elara le regarda.

Elle ne respirait plus.

L'homme sourit.

« Bonjour, Éléonore. »

Elara recula.

« Qui êtes-vous ? »

L'homme répondit :

« Je suis le véritable roi de Valoria. »

Puis il ajouta :

« Et je suis ton père. »

Elara resta paralysée.

Derrière elle, Sophia ferma les yeux.

Alexander dégaina son épée.

Et dans la cour…

les cloches commencèrent à sonner.

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Une nouvelle guerre venait de commencer.

À suivre…

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