CHAPITRE 12 — LE CHOIX DE CLAIRE

CHAPITRE 12 — LE CHOIX DE CLAIRE
Le claquement de la porte métallique résonna dans le tunnel.
CLANG !
Adrien se retourna.
Trop tard.
Ils étaient enfermés.
Derrière la porte, les hommes du ministre avançaient.
Claire était immobile.
Adrien la regardait avec une expression qu'elle ne lui avait jamais vue.
Pas de colère.
Pas de peur.
Seulement une profonde déception.
— Tu as livré papa.
Claire ferma les yeux.
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce qu'ils avaient Julien.
Adrien se figea.
Julien releva la tête.
— Quoi ?
Claire le regarda.
— Ils t'avaient capturé quand tu avais cinq ans.
Julien resta silencieux.
— Ils menaçaient de te tuer si je ne leur donnais pas les informations de ton père.
Gabriel murmura :
— Claire...
Elle se tourna vers lui.
— Je n'avais pas le choix.
— Tu aurais dû me prévenir.
— Si je t'avais prévenu, ils auraient tué les deux garçons.
Adrien regarda Julien.
Puis sa mère.
Il comprenait enfin.
Cette famille avait été construite sur des sacrifices.
Et chacun avait menti pour protéger quelqu'un d'autre.
Le ministre s'approcha de la porte.
— Vous avez cinq minutes.
Adrien cria :
— Qu'est-ce que vous voulez ?
— La clé.
— Et si je refuse ?
Le ministre sourit.
— Alors votre père meurt.
Gabriel s'approcha d'Adrien.
— Donne-la-lui.
Adrien se retourna.
— Quoi ?
— Donne-lui la clé.
— Après tout ce qu'il nous a fait ?
Gabriel répondit calmement :
— La clé n'est pas le coffre.
Adrien fronça les sourcils.
— Qu'est-ce que ça signifie ?
Gabriel sourit.
— Ton père a toujours aimé cacher les choses importantes derrière les choses évidentes.
Il regarda la clé.
— Cette clé ouvre seulement la première porte.
Adrien comprit.
— Il y en a une deuxième.
— Oui.
Julien s'approcha.
— Et la deuxième clé ?
Gabriel regarda Claire.
— Elle l'a.
Adrien se tourna vers sa mère.
Claire sortit lentement un petit objet de son pendentif.
Une clé argentée.
— Je la porte depuis vingt ans.
Adrien resta silencieux.
— Pourquoi ne me l'as-tu jamais donnée ?
— Parce que je ne voulais pas que tu connaisses la vérité.
Le ministre entendit.
— Donnez-moi les deux clés !
Gabriel sourit.
— Vous n'avez toujours rien compris.
Le ministre fronça les sourcils.
— Quoi ?
— Le coffre n'est pas sous cette maison.
Le visage du ministre changea.
— Où est-il ?
Gabriel regarda Adrien.
— Dans la seule propriété que personne n'a jamais osé fouiller.
Adrien réfléchit.
Puis il comprit.
— La villa de Paris.
Gabriel acquiesça.
— Exactement.
Soudain, une alarme retentit.
Les lumières rouges du tunnel s'allumèrent.
Julien regarda son téléphone.
— Les portes extérieures viennent de s'ouvrir.
Adrien demanda :
— Qui les a ouvertes ?
Julien leva les yeux.
— Quelqu'un à l'intérieur.
Le ministre se retourna.
— Impossible.
Un homme surgit derrière lui.
Il frappa le premier garde.
Puis le deuxième.
Le ministre recula.
Adrien reconnut l'homme.
C'était Maître Lefèvre.
— Comment êtes-vous arrivée ici ?
Elle répondit :
— Je suis avocate, pas magicienne.
Julien sourit.
— J'aime cette femme.
Elle regarda Adrien.
— Nous devons partir.
Le ministre cria :
— Attrapez-les !
Tout se passa en quelques secondes.
Julien repoussa un garde.
Claire entraîna Gabriel vers le tunnel.
Adrien courut derrière eux.
Maître Lefèvre ferma la porte.
Ils s'échappèrent.
Une heure plus tard, dans un véhicule blindé, personne ne parlait.
Adrien regardait son père.
— On retourne à Paris.
Gabriel acquiesça.
— Oui.
— Et on ouvre le coffre.
— Oui.
Adrien se tourna vers Claire.
— Mais avant...
Elle le regarda.
— Je veux toute la vérité.
Claire hocha la tête.
— Tu l'auras.
— Même si elle détruit notre famille ?
— Même si elle me détruit.
Adrien regarda par la fenêtre.
La ville disparaissait derrière eux.
Julien était assis à côté de son frère.
Pour la première fois, ils ne se regardaient plus comme des adversaires.
Ils étaient deux fils d'une même famille.
Deux héritiers d'une histoire qu'ils n'avaient pas choisie.
À Paris, la villa les attendait.
Adrien entra dans son bureau.
Tout semblait identique.
Il s'approcha du mur derrière la cheminée.
— C'est ici ?
Gabriel acquiesça.
Adrien inséra la première clé.
Un mécanisme se déclencha.
Puis la deuxième.
Le mur s'ouvrit lentement.
Un escalier descendait dans l'obscurité.
Ils descendirent.
Au bout se trouvait une immense chambre souterraine.
Au centre...
un coffre.
Mais quelque chose était écrit dessus.
Adrien s'approcha.
Il lut :
« La vérité ne doit être ouverte que par mes deux fils. »
Adrien regarda Julien.
— Nous devons l'ouvrir ensemble.
Julien posa sa main sur le mécanisme.
Adrien fit de même.
Le coffre s'ouvrit.
À l'intérieur se trouvaient des centaines de dossiers.
Des comptes bancaires.
Des contrats.
Des photographies.
Mais surtout...
un ordinateur portable.
L'écran s'alluma automatiquement.
Une vidéo apparut.
Gabriel regarda l'écran.
Puis son visage devint livide.
— Non...
Adrien demanda :
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Gabriel ne répondit pas.
La vidéo commença.
On y voyait Claire.
Vingt ans plus tôt.
Elle était assise dans une pièce avec Leonard Delorme.
Et devant eux...
se trouvait le père d'Adrien.
Claire disait :
— Je vous donnerai les informations.
Leonard répondit :
— Et en échange ?
Claire regarda l'homme.
Puis prononça une phrase qui glaça Adrien :
— Je veux que mon mari disparaisse.
Adrien se tourna lentement vers sa mère.
Claire éclata en sanglots.
— Ce n'est pas ce que tu crois.
Mais Adrien ne pouvait plus l'entendre.
Car la vidéo continuait.
Leonard se pencha vers Claire.
— Et votre fils ?
Claire répondit :
— Adrien ne doit jamais savoir qu'il a un frère.
L'écran s'arrêta.
Silence.
Adrien recula.
Il regarda sa mère.
— Pourquoi ?
Claire pleurait.
— Parce que je savais que Julien était la clé d'Aurora.
Julien se figea.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
Claire répondit :
— Ton père n'a pas choisi Adrien comme héritier.
Elle regarda Julien.
— Il t'avait choisi, toi.
Julien resta sans voix.
Et soudain, l'ordinateur se ralluma.
Une nouvelle phrase apparut :
« PHASE DE SUCCESSION : COMMENCÉE. »
Puis une seconde :
« HÉRITIER PRINCIPAL : JULIEN MOREL. »
Adrien regarda son frère.
Julien regarda Adrien.
Aucun des deux ne savait encore que le véritable combat ne serait pas contre Aurora.
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Il serait entre eux.
À suivre…