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CHAPITRE 13 — LE CHOIX D’ÉLÉONORE

CHAPITRE 13 — LE CHOIX D’ÉLÉONORE

Le coup de feu résonna dans toute la demeure.

Gabriel s'effondra derrière le bureau.

Je restai figée.

Grand-père !

Éléonore abaissa son arme.

— Ne t'approche pas de lui.

Je la regardai avec horreur.

— Tu viens de lui tirer dessus !

— Oui.

— Pourquoi ?

Elle s'approcha lentement.

— Parce qu'il ne doit pas sortir vivant de cette maison.

Je secouai la tête.

— Tu m'as dit que tu voulais me protéger.

— C'est toujours le cas.

— Alors pourquoi tuer mon grand-père ?

Elle me fixa.

— Parce que s'il reste vivant, tu ne seras jamais libre.

Derrière elle, plusieurs hommes entrèrent.

Gabriel bougea.

Je compris alors qu'Éléonore n'avait pas visé son cœur.

La balle avait traversé son épaule.

Il était vivant.

Gabriel regarda Éléonore.

— Tu as toujours été incapable de tirer correctement.

Elle répondit froidement :

— Je ne voulais pas te tuer.

Gabriel sourit.

— Je le savais.

Puis il porta la main à son épaule.

— Mais tu voulais que Clara me croie mort.

Éléonore ne répondit pas.

Je me tournai vers elle.

— Explique-moi.

Elle s'approcha.

— Ton grand-père possède les moyens de contrôler le Cercle.

— Et alors ?

— S'il meurt, plusieurs factions vont se battre pour prendre sa place.

— Pourquoi est-ce un problème ?

— Parce que certaines factions pensent que tu es son héritière.

Je compris.

— Elles me tueraient.

— Oui.

— Et toi ?

Elle baissa les yeux.

— Je ferai tout pour que cela n'arrive jamais.


Un bruit retentit à l'extérieur.

Des véhicules.

Éléonore se retourna.

— Nous devons partir.

— Où est mon père ?

Elle hésita.

— Il est vivant.

— Où ?

— Dans une clinique.

— Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

— Parce qu'Henri le surveillait.

Je m'approchai d'elle.

— Et ma mère ?

Son visage changea.

— Elle est avec lui.

— Quoi ?

— Ils ont été capturés.

Je sentis mon cœur se serrer.

— Par qui ?

Éléonore murmura :

— Par Henri.


Nous quittâmes le château par un passage souterrain.

Gabriel, malgré sa blessure, refusa de rester.

— Je viens.

Éléonore pointa son arme sur lui.

— Non.

Il la regarda.

— Si tu me laisses ici, Henri me retrouvera.

— C'est précisément ce que je veux.

— Et s'il me tue ?

— Alors le Cercle sera affaibli.

Gabriel sourit.

— Tu es devenue exactement comme moi.

Elle se figea.

— Ne dis jamais ça.

Il s'approcha.

— Tu as passé vingt-cinq ans à prétendre me haïr.

— Parce que je te hais.

— Non.

Il la fixa.

— Tu me ressembles.

Elle détourna le regard.

Je compris alors quelque chose.

Éléonore ne détestait pas seulement Gabriel.

Elle avait peur de devenir comme lui.


Nous atteignîmes une ancienne station de métro abandonnée.

Un homme nous attendait.

Victor.

Je courus vers lui.

— Victor !

Il me prit dans ses bras.

— Je suis désolé.

— Où sont mes parents ?

— Henri les retient dans un entrepôt.

— Où ?

— À Marseille.

Je le regardai.

— Alors allons-y.

Victor secoua la tête.

— Ce n'est pas si simple.

— Quoi ?

Il me tendit une enveloppe.

— Henri veut échanger tes parents contre le registre.

Je regardai le document.

— Mais nous n'avons pas le registre.

Victor répondit :

— Nous avons quelque chose de plus précieux.

— Quoi ?

Il regarda Éléonore.

— La personne qui sait où il se trouve.

Je me tournai vers ma sœur.

— Toi.

Elle ne répondit pas.

— Tu sais où est le registre.

Elle finit par acquiescer.

— Oui.

— Où ?

Elle regarda Victor.

Puis moi.

— Dans un endroit où personne ne cherchera.

— Où ?

— Sous la tombe de notre père.

Je restai silencieuse.

— Il est enterré où ?

— À Paris.

Je compris.

— La tombe que je visitais chaque année ?

Elle hocha la tête.

— Oui.


Nous prîmes le premier avion pour Paris.

Pendant le trajet, Éléonore me raconta enfin toute la vérité.

Notre père avait prévu de disparaître.

Mais il savait qu'il ne pouvait pas détruire le Cercle seul.

Alors il avait caché le registre.

Il avait confié une partie de la clé à ma mère.

Une autre à Éléonore.

Et la dernière...

à moi.

— Pourquoi moi ?

Éléonore répondit :

— Parce qu'il voulait que personne ne puisse jamais réunir les trois parties sans ton consentement.

— Et Henri ?

— Henri ne connaît pas tout le système.

— Alors pourquoi est-il si puissant ?

Elle soupira.

— Parce qu'il contrôle les hommes.

Je regardai Victor.

— Et Gabriel ?

— Il contrôle l'argent.

— Et ma mère ?

Éléonore répondit :

— Elle contrôle les informations.

Je compris enfin.

Le Cercle n'était pas dirigé par une seule personne.

Il reposait sur trois piliers.

L'argent.

Les hommes.

Les secrets.

Et désormais...

ils voulaient me placer au centre.


À Paris, nous nous rendîmes au cimetière.

La nuit était tombée.

La pluie commença à tomber.

Je m'agenouillai devant la tombe de mon père.

Mon nom était gravé sur la pierre.

THOMAS MARTIN

Je posai ma main dessus.

— Papa...

Éléonore se plaça derrière moi.

— Il savait que tu viendrais.

Nous retirâmes la dalle.

Un petit coffre apparut.

Je sortis le pendentif.

La première serrure s'ouvrit.

Éléonore utilisa sa clé.

La deuxième.

Puis Victor sortit un petit morceau de métal.

La troisième.

Le coffre s'ouvrit.

À l'intérieur se trouvait enfin...

le registre.

Un énorme livre relié de cuir noir.

Je le pris.

Il était étonnamment lourd.

Je l'ouvris.

Des centaines de noms.

Des dates.

Des comptes.

Des transactions.

Des photographies.

Et soudain...

un nom attira mon attention.

Je cessai de respirer.

Henri Delatour.

Puis un deuxième.

Gabriel Martin.

Puis un troisième.

Je levai les yeux.

— Éléonore...

Elle regarda la page.

Son visage devint blanc.

— Non.

— Quoi ?

Elle recula.

— Ce nom ne devrait pas être là.

Je regardai la signature.

Clara Martin.

À côté de mon nom figurait une date.

2001.

L'année de ma naissance.

Je tremblai.

— Pourquoi mon nom est-il dans ce registre ?

Victor s'approcha.

— Tourne la page.

Je le fis.

Une phrase était écrite en rouge :

« Héritière désignée du Cercle : Clara Martin. »

Je regardai Éléonore.

— Mon père m'avait désignée comme héritière.

— Oui.

— Mais pourquoi ?

Elle répondit d'une voix brisée :

— Parce qu'il savait que Gabriel finirait par mourir.

Je fermai le registre.

— Et maintenant ?

Éléonore regarda la route.

Des phares apparaissaient au loin.

Plusieurs voitures.

Elle murmura :

— Maintenant, ils savent que nous l'avons trouvé.

Victor sortit son arme.

— Nous sommes encerclés.

Je serrai le registre contre moi.

— Qui sont-ils ?

Éléonore regarda les véhicules.

— Henri.

Puis une voiture noire s'arrêta devant nous.

La portière s'ouvrit.

Henri descendit.

Il applaudissait lentement.

— Bravo, Clara.

Je le regardai.

— Où sont mes parents ?

Il sourit.

— Vivants.

— Je veux les voir.

— Tu les verras.

Il désigna le registre.

— Donne-moi ça.

Je secouai la tête.

— Non.

Henri sourit.

— Alors écoute bien.

Il sortit son téléphone.

Une vidéo apparut.

Ma mère était attachée à une chaise.

Mon père se tenait à côté d'elle, blessé.

Henri approcha une arme de la tête de ma mère.

Tu as dix minutes.

Il regarda sa montre.

— Dix minutes pour me donner le registre.

Puis il ajouta :

— Sinon...

Il sourit.

Tu ne reverras jamais ta famille.

La vidéo s'arrêta.

Je regardai Éléonore.

Puis Victor.

Puis le registre.

Et je compris que mon choix allait décider du destin de toute ma famille.

Mais avant que je puisse répondre...

mon téléphone vibra.

Un message d'un numéro inconnu.

« Ne donne pas le registre à Henri. »

Puis un deuxième :

« Tes parents ne sont pas dans l'entrepôt. »

Puis un troisième :

« Je sais où ils sont réellement. »

Je regardai le numéro.

Il appartenait à...

Gabriel.

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Le message suivant apparut :

« Et si tu veux les sauver, viens seule. »

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