CHAPITRE 15 — LE PIÈGE DES DEUX FRÈRES

CHAPITRE 15 — LE PIÈGE DES DEUX FRÈRES
Julien regardait Leonard sans parler.
L'homme tenait toutes les cartes.
Il connaissait leur passé.
Il connaissait leurs faiblesses.
Et surtout, il savait exactement comment manipuler Julien.
— Où est ma mère ? demanda-t-il.
Leonard désigna l'escalier.
— À l'étage.
— Laissez-la partir.
— Donne-moi la clé.
Adrien s'interposa.
— Ne lui donne rien.
Julien se tourna vers son frère.
— C'est ma mère.
— Je sais.
— Alors tu sais ce que je dois faire.
Adrien secoua la tête.
— Non. Tu dois réfléchir.
Leonard sourit.
— Voilà pourquoi tu as toujours été le préféré.
Adrien le regarda.
— Qu'est-ce que vous racontez ?
— Ton père t'a toujours choisi.
Gabriel intervint :
— Leonard, ça suffit.
Leonard se tourna vers lui.
— Tu n'as jamais eu le courage d'assumer tes décisions.
Gabriel répondit :
— Et toi, tu as détruit tous ceux qui t'entouraient.
Leonard sourit.
— Parce que je savais que le pouvoir ne pouvait appartenir qu'à un seul homme.
Il regarda Adrien.
— Et cet homme, ce ne sera pas toi.
Soudain, un bruit de verre brisé retentit à l'étage.
Julien leva les yeux.
— Maman !
Il voulut monter.
Leonard leva une main.
— Pas si vite.
Deux hommes armés apparurent dans l'escalier.
Adrien comprit immédiatement.
— C'est un piège.
Julien regarda son frère.
— Je vais y aller.
— Non.
— Adrien...
— Il veut que tu réagisses sans réfléchir.
Leonard sourit.
— Tu apprends vite.
Adrien s'approcha.
— Vous avez organisé tout ça depuis vingt ans.
— Oui.
— L'incendie.
— Oui.
— La disparition de mon père.
— Oui.
— La manipulation de Julien.
Leonard hocha la tête.
— Tout.
Adrien serra les poings.
— Pourquoi ?
Leonard répondit :
— Parce qu'Aurora appartenait à Gabriel.
Il regarda les serveurs.
— Je voulais qu'elle m'appartienne.
Gabriel murmura :
— Tu aurais pu simplement partir.
Leonard éclata de rire.
— Partir ?
Il se retourna.
— J'ai construit la moitié de cet empire !
Puis il pointa Adrien.
— Et ton père a décidé de tout laisser à ses fils.
Adrien comprit.
— C'est donc ça.
— Oui.
Leonard s'approcha.
— Tu es la clé administrative.
Puis il regarda Julien.
— Lui est la clé biologique.
Adrien fronça les sourcils.
— Biologique ?
Leonard sourit.
— Aurora ne reconnaît pas seulement des mots de passe. Elle reconnaît les descendants directs des fondateurs.
Julien regarda les serveurs.
— Alors pourquoi avez-vous besoin de nous ?
— Parce que sans vous deux, je ne peux pas obtenir le contrôle total.
Adrien comprit enfin.
— Vous voulez que nous ouvrions le système ensemble.
— Exactement.
Un bruit de pas retentit derrière Leonard.
Une femme apparut.
Julien resta sans voix.
— Maman...
Elle était plus âgée que sur la photographie, mais ses yeux étaient les mêmes.
Elle regarda son fils.
— Julien.
Il courut vers elle.
Elle le serra dans ses bras.
Adrien resta à distance.
La femme regarda ensuite Adrien.
Des larmes remplirent ses yeux.
— Tu es le fils de Gabriel.
Adrien hocha la tête.
— Oui.
Elle s'approcha.
— Je suis désolée.
— Pourquoi ?
— Parce que j'ai laissé ton frère croire qu'il avait été abandonné.
Julien la regarda.
— Pourquoi m'as-tu laissé ici ?
Elle répondit :
— Parce que Leonard me menaçait.
Leonard intervint :
— Nous n'avons pas besoin de cette scène familiale.
Il sortit une télécommande.
Un écran apparut.
Sur celui-ci, un compte à rebours.
10:00
Adrien fronça les sourcils.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Le serveur principal va s'autodétruire.
Julien se retourna.
— Quoi ?
— Dans dix minutes, Aurora sera détruite.
Adrien regarda les écrans.
— Vous bluffez.
Leonard sourit.
— Peut-être.
Il posa la télécommande sur la table.
— Une seule façon de l'arrêter.
Adrien comprit.
— Nous devons ouvrir le système.
— Oui.
Julien regarda son frère.
— Si nous le faisons, il aura le contrôle.
Adrien répondit :
— Pas forcément.
— Qu'est-ce que tu proposes ?
Adrien regarda les serveurs.
Puis la clé.
Puis son père.
Une idée venait de lui traverser l'esprit.
— Nous allons lui donner ce qu'il veut.
Julien fronça les sourcils.
— Tu es fou ?
Adrien murmura :
— Nous allons ouvrir Aurora.
— Et ensuite ?
— Ensuite, nous allons la fermer de l'intérieur.
Gabriel comprit immédiatement.
— Adrien...
— Tu as construit le système.
Gabriel acquiesça.
— Oui.
— Alors aide-nous à le détruire.
Son père le regarda longuement.
Puis il sourit.
— Enfin.
Ils s'installèrent devant le serveur principal.
Julien posa sa main sur le scanner.
Adrien inséra la clé.
Le système demanda :
« HÉRITIERS CONFIRMÉS ? »
Adrien regarda Julien.
— Ensemble.
Julien posa sa main à côté de la sienne.
— Ensemble.
Ils validèrent.
Les écrans s'allumèrent.
Des centaines de comptes apparurent.
Des milliards d'euros.
Des sociétés.
Des propriétés.
Des contrats secrets.
Puis une fenêtre rouge :
« TRANSFERT DE PROPRIÉTÉ EN COURS. »
Leonard sourit.
— Vous avez fait le bon choix.
Adrien le regarda.
— Vous êtes sûr ?
Le sourire de Leonard disparut.
Une seconde fenêtre apparut.
« PROTOCOLE DE DESTRUCTION ACTIVÉ. »
Leonard recula.
— Quoi ?
Adrien sourit.
— Vous vouliez le contrôle.
Il regarda son frère.
— Nous allons vous laisser avec ce qu'il reste.
Le compte à rebours changea.
09:42
Puis :
09:41
Leonard cria :
— Arrêtez !
Adrien répondit :
— C'est terminé.
Mais soudain, l'écran principal devint noir.
Une dernière phrase apparut :
« ADMINISTRATEUR SUPRÊME : GABRIEL MOREL. »
Adrien se retourna.
Son père était debout derrière lui.
Et il tenait une arme.
— Papa ?
Gabriel leva lentement l'arme.
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— Je suis désolé, Adrien.
À suivre…