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CHAPITRE 13 — L'HÉRITIER QUE PERSONNE N'ATTENDAIT

CHAPITRE 13 — L'HÉRITIER QUE PERSONNE N'ATTENDAIT

Le silence dans la salle souterraine était devenu presque insupportable.

Sur l'écran, une seule phrase restait affichée :

« HÉRITIER PRINCIPAL : JULIEN MOREL. »

Adrien regarda son frère.

Julien ne bougeait plus.

— Tu savais ? demanda Adrien.

— Non.

— Tu savais que papa t'avait choisi ?

— Je viens de l'apprendre.

Adrien regarda leur père.

Gabriel semblait épuisé.

— C'est vrai ?

Il hocha la tête.

— Oui.

Adrien sentit une douleur étrange dans sa poitrine.

Toutes ces années...

Toutes ces manipulations...

Tout ce qu'il avait cru comprendre...

était encore faux.

— Alors pourquoi m'avoir préparé ?

Gabriel répondit :

— Parce que Julien avait refusé.

Julien intervint :

— Et tu as pensé qu'Adrien accepterait ?

— Je pensais que je pourrais vous protéger tous les deux.

Julien eut un rire amer.

— Tu nous as séparés.

Gabriel baissa les yeux.

— Je sais.

Adrien regarda l'ordinateur.

— Pourquoi Aurora me reconnaît-elle alors comme héritier ?

Gabriel répondit :

— Parce qu'après la disparition de Julien, j'ai modifié le système.

— Pour moi ?

— Pour vous deux.

Il expliqua que le système avait été conçu avec deux niveaux d'accès.

Julien possédait l'autorité principale.

Adrien possédait la clé de secours.

Aucun des deux ne pouvait contrôler Aurora seul.

— Vous étiez censés travailler ensemble, conclut Gabriel.

Julien fixa son père.

— Et si l'un de nous refuse ?

Gabriel ne répondit pas.

L'ordinateur émit un signal sonore.

Un nouveau fichier apparut.

CONTRAT DE SUCCESSION.

Adrien l'ouvrit.

Les premières lignes indiquaient que le contrôle complet d'Aurora ne pouvait être transféré qu'à deux héritiers agissant conjointement.

Mais une clause attira son attention.

Il lut à voix haute :

— « En cas de conflit entre les héritiers, l'autorité revient au troisième fondateur. »

Julien releva immédiatement la tête.

— Gabriel.

Adrien comprit.

— Notre oncle.

Gabriel acquiesça.

— Oui.

— Il contrôle Aurora si nous nous disputons ?

— Oui.

Julien serra les poings.

— C'est exactement ce qu'il veut.


Un bruit de pas retentit dans le tunnel.

Tout le monde se retourna.

Maître Lefèvre entra précipitamment.

— Nous avons un problème.

Adrien se leva.

— Le ministre ?

— Non.

Elle posa une tablette sur la table.

Une diffusion en direct était affichée.

Une chaîne d'information annonçait une crise financière massive.

Plusieurs banques européennes venaient de suspendre leurs opérations.

Le présentateur parlait rapidement :

— Les marchés sont sous tension après une série de mouvements financiers inexplicables. Plusieurs groupes internationaux semblent avoir perdu l'accès à leurs comptes...

Adrien regarda Julien.

— Aurora.

Julien acquiesça.

— Quelqu'un utilise le système.

Maître Lefèvre ajouta :

— Et il utilise votre identité.

Adrien se figea.

— La mienne ?

— Oui.

Une seconde image apparut.

Un document officiel.

Une signature électronique.

Adrien Morel.

— Je n'ai jamais signé ça.

— Je sais.

Julien regarda l'écran.

— Quelqu'un veut faire croire que tu attaques les banques.

Adrien comprit immédiatement.

— Pour me faire arrêter.

Maître Lefèvre acquiesça.

— Et pour déclencher une guerre financière.


Quelques minutes plus tard, la police encerclait déjà la villa.

Des sirènes retentissaient dehors.

Claire regarda son fils.

— Ils vont venir.

Adrien prit la tablette.

— Alors nous devons prouver que quelqu'un utilise mon identité.

Julien répondit :

— Nous pouvons remonter jusqu'au serveur central.

— Où ?

— À Paris.

Adrien sourit.

— Alors allons-y.

Gabriel se leva difficilement.

— Non.

Adrien se retourna.

— Pourquoi ?

— Parce que le serveur central est un piège.

— Tu le savais ?

— Oui.

— Alors explique.

Gabriel hésita.

— Le serveur central n'est pas réellement à Paris.

Adrien fronça les sourcils.

— Où est-il ?

Gabriel répondit :

— Dans la villa.

Un silence.

Adrien comprit.

— Sous nos pieds.

Gabriel acquiesça.

— Il existe un deuxième niveau.


Ils descendirent encore.

Un escalier caché derrière le coffre apparut.

La pièce inférieure était beaucoup plus grande.

Des dizaines de serveurs fonctionnaient encore.

Adrien regarda les écrans.

Toutes les transactions financières du réseau Aurora étaient visibles.

Puis une fenêtre apparut :

CONNEXION DISTANTE — JULIEN MOREL

Julien recula.

— Ce n'est pas moi.

Adrien le regarda.

— Je te crois.

Un autre nom apparut.

GABRIEL MOREL.

Gabriel pâlit.

— Ce n'est pas moi non plus.

Puis un troisième.

CLAIRE MOREL.

Claire s'immobilisa.

Adrien se tourna vers elle.

— Maman ?

— Je ne sais pas comment...

Une quatrième identité apparut.

VICTOR DELORME.

Julien murmura :

— Impossible.

Adrien demanda :

— Victor est mort.

— C'est ce qu'on nous a fait croire.

Soudain, une voix sortit des haut-parleurs.

Calme.

Froide.

— Vous êtes enfin tous réunis.

Adrien se retourna.

— Qui êtes-vous ?

La voix répondit :

— Tu me connais.

Julien regarda les écrans.

— Gabriel...

Son père semblait terrifié.

La voix continua :

— Vous avez passé vingt ans à chercher le responsable.

Puis :

— Vous n'avez jamais compris qu'il était devant vous.

Les écrans s'allumèrent simultanément.

Une vidéo apparut.

Un homme entra dans une pièce.

Il retira son manteau.

Adrien resta figé.

Il connaissait ce visage.

Le ministre.

Mais la vidéo montrait quelque chose de beaucoup plus ancien.

Vingt ans plus tôt.

Le ministre était jeune.

Et il se tenait aux côtés de Leonard Delorme.

Puis Gabriel apparut.

Puis Claire.

Puis...

un enfant.

Julien.

Adrien regarda l'écran.

Le ministre posa une main sur l'épaule de Julien.

— C'est lui.

Adrien fronça les sourcils.

— Qu'est-ce que ça veut dire ?

La voix répondit :

— Julien n'a jamais été notre prisonnier.

Julien recula.

— Quoi ?

La voix prononça alors les mots qui bouleversèrent tout :

Julien travaillait pour nous depuis l'âge de cinq ans.

Adrien regarda son frère.

— Julien...

Julien secoua violemment la tête.

— Je ne savais rien.

Mais une image apparut.

Un petit Julien tenant la main du ministre.

Et au-dessous :

« SUJET AURORA — PROGRAMME HÉRITIER. »

Adrien ne savait plus qui croire.

Son père.

Sa mère.

Son frère.

Tous avaient menti.

Mais quelqu'un avait préparé Julien depuis son enfance.

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Et cette personne venait de révéler son existence.

À suivre…

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