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CHAPITRE 8 — L'HÉRITIER D'AURORA

CHAPITRE 8 — L'HÉRITIER D'AURORA

Adrien resta figé devant l'écran noir.

Les derniers mots de son père résonnaient dans sa tête.

« Il est temps de rentrer chez vous. »

Il se retourna vers la porte.

— Nous devons partir.

Claire ne bougea pas.

— Adrien...

— Maintenant.

Son père tenta de se redresser.

— Écoute-moi.

Adrien revint près du lit.

— Je t'écoute.

— Ne fais confiance à personne.

— Même à ma mère ?

Son père regarda Claire.

Un long silence s'installa.

— Surtout à ceux qui prétendent vouloir te protéger.

Claire baissa les yeux.

Adrien sentit une nouvelle vague de doute l'envahir.

— Vous avez tous passé vingt ans à me mentir.

Son père répondit :

— Parce que la vérité aurait fait de toi une cible.

— Je suis déjà une cible.

À cet instant, la porte de la chambre s'ouvrit.

Une infirmière entra.

— Monsieur Morel ?

Adrien se retourna.

— Oui ?

Elle tenait une enveloppe.

— Ceci vient d'arriver pour vous.

Adrien la prit.

Aucun nom.

Aucune adresse.

Il l'ouvrit.

Une photographie tomba sur le sol.

Adrien la ramassa.

Son visage changea.

On y voyait sa villa.

Mais la photographie avait été prise depuis l'intérieur.

Au dos, une phrase :

« Vous êtes observé depuis le jour de votre naissance. »

Adrien leva les yeux.

— Maman...

Claire comprit immédiatement.

— Ce n'est pas moi.

— Alors qui ?

Personne ne répondit.


Quelques minutes plus tard, les lumières de la clinique s'éteignirent.

Les alarmes se déclenchèrent.

Des cris retentirent dans le couloir.

— Qu'est-ce qui se passe ? demanda Claire.

Adrien sortit de la chambre.

Un agent de sécurité courait vers eux.

— Il faut évacuer le bâtiment !

— Pourquoi ?

— Nous avons perdu le contrôle des systèmes.

Adrien regarda son téléphone.

Toutes ses applications bancaires venaient de se fermer.

Puis un message apparut :

« COMPTE AURORA ACTIVÉ. »

Adrien sentit son sang se glacer.

Un deuxième message :

« SOLDE DISPONIBLE : 14,7 MILLIARDS € »

Il regarda son père.

— Qu'est-ce que c'est ?

Son père répondit :

— Ton héritage.

Adrien secoua la tête.

— Je n'en veux pas.

— Ce n'est pas une question de vouloir.

Il marqua une pause.

— Le système te reconnaît comme propriétaire.

Adrien regarda son téléphone.

Une nouvelle notification apparut.

« VALIDATION BIOMÉTRIQUE REQUISE. »

Puis une caméra située au plafond pivota vers lui.

Un scanner rouge parcourut son visage.

Un bip retentit.

IDENTITÉ CONFIRMÉE.

Adrien recula.

— Désactivez ça.

Son père ferma les yeux.

— C'est trop tard.


Dans le couloir, les portes automatiques commencèrent à se fermer.

Claire attrapa le bras d'Adrien.

— Nous devons sortir.

Ils avancèrent rapidement.

Mais devant eux se trouvait un homme en costume noir.

Adrien le reconnut.

C'était l'avocat de la famille Delorme.

— Vous ?

L'homme sourit.

— Monsieur Morel.

Adrien s'arrêta.

— Comment êtes-vous arrivé ici ?

— Je vous attendais.

— Pour quoi faire ?

— Vous ramener à Paris.

Claire se plaça devant son fils.

— Il ne viendra nulle part avec vous.

L'avocat sourit.

— Madame Morel, vous devriez plutôt vous demander pourquoi votre fils vient d'hériter de quelque chose qui pourrait faire tomber plusieurs gouvernements.

Adrien le fixa.

— Vous travaillez pour Aurora ?

— Depuis vingt-deux ans.

Claire pâlit.

— Vous étiez là le soir de l'incendie.

L'homme acquiesça.

— Oui.

Adrien sentit sa colère monter.

— Vous saviez que mon père était vivant.

— Oui.

— Vous saviez où il se trouvait.

— Oui.

— Alors pourquoi m'avoir laissé le chercher pendant vingt ans ?

L'avocat répondit :

— Parce que votre père voulait savoir si vous étiez digne de lui succéder.

Adrien resta silencieux.

— Il m'a testé ?

— Toute votre vie.

Adrien regarda son père à travers la porte de la chambre.

— Et si je refuse ?

L'avocat sourit.

— Alors quelqu'un d'autre prendra votre place.

— Qui ?

L'homme répondit :

— Votre cousin.

Adrien fronça les sourcils.

— Je n'ai pas de cousin.

L'avocat le regarda droit dans les yeux.

— Vous en avez un.

Il sortit une photographie.

Adrien la prit.

Un jeune homme.

Même âge que lui.

Même regard.

Même cicatrice près du sourcil.

Adrien sentit son cœur s'arrêter.

— Qui est-ce ?

L'avocat répondit :

Julien Morel.

Claire devint livide.

— Non...

Adrien la regarda.

— Tu le connais ?

Elle secoua la tête.

— Non.

Mais son expression disait le contraire.

Adrien s'approcha.

— Maman.

Claire ferma les yeux.

— Julien est le fils de ton père.

Adrien resta sans voix.

— Mon frère ?

Claire acquiesça.

— Ton demi-frère.

L'avocat reprit :

— Et il possède une chose que vous n'avez pas.

— Quoi ?

— La confiance d'Aurora.


À cet instant, le téléphone d'Adrien sonna.

Un appel vidéo.

Numéro inconnu.

Il décrocha.

Le visage de Julien apparut.

Jeune.

Calme.

Souriant.

— Bonjour, Adrien.

Adrien ne répondit pas.

Julien continua :

— Je suppose que tu viens enfin de découvrir mon existence.

— Où es-tu ?

— À Paris.

— Que veux-tu ?

Julien sourit.

— Ce qui m'appartient.

Adrien serra les dents.

— Aurora ?

— Pas seulement.

Julien se pencha vers la caméra.

Je veux notre famille.

Puis l'écran devint noir.

Adrien regarda son père.

— Pourquoi m'avoir caché mon frère ?

Son père répondit d'une voix faible :

— Parce que je savais qu'un jour...

Il prit une respiration difficile.

— ...vous finiriez par devoir vous battre.

Adrien resta immobile.

Claire se mit à pleurer.

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Et pour la première fois, Adrien comprit que toute sa vie n'avait peut-être été qu'une immense préparation à une guerre dont il ignorait même l'existence.

À suivre…

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