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CHAPITRE 11 — TROIS COUPS DANS LE SOUS-SOL

CHAPITRE 11 — TROIS COUPS DANS LE SOUS-SOL

Trois coups.

Toc. Toc. Toc.

Le bruit venait du sous-sol.

Adrien regarda Julien.

— Il y a quelqu'un là-dessous.

Julien hocha la tête.

— Je sais.

Claire recula.

— Nous devons partir.

Adrien la fixa.

— Tu viens de dire que c'était papa.

— Justement.

— Alors je vais le voir.

Claire attrapa son bras.

— Adrien, écoute-moi. Si ton père est réellement là-dessous, tu ne sais pas dans quel état il est.

— Je m'en fiche.

Il descendit les escaliers.

Julien le suivit.

— Attends-moi.

Au rez-de-chaussée, les lumières de plusieurs véhicules traversaient les fenêtres brisées.

Les hommes d'Aurora encerclaient la maison.

Mais les deux frères continuèrent vers le sous-sol.

Une porte métallique se trouvait derrière une vieille bibliothèque.

Adrien sortit la petite clé noire.

Elle entra parfaitement dans la serrure.

Il tourna.

CLIC.

La porte s'ouvrit.

Une odeur de poussière et de métal envahit le couloir.

Ils avancèrent.

Puis les trois coups retentirent encore.

Toc. Toc. Toc.

Adrien accéléra.

Au bout du passage, une pièce apparut.

Un homme était assis dans un fauteuil.

Très maigre.

Les cheveux complètement blancs.

Mais Adrien reconnut immédiatement son visage.

Il s'arrêta.

— Papa...

L'homme leva les yeux.

— Adrien.

Sa voix était faible.

Adrien s'approcha lentement.

— C'est vraiment toi ?

Son père acquiesça.

— Oui.

Adrien resta quelques secondes sans bouger.

Puis il le prit dans ses bras.

Pour la première fois depuis vingt ans, il sentit les bras de son père autour de lui.

Mais cette étreinte fut brève.

Adrien recula.

— Pourquoi ?

Son père le regarda.

— Pourquoi quoi ?

— Pourquoi m'avoir abandonné ?

Gabriel baissa les yeux.

— Parce que je savais que mes ennemis finiraient par s'intéresser à toi.

— Ils s'y intéressent déjà.

— Je sais.

— Et tu savais aussi que maman était vivante.

— Oui.

Adrien serra les poings.

— Vous m'avez volé vingt ans.

Gabriel répondit doucement :

— Je sais.

— Ce n'est pas suffisant !

La voix d'Adrien résonna dans la pièce.

Julien resta silencieux.

Puis il s'approcha.

Gabriel regarda son deuxième fils.

— Julien.

Les deux hommes se fixèrent.

— Tu as grandi.

Julien eut un sourire amer.

— Vous aussi, père.

Gabriel détourna le regard.

— Je suis désolé.

— Tu aurais pu venir me chercher.

— Je ne pouvais pas.

— Tu ne voulais pas.

Gabriel ne répondit pas.

Adrien comprit.

Il y avait encore une histoire entre eux.

Une histoire que personne ne lui avait racontée.

— Pourquoi Julien a-t-il été caché ?

Gabriel soupira.

— Parce qu'Aurora avait besoin d'un héritier.

— Et vous m'avez choisi moi ?

— Non.

Gabriel regarda Julien.

— J'avais choisi Julien.

Adrien resta silencieux.

— Alors pourquoi moi ?

Gabriel répondit :

— Parce que Julien a refusé.

Julien regarda son père.

— Je n'ai jamais voulu ton empire.

— Je sais.

— Alors tu as décidé qu'Adrien serait ton successeur.

Gabriel hocha la tête.

— Oui.

Adrien recula.

— Je ne veux rien de tout ça.

Gabriel répondit :

— Tu n'as plus le choix.

À cet instant, une explosion retentit au-dessus d'eux.

La maison trembla.

Des morceaux de plâtre tombèrent du plafond.

Julien sortit son arme.

— Ils sont entrés.

Gabriel se redressa difficilement.

— Ils vont chercher le coffre.

Adrien demanda :

— Où est-il ?

Gabriel regarda la petite clé noire.

— Sous la villa de Paris.

Adrien fronça les sourcils.

— Encore cette villa.

— C'est là que tout a commencé.

Une deuxième explosion.

Claire apparut dans l'escalier.

— Ils arrivent !

Gabriel se leva.

— Prenez le tunnel.

Adrien le regarda.

— Et toi ?

— Je viens avec vous.

— Tu es trop faible.

Gabriel sourit.

— Je suis peut-être vieux, mais je connais cette maison mieux qu'eux.

Ils avancèrent.

Au moment où ils atteignirent le tunnel, une voix retentit dans le bâtiment.

Gabriel Morel !

Gabriel s'arrêta.

Le ministre apparut au sommet de l'escalier.

— Cela fait vingt ans que je vous cherche.

Gabriel se retourna.

— Vous avez toujours été mauvais pour chercher.

Le ministre sourit.

— Et vous toujours mauvais pour vous cacher.

Puis il regarda Adrien.

— Voilà donc l'héritier.

Adrien ne répondit pas.

Le ministre descendit lentement.

— Donnez-moi la clé.

Adrien serra le poing.

— Jamais.

— Vous ne comprenez pas ce que vous avez entre les mains.

— Je sais exactement ce que j'ai.

Le ministre sourit.

— Non.

Il leva la main.

Ses hommes avancèrent.

— Vous avez la clé qui peut détruire Aurora.

Adrien regarda son père.

— Est-ce vrai ?

Gabriel répondit :

— Oui.

Le ministre ajouta :

— Et elle peut également détruire votre famille.

Adrien resta immobile.

— Pourquoi ?

Le ministre sourit.

— Parce que le coffre contient les preuves de la mort de votre père...

Il marqua une pause.

— ...mais aussi la preuve que votre mère a participé au plan.

Adrien se tourna vers Claire.

— Maman ?

Elle pleurait.

— Je n'avais pas le choix.

Adrien recula.

— Qu'est-ce que tu as fait ?

Claire ne répondit pas.

Le ministre s'approcha.

— Elle a livré votre père.

Adrien sentit son cœur se briser.

Gabriel ferma les yeux.

— C'est vrai.

Adrien regarda sa mère.

— Tu as trahi papa ?

Claire répondit d'une voix tremblante :

— Oui.

Un silence terrible tomba.

Puis Claire ajouta :

Mais je l'ai fait pour te sauver.

Adrien resta pétrifié.

Et derrière eux, une porte métallique se referma brutalement.

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Ils étaient enfermés.

À suivre…

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