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CHAPITRE 2 — LA CLÉ USB

CHAPITRE 2 — LA CLÉ USB

Je n'ai pas bougé pendant plusieurs secondes.

Les mots d'Éléonore résonnaient encore dans ma tête.

« Ils savent que vous avez la clé. »

Je portais instinctivement la main à la poche intérieure de ma veste.

La clé USB était toujours là.

Petite.

Noire.

Presque insignifiante.

Et pourtant, elle venait probablement de faire de moi la prochaine cible.

— Mademoiselle Martin ?

Je me retournai.

Le policier se tenait derrière moi.

— Vous devez venir avec nous.

— Pourquoi ?

— Nous avons besoin de votre déclaration.

Je regardai l'ambulance dans laquelle les médecins emmenaient Victor.

Son visage était caché derrière un masque à oxygène.

Un médecin criait des instructions.

Les portes allaient se refermer.

Je fis un pas vers lui.

— Je veux savoir où ils l'emmènent.

Le policier répondit :

— Hôpital Saint-Antoine.

Je hochai la tête.

— J'y vais.

— Vous ne pouvez pas.

— Pourquoi ?

Il hésita.

— Parce que plusieurs personnes présentes à cette cérémonie avaient accès au défunt avant son enterrement. Nous devons déterminer qui savait qu'il était encore vivant.

Je compris immédiatement.

Quelqu'un avait forcément vérifié son corps.

Un médecin.

Un employé des pompes funèbres.

Un membre de la famille.

Ou...

Éléonore.

Je regardai vers elle.

Elle parlait avec un homme en costume gris.

Il lui remit quelque chose.

Une enveloppe.

Elle la glissa immédiatement dans son sac.

Puis elle leva les yeux.

Nos regards se croisèrent.

Elle sourit.

Un sourire parfaitement poli.

Mais ses yeux disaient autre chose.

Je sais ce que tu as.


Une heure plus tard, je me trouvais dans un petit bureau du commissariat.

Une lampe blanche éclairait la table.

Le policier posa un enregistreur devant moi.

— Recommençons depuis le début.

— D'accord.

— Quand avez-vous rencontré Victor de Rochefort ?

— Il y a trois mois.

— Dans quelles circonstances ?

— Dans son garage.

— Vous êtes mécanicienne ?

— Oui.

Il regarda mes mains.

Mes ongles étaient encore noirs de cambouis malgré les efforts pour les nettoyer.

— Pourquoi vous a-t-il appelée ?

— Il avait un problème avec une voiture.

— Quel genre de problème ?

Je me tus.

— Une voiture blindée.

Il nota quelque chose.

— Et ensuite ?

— Il m'a demandé de vérifier le système électrique.

— Vous avez découvert quelque chose ?

Je regardai la porte.

— Oui.

— Quoi ?

— Un compartiment secret.

Il releva la tête.

— Et qu'y avait-il dedans ?

Je pris une profonde inspiration.

— Une clé USB.

Le policier tendit la main.

— Où est-elle ?

Je ne répondis pas.

— Mademoiselle Martin ?

Je regardai l'enregistreur.

Puis lui.

— Je ne sais pas encore si je peux vous faire confiance.

Il resta silencieux.

Puis il sourit légèrement.

— Bonne réponse.

Je fronçai les sourcils.

— Pardon ?

Il coupa l'enregistreur.

— Parce que si vous aviez répondu immédiatement, je vous aurais probablement demandé pourquoi.

Je le regardai.

— Vous savez quelque chose.

— Beaucoup de choses.

Il se pencha.

— Et vous venez de découvrir quelque chose que nous cherchons depuis six mois.

Mon cœur s'accéléra.

— Quoi ?

— Un réseau financier clandestin.

Je ne répondis pas.

Il continua :

— Plusieurs entreprises parisiennes ont été utilisées pour transférer des milliards d'euros vers des comptes impossibles à tracer.

— Et Victor ?

— Il enquêtait dessus.

— Éléonore aussi ?

Le policier ne répondit pas.

Mais son silence suffisait.


Mon téléphone vibra.

Un message.

Numéro inconnu.

« NE DONNEZ LA CLÉ À PERSONNE. »

Puis un deuxième.

« PAS MÊME À LA POLICE. »

Je regardai le policier.

Il avait vu mon expression.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Je lui montrai l'écran.

Son visage devint sérieux.

— Éteignez votre téléphone.

— Pourquoi ?

— Maintenant.

J'obéis.

Il se leva et ferma les stores.

Puis il verrouilla la porte.

— Qui connaît l'existence de cette clé ?

— Victor.

— Et vous ?

— Maintenant, vous.

— Non.

Il me fixa.

— Je ne parle pas de moi.

Il désigna le plafond.

— Quelqu'un écoute.

Je regardai autour de moi.

— Ici ?

— Probablement.

Il sortit une petite machine de son tiroir.

Un brouilleur.

— Mettez la clé sur la table.

Je la sortis lentement.

Il la regarda.

— Vous savez ce que c'est ?

— Une clé USB.

— Non.

Il s'approcha.

— C'est un dispositif cryptographique.

— Je ne comprends pas.

— Cette clé ne contient probablement aucun fichier classique.

— Alors quoi ?

Il répondit :

— Une identité numérique.

Je fronçai les sourcils.

— Celle de qui ?

Le policier me fixa.

— De Victor de Rochefort.


Mon téléphone vibra de nouveau.

Cette fois, il était éteint.

Je reculai.

— Ce n'est pas possible.

Le policier regarda l'appareil.

— Il est probablement compromis.

Il ouvrit la porte.

— Vous devez partir.

— Où ?

— N'importe où sauf chez vous.

Je me levai.

— Pourquoi ?

Il répondit :

— Parce qu'ils savent maintenant que Victor est vivant.

Je regardai la clé.

— Et s'ils veulent la récupérer ?

— Ils ne vous laisseront probablement pas le temps de réfléchir.


Je quittai le commissariat par une sortie arrière.

La pluie avait commencé à tomber.

Je marchais rapidement.

Puis j'entendis un moteur.

Une voiture noire passa lentement devant moi.

Elle continua.

Puis s'arrêta au bout de la rue.

Je fis demi-tour.

La voiture redémarra.

Je courus.

Je ne savais pas qui ils étaient.

Mais je savais une chose :

Ils me suivaient.

Je tournai dans une ruelle.

Puis une autre.

J'arrivai devant une station de métro.

Je descendis les escaliers.

La foule me permit de disparaître.

Pendant quelques minutes.

Puis je remarquai un homme derrière moi.

Costume noir.

Casquette.

Oreillette.

Il me cherchait.

Je me cachai derrière un groupe de voyageurs.

Lorsqu'il passa devant moi, je sortis.

Je remontai par une autre sortie.

Un taxi s'arrêta.

— Où ?

Je regardai autour de moi.

Puis je donnai l'adresse du seul endroit auquel je pouvais penser.

Le garage de Victor.


Le bâtiment était plongé dans l'obscurité.

Je trouvai la clé sous une vieille jardinière.

J'entrai.

L'odeur d'huile et de métal me rassura presque.

Je verrouillai la porte.

Puis j'allumai les lumières.

La voiture blindée de Victor était toujours là.

Je m'approchai.

Je me souvenais exactement du compartiment secret.

Je m'agenouillai.

Je l'ouvris.

Vide.

Je fronçai les sourcils.

Victor avait pourtant placé quelque chose ici.

Je passai mes doigts sur le métal.

Puis je sentis une irrégularité.

Une petite plaque.

Je la retirai.

Derrière se trouvait une enveloppe.

Mon nom était écrit dessus.

CLARA MARTIN.

Je l'ouvris.

Une seule feuille.

Une phrase.

« Si tu lis ceci, c'est qu'ils ont essayé de m'enterrer vivant. »

Je cessai de respirer.

Puis une deuxième ligne apparut :

« Le véritable danger n'est pas Éléonore. »

Je continuai.

« Cherche l'homme qui se tenait à ma droite pendant mon mariage. »

Je réfléchis.

La photographie du mariage.

Je l'avais vue.

Victor.

Éléonore.

Et derrière eux...

un homme.

Un homme que je connaissais.

Mon cœur se glaça.

Parce que cet homme était...

le policier qui venait de m'aider à m'échapper.

Soudain, les lumières du garage s'éteignirent.

Une voix résonna dans l'obscurité.

— Vous avez trouvé la lettre.

Je me retournai.

Un homme se tenait près de la porte.

Je ne distinguais pas son visage.

Puis il avança.

Et lorsqu'il entra dans la lumière...

je reconnus le visage de Victor.

Mais ce n'était pas Victor.

C'était son frère.

Mathieu de Rochefort.

Il sourit.

— Maintenant, mademoiselle Martin...

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Il verrouilla la porte derrière lui.

— ...nous pouvons enfin parler de ce que mon frère vous a réellement confié.

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