CHAPITRE 14 — LE PIÈGE SOUS PARIS

CHAPITRE 14 — LE PIÈGE SOUS PARIS
Je relus le message plusieurs fois.
« Si tu veux sauver tes parents, viens seule. »
Le numéro appartenait à Gabriel.
Mais Gabriel était blessé.
Et surtout, il se trouvait loin de Paris.
Je regardai Éléonore.
— C'est lui.
Elle prit mon téléphone.
Son visage se durcit.
— Ce numéro est impossible.
— Pourquoi ?
— Parce que Gabriel n'utilise jamais de téléphone personnel.
Victor s'approcha.
— Et parce que...
Il marqua une pause.
— ...ce numéro est celui d'un téléphone qui a été détruit il y a quinze ans.
Je sentis un frisson.
— Alors quelqu'un veut que je pense que c'est Gabriel.
Éléonore acquiesça.
— Oui.
Henri nous observait depuis l'autre côté de la route.
Il semblait impatient.
— Alors, Clara ?
Je levai les yeux.
— Je veux parler à mes parents.
Il sourit.
— Donne-moi le registre.
— D'abord une preuve qu'ils sont vivants.
Henri sortit son téléphone.
— Très bien.
Il fit signe à un homme.
Quelques secondes plus tard, une nouvelle vidéo apparut.
Cette fois, mon père regardait directement la caméra.
— Clara...
Je m'approchai de l'écran.
— Papa ?
Il semblait épuisé.
— Ne lui donne rien.
Henri coupa immédiatement la vidéo.
Je regardai Henri.
— Vous venez de faire une erreur.
— Laquelle ?
— Mon père vient de me dire de ne pas vous donner le registre.
Henri sourit.
— Il est courageux.
— Il sait quelque chose.
— Tout le monde sait quelque chose.
Je serrai le livre contre moi.
— Où sont-ils ?
Henri répondit :
— Dans un endroit que tu connais très bien.
— Où ?
— Ta première maison.
Je me figeai.
La maison de mon enfance.
Henri remonta dans sa voiture.
— Tu as vingt minutes.
Puis les véhicules disparurent.
Victor souffla :
— C'est un piège.
— Je sais.
Éléonore me regarda.
— Tu n'iras pas seule.
— Il l'a demandé.
— Et tu crois vraiment que nous allons te laisser partir ?
Je souris légèrement.
— Non.
Nous avons suivi les voitures d'Henri à distance.
Mais après plusieurs kilomètres...
elles disparurent.
Nous nous arrêtâmes.
Victor consulta son téléphone.
— Ils ont coupé les balises.
Éléonore regarda la route.
— Ils savaient qu'on les suivrait.
Je compris.
— Ils veulent nous attirer ailleurs.
— Exactement.
Je sortis le registre.
— Alors nous allons faire l'inverse.
Victor me regarda.
— Quoi ?
— Nous n'allons pas chercher mes parents.
— Clara...
— Nous allons chercher celui qui les détient réellement.
Je regardai le registre.
— Et je sais comment.
Nous retournâmes au cimetière.
Je rouvris le registre.
Je relus les dernières pages.
Des noms.
Des comptes.
Des adresses.
Puis je remarquai quelque chose.
Une série de symboles apparaissait dans la marge.
Trois cercles.
Une croix.
Puis un chiffre.
17.
Je regardai Éléonore.
— Tu sais ce que cela signifie ?
Elle pâlit.
— Oui.
— Quoi ?
— Le niveau dix-sept.
— Et alors ?
— Il n'existe qu'un seul endroit avec ce niveau.
— Où ?
Elle répondit :
— Sous Paris.
Une heure plus tard, nous étions devant une station de métro désaffectée.
La grille était rouillée.
Mais derrière elle...
un escalier descendait profondément sous terre.
Nous avançâmes.
Après plusieurs minutes, nous atteignîmes un ancien quai.
Aucun train.
Aucune lumière.
Seulement un silence étrange.
Puis nous découvrîmes une porte métallique.
Un symbole était gravé dessus.
Le même que dans le registre.
Éléonore murmura :
— Le siège originel du Cercle.
Je posai la main sur la porte.
Elle s'ouvrit.
Nous entrâmes.
Des lumières s'allumèrent automatiquement.
Des écrans apparurent sur les murs.
Des dossiers.
Des photographies.
Des cartes.
Des centaines de noms.
Je regardai autour de moi.
— Tout cela existe depuis combien de temps ?
Victor répondit :
— Plus d'un siècle.
Je m'approchai d'un écran.
Une photographie apparut.
Mon grand-père.
Puis mon père.
Puis ma mère.
Puis...
moi.
Une date :
2001.
Une phrase :
« Préparation de l'héritière. »
Je sentis mon estomac se nouer.
— Ils me surveillaient depuis ma naissance.
Éléonore posa une main sur mon épaule.
— Oui.
Puis une porte s'ouvrit.
Un homme entra.
Je reconnus immédiatement son visage.
Mercier.
Je sortis mon arme.
— Vous !
Il leva les mains.
— Je ne suis pas venu me battre.
— Vous avez travaillé pour Henri.
— Oui.
— Vous avez tiré sur mon père.
— Je n'avais pas le choix.
— Tout le monde dit ça !
Il baissa les yeux.
— Je sais.
Puis il sortit une clé USB.
— Je suis venu te donner ceci.
— Qu'est-ce que c'est ?
— La preuve qu'Henri a menti.
Je ne bougeai pas.
— Quelle preuve ?
Mercier répondit :
— Tes parents ne sont pas prisonniers.
Je fronçai les sourcils.
— Alors où sont-ils ?
Il me regarda.
— Ils sont venus ici avant nous.
Je me retournai vers Éléonore.
— Impossible.
Mercier continua :
— Ils savaient qu'Henri allait attaquer.
— Pourquoi ne m'ont-ils rien dit ?
— Parce qu'ils avaient peur que tu les suives.
Il désigna un écran.
Une vidéo apparut.
Ma mère.
Elle regardait directement la caméra.
— Clara, si tu vois ceci...
Elle marqua une pause.
— ...c'est que nous avons échoué.
Je me rapprochai.
— Maman...
Elle continua :
— Ton père et moi avons décidé de nous rendre à Gabriel.
Je secouai la tête.
— Pourquoi ?
— Parce qu'il est le seul à pouvoir arrêter Henri.
Puis mon père apparut dans l'image.
— Mais il y a quelque chose que nous ne t'avons jamais dit.
Je retins mon souffle.
— Le Cercle n'a jamais appartenu à Gabriel.
La vidéo changea.
Une vieille photographie apparut.
Gabriel.
Henri.
Ma mère.
Mon père.
Et un autre homme.
Je reconnus son visage.
C'était le même homme que sur la photographie de mon enfance.
Mon grand-père.
Puis une dernière image apparut.
Une signature.
CLARA MARTIN — HÉRITIÈRE OFFICIELLE.
La vidéo s'arrêta.
Je me tournai vers Mercier.
— Pourquoi mon père m'a-t-il désignée ?
Mercier répondit :
— Parce que le Cercle n'est pas seulement une organisation.
— Qu'est-ce que c'est ?
Il prit une profonde inspiration.
— Une fondation.
— Une fondation criminelle ?
— À l'origine, non.
— Alors quoi ?
— Elle avait été créée pour protéger certaines familles et leurs fortunes pendant les guerres.
Je regardai le registre.
— Et comment est-elle devenue ça ?
Mercier répondit :
— L'argent a changé les hommes.
Soudain, toutes les portes se verrouillèrent.
Éléonore se retourna.
— Mercier...
Il secoua la tête.
— Ce n'est pas moi.
Les écrans s'allumèrent simultanément.
Une seule image apparut.
Henri.
Il souriait.
— Vous êtes enfin réunis.
Je m'approchai de l'écran.
— Où sont mes parents ?
— Très près.
— Je veux les voir.
Henri répondit :
— Tu les verras.
Puis l'écran changea.
Je vis mon père.
Ma mère.
Ils étaient attachés dans une pièce sombre.
Mais cette fois...
ils n'étaient pas seuls.
Une silhouette se tenait derrière eux.
Un homme âgé.
Je reconnus son visage.
Gabriel.
Mais il y avait quelque chose d'étrange.
Il ne semblait pas prisonnier.
Il tenait une arme.
Et il la pointait...
sur mon père.
Henri parla :
— Tu pensais que Gabriel était ton allié.
Il rit.
— Tu t'es trompée.
Je regardai l'écran.
Gabriel leva son arme.
Mon père cria :
— Clara, ne viens pas !
Puis Gabriel prononça une phrase qui me glaça :
— Je suis désolé, mais ton père doit mourir.
L'écran devint noir.
Et une seconde plus tard...
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un coup de feu retentit dans les haut-parleurs.
BANG.