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CHAPITRE 10 — LA NUIT DE L’INCENDIE

CHAPITRE 10 — LA NUIT DE L’INCENDIE

La maison abandonnée se dressait au sommet d'une colline, loin de Genève.

Vingt ans plus tôt, elle avait été réduite en cendres.

Aujourd'hui, il ne restait que des murs noircis, des fenêtres brisées et une partie de l'escalier.

Adrien descendit de voiture.

Claire resta derrière lui.

— Tu avais promis de venir seul, dit-elle.

— Je n'ai jamais promis de venir sans toi.

Il regarda la maison.

— Tu connais cet endroit mieux que moi.

Claire baissa les yeux.

— J'aurais préféré que tu ne t'en souviennes jamais.

Ils entrèrent.

Le sol craquait sous leurs pieds.

Adrien avançait lentement.

Une sensation étrange l'envahit.

Il connaissait cet endroit.

Pas avec sa mémoire.

Avec son corps.

Il s'arrêta devant un couloir.

— Ici.

Claire le regarda.

— Quoi ?

— Je me souviens.

Une image traversa son esprit.

Un enfant qui court.

Des flammes.

Une femme qui crie.

Un homme qui tient une mallette.

Adrien porta une main à sa tête.

— J'ai vu quelque chose.

Claire s'approcha.

— Quoi ?

— Papa.

Il ferma les yeux.

— Il courait.

Puis une autre image.

Un petit garçon.

Julien.

Il pleurait.

— Julien était là.

Claire acquiesça.

— Oui.

— Et toi aussi.

— Oui.

Adrien la regarda.

— Pourquoi tout le monde me mentait ?

Claire ne répondit pas.

Soudain, une lumière s'alluma à l'étage.

Adrien leva les yeux.

— Julien.

Ils montèrent.

Une porte s'ouvrit.

Julien apparut.

Il n'avait aucune arme.

Il semblait parfaitement calme.

— Tu es venu.

Adrien s'arrêta.

— Où est notre mère ?

Julien sourit.

— Toujours la même question.

— Où est-elle ?

— En sécurité.

— Je veux la voir.

Julien sortit une photographie.

Il la tendit.

On y voyait une femme âgée assise dans une pièce.

Adrien reconnut immédiatement son visage.

— Elle est vivante.

— Oui.

— Fais-la venir.

Julien secoua la tête.

— Pas encore.

Adrien avança.

— Alors pourquoi m'as-tu fait venir ?

Julien regarda Claire.

— Parce qu'elle t'a menti.

Claire détourna le regard.

— À propos de quoi ?

Julien répondit :

— De la nuit où notre famille s'est détruite.

Adrien sentit son cœur accélérer.

— Raconte-moi.

Julien se dirigea vers une vieille cheminée.

Il retira une brique.

Un compartiment secret apparut.

Il en sortit une petite boîte.

— Ton père avait caché ça.

Adrien regarda la boîte.

— Qu'est-ce que c'est ?

— Une caméra.

Il l'alluma.

Une vidéo apparut.

L'image était sombre.

On distinguait la maison vingt ans plus tôt.

Un homme entra.

Adrien reconnut son père.

Puis Leonard Delorme.

Puis un troisième homme.

Adrien fronça les sourcils.

— Gabriel.

Julien acquiesça.

— Ils se disputaient.

Le son était faible.

Mais certaines phrases étaient audibles.

— Tu ne peux pas continuer, disait Leonard.

Le père d'Adrien répondait :

— Je ne te laisserai pas prendre le contrôle.

Puis Gabriel cria :

— Vous allez tous nous tuer !

Adrien regardait l'écran sans respirer.

Soudain, un enfant apparut.

Lui-même.

Trois ans.

Il tenait la petite clé noire.

Julien s'approcha de lui.

Puis une femme entra.

Claire.

Elle prit Adrien dans ses bras.

La vidéo s'arrêta.

Adrien regarda sa mère.

— Pourquoi avais-je cette clé ?

Claire pleurait.

— Parce que ton père voulait que tu la gardes.

— Pourquoi ?

— Parce que tu étais le seul que personne ne soupçonnait.

Julien intervint :

— Cette clé ouvre le coffre principal d'Aurora.

Adrien regarda la petite clé.

— Où est le coffre ?

Julien répondit :

— Sous la première villa de notre père.

Adrien comprit.

— Celle de Paris.

— Oui.

Claire secoua la tête.

— Non.

Adrien se tourna vers elle.

— Quoi ?

— Ton père ne voulait pas que tu ouvres ce coffre.

Julien sourit.

— Parce qu'il contient les preuves de tout ce qu'il a fait.

Adrien fixa son frère.

— Et toi, pourquoi veux-tu que je l'ouvre ?

Julien répondit :

— Parce que je veux détruire Aurora.

Adrien resta silencieux.

— Alors pourquoi travailles-tu pour eux ?

Le sourire de Julien disparut.

— Parce que c'est la seule manière de les atteindre.

Un bruit retentit dehors.

Des véhicules.

Julien regarda par la fenêtre.

— Ils nous ont trouvés.

Claire pâlit.

— Qui ?

Julien répondit :

— Aurora.

Des phares apparurent autour de la maison.

Adrien regarda son frère.

— Combien sont-ils ?

Julien sortit une arme.

— Trop nombreux.

Claire recula.

— Nous devons partir.

Julien secoua la tête.

— Il n'y a plus d'issue.

Une voix retentit par haut-parleur :

Adrien Morel !

Adrien regarda dehors.

Un homme se tenait devant les voitures.

Costume noir.

Bague noire.

Il leva un mégaphone.

— Vous avez dix minutes pour sortir.

Adrien reconnut immédiatement l'homme.

— Le ministre.

Claire ferma les yeux.

— Il nous a retrouvés.

Adrien serra la clé dans sa main.

— Alors nous n'avons plus dix minutes.

Il regarda Julien.

— Nous avons besoin d'un plan.

Julien sourit.

— Enfin.

Les deux frères se regardèrent.

Pour la première fois de leur vie, ils étaient du même côté.

Mais aucun d'eux ne savait encore que quelqu'un d'autre se trouvait dans la maison.

Quelqu'un qui avait été là depuis le début.

Un bruit venait du sous-sol.

Un seul.

Trois coups contre une porte métallique.

Adrien se figea.

— Tu as entendu ?

Julien acquiesça.

Claire devint blanche.

— C'est impossible...

Adrien demanda :

— Quoi ?

Elle murmura :

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Ton père.

À suivre…

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