CHAPITRE 20 — LA VÉRITÉ QU'ILS N'AVAIENT JAMAIS IMAGINÉE

CHAPITRE 20 — LA VÉRITÉ QU'ILS N'AVAIENT JAMAIS IMAGINÉE
L'avion traversait la nuit.
Adrien était assis près du hublot.
À côté de lui, Julien regardait silencieusement les lumières disparaître sous les nuages.
En face d'eux, Gabriel semblait plus vieux que jamais.
Pendant plusieurs heures, personne n'avait parlé.
Finalement, Adrien brisa le silence.
— Papa.
Gabriel leva les yeux.
— Oui ?
— Pourquoi nous as-tu séparés ?
Gabriel regarda ses deux fils.
— Parce qu'Élise était la seule enfant que Victor ne pouvait pas utiliser.
Julien fronça les sourcils.
— Mais pourquoi nous ?
— Parce que vous étiez suffisamment différents pour survivre à ce qu'il préparait.
Adrien demanda :
— Et moi ?
— Tu étais celui qui pouvait comprendre le système.
Gabriel regarda Julien.
— Et toi, celui qui pouvait le détruire.
Julien resta silencieux.
— Et Élise ?
Gabriel soupira.
— Elle était le cœur.
Adrien ne comprenait toujours pas.
— Le cœur de quoi ?
Gabriel répondit :
— De la famille.
Quelques heures plus tard, ils arrivèrent dans une petite ville côtière.
Victor les attendait.
Il leur indiqua une maison blanche située au bout d'une route isolée.
— Elle vit ici depuis six ans.
Adrien regarda la maison.
— Seule ?
— Oui.
Julien demanda :
— Qui la protège ?
Victor répondit :
— Personne.
Gabriel descendit du véhicule.
— C'est impossible.
Victor sourit.
— Vous verrez.
Ils approchèrent.
Adrien frappa à la porte.
Aucune réponse.
Il frappa encore.
Une voix féminine retentit.
— Je sais pourquoi vous êtes venus.
Adrien se figea.
La porte s'ouvrit.
Une jeune femme apparut.
Cheveux noirs.
Yeux bruns.
Visage calme.
Elle regarda Adrien.
Puis Julien.
Puis Gabriel.
Ses yeux se remplirent de larmes.
— Vous êtes venus.
Adrien murmura :
— Élise ?
Elle hocha la tête.
Julien ne pouvait pas parler.
Élise s'approcha.
Elle regarda Gabriel.
— Tu as tenu ta promesse.
Gabriel répondit :
— Oui.
Adrien fronça les sourcils.
— Quelle promesse ?
Élise se tourna vers lui.
— Celle de ne jamais vous laisser me retrouver.
Adrien resta stupéfait.
— Pourquoi ?
Elle répondit :
— Parce que si vous me trouviez...
Elle regarda Julien.
— ...Victor vous retrouverait aussi.
Ils entrèrent.
La maison était simple.
Aucun luxe.
Aucune caméra.
Aucun signe d'Aurora.
Sur un mur se trouvaient plusieurs photographies.
Adrien s'approcha.
Il reconnut immédiatement une photo de leur enfance.
Il y avait trois enfants.
Lui.
Julien.
Et Élise.
— Pourquoi je ne me souviens pas de toi ?
Élise répondit :
— Parce que tu avais trois ans.
— Et Julien ?
— Quatre.
Julien regarda la photo.
— Je me souviens d'une fille.
Élise sourit.
— Tu m'appelais Lili.
Julien eut les larmes aux yeux.
— Lili...
Elle hocha la tête.
— Oui.
Il la prit dans ses bras.
Pour la première fois depuis des décennies, les trois enfants étaient réunis.
Gabriel resta à distance.
Adrien le regarda.
— Tu aurais pu nous réunir plus tôt.
Gabriel répondit :
— Si je l'avais fait, Victor aurait gagné.
Élise intervint :
— Il n'a pas tort.
Adrien se tourna vers elle.
— Qu'est-ce que tu sais ?
Elle se dirigea vers une armoire.
Elle en sortit une boîte.
À l'intérieur se trouvaient des documents.
— Victor ne voulait pas Aurora.
Julien demanda :
— Alors quoi ?
Élise posa un dossier sur la table.
— Il voulait contrôler les familles qui contrôlaient Aurora.
Adrien ouvrit le dossier.
Il y avait des noms.
Des dirigeants.
Des ministres.
Des banquiers.
Des juges.
Tous reliés à Victor.
Adrien comprit.
— Il contrôle les gouvernements.
Élise acquiesça.
— Depuis des années.
Julien regarda son père.
— Et tu le savais.
— Oui.
— Alors pourquoi ne pas l'avoir arrêté ?
Gabriel répondit :
— Parce que j'étais trop faible.
Adrien intervint :
— Non.
Tout le monde se tourna vers lui.
— Tu n'étais pas faible.
Il regarda ses frères et sa sœur.
— Tu étais seul.
Gabriel baissa les yeux.
Adrien continua :
— Mais maintenant, tu ne l'es plus.
Un silence.
Puis Élise sourit.
— Voilà pourquoi je vous attendais.
Soudain, toutes les lumières s'éteignirent.
Julien sortit son arme.
— Ils sont là.
Un bruit de moteur retentit dehors.
Puis un deuxième.
Et un troisième.
Élise regarda par la fenêtre.
— Victor.
Adrien demanda :
— Combien ?
— Beaucoup.
Gabriel se leva.
— Il faut partir.
Élise secoua la tête.
— Il y a un tunnel sous la maison.
Julien sourit.
— Évidemment.
Ils coururent vers la cave.
Derrière une étagère, Élise ouvrit une porte secrète.
Ils descendirent.
Au-dessus d'eux, des portes explosèrent.
Les hommes de Victor entraient dans la maison.
Adrien demanda :
— Où mène ce tunnel ?
Élise répondit :
— À l'ancienne gare.
Ils coururent.
Puis une voix retentit dans les haut-parleurs.
Victor.
— Vous ne pouvez pas fuir éternellement.
Adrien s'arrêta.
— Comment nous suit-il ?
Élise regarda son téléphone.
Son visage changea.
— Il a installé un traceur.
Julien demanda :
— Où ?
Élise regarda Gabriel.
Puis Adrien.
— Sur l'un de vous.
Adrien vérifia ses poches.
Rien.
Julien non plus.
Gabriel fouilla son manteau.
Rien.
Élise regarda ses propres mains.
Puis elle comprit.
— Ce n'est pas sur nous.
Elle regarda la boîte de documents.
Un petit voyant rouge clignotait à l'intérieur.
Adrien ouvrit la boîte.
Un minuscule dispositif était caché sous le dossier.
— Il savait qu'on viendrait ici.
Julien murmura :
— Il savait tout.
Puis un bruit retentit derrière eux.
Des pas.
Ils se retournèrent.
Victor se tenait à l'entrée du tunnel.
Seul.
Il applaudit lentement.
— Magnifique.
Adrien pointa son arme.
— Tout est terminé.
Victor sourit.
— Non.
Il regarda Élise.
— Tout commence maintenant.
Élise s'avança.
— Tu as perdu.
Victor répondit :
— Tu crois vraiment que je suis venu vous tuer ?
Elle fronça les sourcils.
Victor sortit une enveloppe.
— Je suis venu vous donner la vérité.
Il la lança à Adrien.
Adrien l'ouvrit.
À l'intérieur se trouvait un test ADN.
Il lut les résultats.
Puis son visage devint livide.
Julien s'approcha.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Adrien leva lentement les yeux.
— Ce n'est pas possible.
Élise demanda :
— Quoi ?
Adrien tendit le document.
Julien le lut.
Puis il regarda Gabriel.
— Nous ne sommes pas seulement trois enfants.
Gabriel ferma les yeux.
Victor sourit.
— Il y en a un quatrième.
Adrien sentit son cœur se serrer.
— Qui ?
Victor répondit :
— Celui qui contrôle réellement Aurora.
Un silence absolu.
Puis Victor prononça un nom qu'aucun d'eux n'avait entendu depuis vingt ans.
« Sofia Morel. »
Élise pâlit.
— Sofia...
Gabriel leva les yeux.
— Elle est morte.
Victor sourit.
— Non.
Il sortit son téléphone.
Une vidéo apparut.
Une femme était assise dans une pièce sombre.
Elle leva lentement la tête.
Adrien resta sans voix.
Il connaissait ce visage.
C'était leur sœur.
Mais derrière elle se tenait quelqu'un d'autre.
Quelqu'un qu'ils croyaient mort.
Leonard Delorme.
Victor regarda les trois frères et sœurs.
— Bienvenue dans la véritable histoire de votre famille.
L'écran devint noir.
Et cette fois, Adrien comprit enfin :
Aurora n'avait jamais été une entreprise.
C'était un héritage familial.
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Et quelqu'un venait de récupérer les clés.
FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.