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CHAPITRE 18 — L'OMBRE AU-DESSUS D'AURORA

CHAPITRE 18 — L'OMBRE AU-DESSUS D'AURORA

Adrien relut la lettre.

Une fois.

Puis une deuxième fois.

« Leonard n'était pas le véritable cerveau d'Aurora. »

Julien se pencha vers lui.

— Qu'est-ce que ça veut dire ?

Adrien lui tendit la lettre.

Julien lut les lignes suivantes.

« Si Leonard vous a laissé croire qu'il contrôlait Aurora, c'est parce que quelqu'un lui permettait de le croire. »

Julien releva la tête.

— Quelqu'un au-dessus de lui.

Adrien acquiesça.

— Papa savait.

Claire s'approcha.

— Que dit la suite ?

Adrien continua.

« Cette personne a toujours été proche de notre famille. »

Le visage de Claire changea.

— Proche... comment ?

Adrien poursuivit.

« Elle a assisté à tous les événements importants de notre vie. »

Julien fronça les sourcils.

— Ça pourrait être n'importe qui.

Adrien tourna la page.

« Elle était présente à mon mariage. »

Claire pâlit.

« Elle était présente à la naissance de mes fils. »

Adrien s'arrêta.

Puis :

« Elle était présente le jour de l'incendie. »

Julien regarda sa mère.

— Qui était là ?

Claire semblait chercher dans ses souvenirs.

— La famille.

— Qui d'autre ?

Elle ferma les yeux.

Puis murmura :

— Le médecin.

Adrien fronça les sourcils.

— Quel médecin ?

Claire secoua la tête.

— Celui qui s'occupait de ton père.

Julien demanda :

— Son nom ?

Claire répondit :

Docteur Émile Vasseur.

Adrien sortit immédiatement son téléphone.

Il chercha le nom.

Aucun résultat.

— Il n'existe plus.

Maître Lefèvre intervint :

— C'est impossible.

Elle prit son propre ordinateur.

Après quelques secondes, elle releva les yeux.

— Il existe.

— Où ?

— À Paris.

Elle tourna l'écran.

Une adresse apparut.

Adrien reconnut immédiatement le quartier.

— Il est à deux rues de la villa.

Julien murmura :

— Trop proche.


Ils partirent immédiatement.

La maison du docteur était silencieuse.

Une petite demeure ancienne, sans gardien ni caméra visible.

Adrien frappa.

Aucune réponse.

Il frappa encore.

— Docteur Vasseur ?

Toujours rien.

Julien remarqua que la porte était entrouverte.

— Elle n'est pas verrouillée.

Ils entrèrent.

L'intérieur était impeccablement rangé.

Trop rangé.

Aucune photographie.

Aucun souvenir.

Aucun document.

Puis Adrien remarqua un détail.

Sur un bureau se trouvait une petite boîte noire.

Il l'ouvrit.

À l'intérieur :

des photographies de sa famille.

Des dizaines.

Adrien les regarda.

Certaines avaient été prises lorsqu'il était enfant.

D'autres lorsqu'il était adolescent.

Une photo récente le montrait devant la villa.

— Il nous surveillait.

Julien prit une autre photographie.

Il y figurait lui-même à l'âge de six ans.

À côté de lui...

le ministre.

Julien recula.

— Il était là aussi.

Claire entra dans la pièce.

Elle vit les photographies.

Son visage se décomposa.

— Je connais cette maison.

Adrien la regarda.

— Tu es déjà venue ici ?

Elle hocha la tête.

— Une fois.

— Quand ?

— Après l'incendie.

— Pourquoi ?

Claire répondit :

— Pour demander de l'aide.

Adrien se figea.

— À lui ?

— Oui.

— Et qu'a-t-il fait ?

Claire regarda la boîte.

— Il m'a dit que je devais choisir lequel de mes fils je voulais sauver.

Julien pâlit.

— Quoi ?

Claire éclata en sanglots.

— Il m'a dit qu'il ne pouvait protéger qu'un seul enfant.

Adrien s'approcha.

— Et tu as choisi moi.

Claire acquiesça.

— Oui.

Julien resta immobile.

— Alors j'ai été abandonné.

Claire secoua la tête.

— Non.

Elle prit ses mains.

— J'ai essayé de revenir pour toi.

Julien répondit :

— Mais tu n'es jamais revenue.

— Parce qu'ils m'en ont empêchée.

Adrien regarda les documents.

— Qui ?

Claire ne répondit pas.

Une voix retentit derrière eux.

— Moi.

Tout le monde se retourna.

Le docteur Vasseur se tenait dans l'embrasure de la porte.

Il était âgé.

Calme.

Un sourire presque bienveillant sur le visage.

— Docteur...

Il leva une main.

— Vous êtes venus chercher des réponses.

Adrien s'approcha.

— Vous avez détruit notre famille.

Vasseur secoua la tête.

— Non.

— Alors qui ?

Le médecin sourit.

— Votre père.

Adrien serra les poings.

— Il est mort.

— Oui.

— Alors vous êtes responsable.

Vasseur répondit :

— Je suis responsable de beaucoup de choses.

Il regarda Julien.

— Mais pas de votre naissance.

Julien fronça les sourcils.

— Que voulez-vous dire ?

Le médecin sortit un dossier.

— Tu n'es pas le fils biologique de Gabriel.

Silence.

Julien resta pétrifié.

— Quoi ?

Adrien regarda le docteur.

— Vous mentez.

Vasseur secoua la tête.

— Un test ADN suffira.

Il posa le dossier sur la table.

— Ton père biologique était Leonard Delorme.

Julien recula.

— Non...

— Gabriel t'a élevé comme son fils parce qu'il avait promis à ta mère de te protéger.

Adrien regarda Julien.

Son frère semblait détruit.

— Alors nous ne sommes pas frères.

Vasseur répondit :

— Pas biologiquement.

Julien ferma les yeux.

Adrien s'approcha.

— Pour moi, tu es mon frère.

Julien leva les yeux.

— Même maintenant ?

Adrien posa une main sur son épaule.

— Surtout maintenant.

Le médecin les observa.

Puis il sourit.

— C'est exactement ce que votre père espérait.

Adrien se retourna.

— Pourquoi ?

Vasseur répondit :

— Parce qu'Aurora n'a jamais eu besoin de deux héritiers biologiques.

Il marqua une pause.

— Elle avait besoin de deux frères capables de choisir leur famille plutôt que le pouvoir.

Adrien comprit.

— Alors tout ça...

— Était un test.

Julien regarda le médecin.

— Et vous ?

Vasseur sourit.

— Je suis celui qui devait vous guider jusqu'à la dernière étape.

Il posa une enveloppe sur la table.

— Votre père voulait que vous ouvriez ceci seulement après la destruction d'Aurora.

Adrien prit l'enveloppe.

À l'intérieur se trouvait une adresse.

Paris — Cimetière du Père-Lachaise.

Julien fronça les sourcils.

— Pourquoi un cimetière ?

Adrien retourna la feuille.

Une phrase était écrite au dos :

« Votre père n'est pas mort dans l'explosion. »

Adrien sentit son cœur s'arrêter.

— Quoi ?

Vasseur ne répondit pas.

Julien regarda Adrien.

— Alors où est-il ?

Le médecin sourit.

— Cherchez la tombe qui porte son nom.

Puis il ajouta :

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— Et vous découvrirez qui est réellement mort ce jour-là.

À suivre…

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